Garantie de ressources |
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La garantie de ressources Objectif de GRTH Assurer une rémunération minimale aux travailleurs handicapés dont le salaire subi un abattement. Vous pouvez bénéficier
de la garantie de ressources si vous êtes un travailleur handicapé exerçant une
activité salariée, soit: Pour les démarches, adressez-vous:
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| Une
étude sur la garantie de ressources (document
AGEFIPH)
Synthèse et Pratiques N°2 Juillet 2000
LA GARANTIE DE RESSOURCE DES TRAVAILLEURS HANDICAPEES EN MILIEU ORDINAIRE DE TRAVAIL
AVANT-PROPOS Depuis le 1er janvier 1997, le Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH) assure le financement du complément de rémunération versé au titre de la Garantie de ressources des travailleurs handicapés (GRTH) exerçant une activité en milieu ordinaire de travail. L’Etat a conservé le financement de la GRTH en milieu protégé. En 1999, 10 215 personnes handicapées ont bénéficié de la garantie de ressources attribuée aux travailleurs handicapés en milieu ordinaire de travail et les dépenses affectées au versement du complément de rémunération se sont élevées à 208 millions de francs (à rapprocher de la dotation de 5 milliards de francs affectée à la GRTH en milieu protégé). L’AGEFIPH a souhaité réaliser une étude visant à mieux connaître les établissements employeurs et les salariés concernés par cette mesure et à analyser le rôle de la GRTH dans l’insertion professionnelle en milieu ordinaire de travail. L’objet de cette publication est de porter à la connaissance des acteurs de l’insertion professionnelle des personnes handicapées, des personnes handicapées elles-mêmes, des entreprises et des opérateurs médiateurs, les résultats de cette étude et d’ouvrir des pistes de réflexion sur les aménagements qui pourraient rendre ce dispositif encore plus performant Les préconisations rassemblées en de conclusion de cet ouvrage sont celles que les auteurs de l’étude ont fait émerger. Elles n’engagent en rien l’AGEFIPH. Suivant les points de vue, elles pourront apparaître souhaitables ou non, elles seront plus ou moins difficiles à mettre en oeuvre. Elles ont toutefois le mérite d’aborder de front des problèmes importants et d’avancer des solutions dans le but d’améliorer le fonctionnement d’un dispositif particulièrement efficace pour l’insertion et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées.
Le Directeur Général
SOMMAIRE introduction LA PRESENTATION Du dispositif les décisions d’abattement de salaire Rappel de la procédure 1. Une baisse des décisions d’abattement à partir de 1996 2. Autant d’emplois ordinaires que d’emplois protégés 3. Des procédures disparates selon les départements 4. Des solutions pour faciliter la prise de décision
l’utilisation du dispositif
1. Un nombre variable de bénéficiaires selon les départements 2. Une réponse à des besoins multiples
Un dispositif indispensable pour l’embauche et surtout pour le maintenir dans l’emploi Un dispositif utilisé différemment par les acteurs de l’insertion
3. Une place parmi les autres aides
les entreprises et les salariés concernés
1. Les entreprises utilisatrices
2. Une population spécifique Une population très masculine La moitié des bénéficiaires présentent une déficience intellectuelle 25% des bénéficiaires sont directement issus du milieu protégé ou spécialisé La situation avant l’embauche conditionne le type d’emploi Un public peu diplômé, presque toujours en contrat à durée indéterminée Une augmentation de salaire de référence par rapport à 1990
conclusion
1. Des moyens pour une meilleure utilisation du dispositif
Mettre en place des outils de suivi et d’évaluation Mieux couvrir les besoins
2. Une simplification du dispositif pour le rendre plus lisible
Dissocier taux d’abattement et catégorie COTOREP 3. Une modification des plafonds pour rendre le dispositif plus attractif Prévoir le même plafond pour le montant du complément de salaire et le montant de l’abattement de salaire Augmenter le plafond de la garantie de ressourcesANNEXES introduction La loi du 30 juin 1975 prévoit de garantir des ressources à toute personne handicapée exerçant une activité professionnelle. Visant à assurer un revenu minimum quel que soit le niveau de rendement du travailleur handicapé, le mécanisme de garantie de ressources doit en même temps compenser auprès des entreprises les différences de rendement professionnel dues au handicap. Le dispositif de la Garantie de Ressources pour les Travailleurs Handicapés (GRTH) est peu ou mal connu en milieu ordinaire de travail. Si la complexité du dispositif explique cette situation, il convient de s’interroger sur le rôle que peut jouer la GRTH parmi les aides plus récentes d’insertion professionnelle des personnes handicapées et quelles sont les évolutions souhaitables. L’AGEFIPH a donc confié à l’Institut de Sondage Lavialle (ISL) et au Cabinet d’Etude et de Recherche en Démographie, Economie et Sociologie (CERDES) une étude visant à mieux connaître les bénéficiaires du dispositif et à analyser son rôle dans l’insertion professionnelle en milieu ordinaire de travail[1]. Une précédente étude avait été effectuée en 1990 par le service des études et de la statistique du Ministère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle. L’ouvrage rappelle dans une première partie les principales caractéristiques du dispositif d’abattements de salaire et du complément de rémunération. La seconde partie est consacrée à l’analyse des décisions d’abattement de salaire par les COTOREP. La troisième partie établit un diagnostic de l’utilisation de la GRTH. La quatrième partie présente les caractéristiques des entreprises utilisatrices et des salariés bénéficiaires. Les préconisations formulées par les auteurs de l’étude sont présentées de conclusion.
LA Présentation du dispositif Le législateur a institué une garantie de ressources pour les travailleurs handicapés. Des procédures réglementaires régissent le dispositif et fixent des plafonds pour ses différents éléments : abattement de salaire accordé par la COTOREP, garantie de ressources et complément de rémunération. L’AGEFIPH finance le complément de rémunération en compensation de l’abattement de salaire accordé en milieu ordinaire de travail pour des emplois ordinaires ou pour des emplois dits de travail protégé. Afin de compenser la baisse de revenu résultant d’une faible productivité du travailleur en raison de son handicap, la loi d’orientation du 30 juin 1975 a institué une garantie de ressources assurant un revenu minimum fixe à tout travailleur handicapé qui exerce une activité professionnelle. Pour un travailleur dont la capacité réduite et de rendement notoirement diminué, un abattement de salaire peut être accordé. Lorsque, du fait de cet abattement, la personne handicapée perçoit une rémunération inférieure à la garantie de ressources, un complément de rémunération lui est versé. La garantie de ressources est assurée aussi bien aux travailleurs handicapés qui travaillent à des postes ordinaires de travail qu’à ceux qui sont affectés à des postes de travail protégé en milieu ordinaire (emplois à mi-temps ou dits « légers » recensés par l’administration attribués après avis de la COTOREP à des salariés qui ne peuvent être employés en raison de leur santé physique ou mentale à un rythme normal de travail ou à temps complet)2 . Les trois éléments sur lesquels s’appuie le dispositif, taux d’abattement, garantie de ressources et complément de rémunération, sont soumis à divers plafonnements et procédures3. Concrètement, lorsqu’un employeur emploie un travailleur handicapé de capacité réduite et de rendement notoirement diminué, il peut demander à la COTOREP d’accorder un abattement de salaire. La COTOREP fixe le taux d’abattement de salaire en appréciant la diminution du rendement du salarié au vu de son handicap et au regard du poste occupé dans l’entreprise. Pour des emplois ordinaires, l’abattement de salaire ne peut excéder 20% (pour les personnes handicapées de catégorie C) et 10% (pour les personnes handicapées de catégorie B) du salaire normalement alloué au travailleur valide accomplissant la même tâche. Pour des emplois protégés (emplois à mi-temps ou dits « légers » recensés par l’administration), l’abattement de salaire est supérieur à 20% et ne peut excéder 50% du salaire normalement alloué au travailleur valide accomplissant la même tâche. Le salarié a droit à la garantie de ressources dans les limites des plafonds suivants : 130% du SMIC pour les emplois ordinaires et 100% du SMIC pour les emplois protégés. La GRTH comprend deux volets : · le salaire direct après abattement à la charge de l’employeur, · le complément de rémunération, qui est égal à la différence entre la GRTH et le salaire abattu, sans toutefois dépasser 20% du SMIC pour les emplois ordinaires et 50% pour les emplois protégés4 . Le complément de rémunération vient donc compenser en totalité ou en partie l’abattement de salaire. Depuis 1997, il est financé par l’AGEFIPH par remboursement auprès de l’employeur. Il a un caractère salarial et doit apparaître sur la fiche de paie On peut illustrer le niveau de rémunération atteint grâce à la GRTH, compte tenu des différentes contraintes imposées par la réglementation, à l’aide du graphique ci-dessous représentant la somme du salaire après abattement et du complément de salaire pour un exemple d’abattement de 20%5. La garantie de ressources assure un complément de rémunération qui couvre une partie de l’abattement de salaire. Cependant, compte tenu de la réglementation et, en particulier, du plafond de la garantie de ressources (130 % du SMIC dans l’exemple), quand le salaire de référence dépasse un certain seuil, 162,5% du SMIC (valeur déduite graphiquement) pour un abattement de 20%, aucun complément de salaire n’est plus versé. les décisions d’abattement de salaire Les dossiers relatifs à l’abattement de salaire bénéficient de procédures simplifiées et de délais d’instuction limités dans la plupart des départements. La prise de décision s’appuie sur les avis des différents acteurs. Rappel de la procédure Les décisions d’abattement de salaire relèvent de la compétence des Cotorep. Depuis 1997, date de transfert de l’Etat à l’AGEFIPH du financement du complément de rémunération, un représentant de l’AGEFIPH est invité à participer aux réunions de Cotorep consacrées à l’examen des demandes d’abattement de salaire. Le législateur a prévu trois cas où la décision implique également le Directeur Départemental ou le Directeur Régional du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle : · pour les emplois ordinaires : si le salaire abattu est inférieur au SMIC de moins de 10% la décision est prise par le DDTEFP, et si le salaire abattu est inférieur au SMIC au-delà de 10%, la décision revient au DRTEFP ; · pour les emplois protégés : pour chaque travailleur, le salaire minimum est fixé par le DDTEFP, sur avis motivé de la COTOREP ; cet avis est émis au vu d’un rapport de l’inspection du travail sur les conditions dans lesquelles doit être exécuté le contrat de travail du travailleur handicapé. Le rapport de l’inspecteur du travail doit faire clairement apparaître les conditions d’emploi offertes. Il nécessite, dans la plupart des cas, une enquête approfondie, car les emplois de travail protégé sont destinés à des travailleurs atteints d’un handicap physique ou mental important, ce qui implique qu’un contrôle étroit soit exercé sur les conditions de travail qui leur sont proposées. L’inspecteur du travail doit porter une attention particulière aux caractéristiques du poste de travail et vérifier qu’il ne comporte pas de risques spécifiques en matière d’accidents de travail ou de maladies professionnelles, compte tenu du handicap dont est atteint l’intéressé. Certains travaux ou l’emploi de certains matériels sont à déconseiller, voire à proscrire, et il convient de s’assurer que les aménagements de postes qui pourraient s’avérer nécessaires sont bien effectués. Il devra être vérifié, par ailleurs, que les conditions d’hébergement éventuellement proposées par l’employeur sont satisfaisantes. Le législateur a confié au secrétariat de la COTOREP le recensement des emplois de travail protégé existant dans les entreprises. Les services de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) doivent apporter leur concours à la COTOREP dans ce domaine en informant les employeurs de la possibilité d’offrir des emplois de travail protégé et en répertoriant les entreprises susceptibles de proposer des emplois dans tous les secteurs d'activité. La décision d’abattement de salaire de la COTOREP, ou celle de l’administration, est prise pour une durée déterminée, au maximum cinq ans, avec faculté de reconduction ou de révision à l’expiration du délai fixé, à la demande des parties. Pour les emplois protégés, la COTOREP réexamine la situation de l’intéressé, à l’issue d’un délai qui ne peut être supérieur à six mois. Cette période d’adaptation doit permettre au travailleur handicapé de se familiariser avec les tâches qui lui sont confiées ; ainsi, le rendement moyen qu’il peut atteindre pourra-t-il être apprécié plus précisément. Les principales étapes de l’instruction du dossier sont les suivantes : - demande d’abattement de salaire effectué par l’employeur6 ; - enregistrement de la demande par les services de la COTOREP ; - demande d’instruction du dossier faite au service d’inspection du travail ; - passage du dossier en équipe technique, qui émet un avis ; - décision de la COTOREP ou du DDTEFP ; - notification de la décision. 1. Une baisse des décisions d’abattement à partir de 1996 Au niveau national, les données disponibles traduisent un accroissement du nombre de décisions d’abattement de salaire prises par les COTOREP entre 1993 et 1995, suivi d’une baisse marquée jusqu’en 1997. Ces chiffres comprennent les premières demandes ainsi que les renouvellements.
Sources (*)
Sur l’ensemble de la période, la baisse
relative est de l’ordre de 4%, mais s’établit à plus de 13% si l’on
considère les trois dernières années. Le nombre de premières demandes
baisse, passant de Les dates de fin de décision des mesures en cours correspondent à : 1 841 en 1999, 1 928 en 2000, 1 717 en 2001. Cela conduit à prévoir un effectif annuel de l’ordre de 1 700 à 1 900 renouvellements par an, la probabilité de renouvellement des décisions étant très forte. 2. Autant d’emplois ordinaires que d’emplois protégés Deux dispositifs coexistent : l’un pour les emplois ordinaires (abattement de 10 % à 20 %), l’autre pour les emplois de travail protégé en milieu ordinaire (abattement de plus de 20% à 50 %). En juin 1998, 53% des taux d’abattement sont inférieurs ou égaux à 20% et concernent donc des emplois ordinaires, 47% sont supérieurs à 20% et relèvent du dispositif dit de travail protégé en milieu ordinaire. Ces proportions s’établissaient respectivement à 51% et 49% en 1990. _____________________________________ (*) Les COTOREP n’étant pas informatisées avant 1995, deux sources d’informations ont été utilisées pour identifier les flux annuels de demandes et de décisions d’abattements : - un extrait du rapport annuel sur l’activité des COTOREP (1993 et 1994) réalisé par le Laboratoire d’économie sociale en collaboration avec le Centre de recherche en économie de la santé, dans le cadre d’une convention passée avec la DARES, - le tableau 8 transmis par le service de tutelle des COTOREP. Il fournit, pour les années 1995 à 1997, les flux de demandes reçues et décisionnées au cours de l’année (n), leur nature (1ère demande ou renouvellement), le taux attribué, le nombre de refus et de sursis à statuer. La première source ne donne pas d’information sur le nombre de demandes reçues par les Cotorep et sur le fait qu’il s’agit d’une première demande ou d’une reconduction. La seconde, qui n’est pas encore disponible pour 1998, souffre d’une information partielle pour certains départements, d’une non-consolidation des totaux et d’une classification par taux qui regroupe le taux de 20% avec les taux plus élevés. Par ailleurs, le mode de gestion de la base de données des COTOREP ne permet d’appréhender ni les flux de sorties du dispositif ni les stocks. La distribution détaillée des taux montre que 16% des personnes bénéficient du taux minimal (10%), 37% bénéficient d’un taux à 20%. Respectivement, 12% et 10% des personnes handicapées ont un taux de 30% et 40%, alors que le taux maximal est attribué à un bénéficiaire sur quatre. Notons enfin que des taux intermédiaires sont également utilisés (5, 15, 25…). Ils ont été agrégés au taux décennal directement supérieur, car ils ne représentent que 3% de l’ensemble des situations.
(source: fichier AGEFIPH – 30.6.98) Les abattements de salaire sont donc concentrés sur les maxima autorisés pour chaque catégorie d’emploi. Ainsi, sept emplois ordinaires sur dix bénéficient d’un abattement de 20% et plus d’un emploi de travail protégé sur deux affiche un taux de 50%. Ces ratios sont similaires à ceux observés en 1990. A partir de ces données et en application des plafonds légaux des taux d’abattement (10% pour les reconnaissances « travailleur handicapé » catégories B et 20% ou 50% pour la catégories C), on peut théoriquement estimer que 16% seulement relèvent d’une reconnaissance catégorie B (handicap modéré) et 84% d’une reconnaissance catégorie C (handicap grave et durable). 3. Des procédures disparates selon les départements Une enquête par entretien a été réalisée auprès des COTOREP de quatre départements. Il apparaît que l’instruction type du dossier d’abattement est commune aux emplois ordinaires et aux emplois protégés. Les modalités de décisions des abattements de salaire peuvent cependant différer entre départements sur certains aspects, en particulier pour ce qui concerne les informations prises en compte dans le dossier, le travail réalisé en équipe technique, le compte rendu de l’inspecteur du travail, les modalités de passage en commission, la prise en compte de l’avis du médecin du travail et des différents acteurs de l’insertion, l’application de procédures simplifiées, le respect des catégories de COTOREP et, enfin, les critères retenus pour évaluer la baisse de rendement. La visite de l’inspecteur du travail est presque toujours demandé au moment de la première demande. Les salariés ne sont pas toujours vus à leur poste de travail. Par manque de critères objectifs pour évaluer la baisse de rendement du salarié, le rapport ne permet pas toujours de se faire une idée précise sur le taux d’abattement à arrêter. Le plus souvent, des procédures simplifiées ont été mises en place afin d’éviter à certains dossiers de faire l’objet de discussions en commission de COTOREP, ce qui a pour effet de raccourcir les délais d’instruction. Ramener les délais de traitement des dossiers, qui se situent entre deux et six mois, voire près d’un an, à trois ou quatre mois maximum, comme le souhaitent la plupart des responsables de COTOREP rencontrés, se justifie particulièrement pour un certain nombre d’employeurs qui ont anticipé la décision (et maintenu le salaire de référence) et se trouvent dans une situation d’expectative inconfortable. Les plafonds légaux des taux d’abattement (10% pour les reconnaissances « travailleur handicapé » catégories B et 20% ou 50% pour les catégories C) sont diversement respectés par les COTOREP, qui estiment que le taux d’abattement prévu pour chaque catégorie ne traduit pas toujours la perte effective de rendement. Pour les emplois protégés, la liste des emplois légers ou à mi-temps n’existe pas, les emplois réellement occupés s’apparentant plus souvent à des emplois à plein temps qu’à des emplois à mi-temps. La durée appliquée à la décision d’abattement est fondée sur des critères variables : niveau du taux, aménagement de poste permettant d’apprécier si la perte de rentabilité a pu être palliée, caractère récent de la décision. L’absence d’outils pour apprécier la nature exacte de la baisse de rendement, un formulaire de demande d’abattement qui prévoit peu d’informations, un avis de l’inspecteur du travail non formalisé et une connaissance assez imprécise de tous les aspects techniques du dispositif peuvent conduire les membres des équipes techniques, comme ceux des commissions, à raisonner le plus souvent en terme de taux d’abattement, sans prendre en considération les incidences sur les montants du complément de salaire remboursé à l’employeur et du salaire garanti pour le salarié.
4. Des solutions pour faciliter la prise de décision Dans des départements, les COTOREP prennent en compte d’autres critères pour déterminer le taux d’abattement, en s’appuyant sur l’avis des différents partenaires et sur l’argumentation de l’employeur justifiant la baisse de rentabilité de son salarié. La consultation des différents partenaires est facilitée par des fiches navette, des échanges téléphoniques ou l’instauration d’un dossier complémentaire de demande d’abattement. Au médecin du travail, il est demandé de préciser la nature du handicap, les contre-indications médicales, et d’émettre un avis. L’employeur doit justifier le taux d’abattement demandé et apporter des précisions sur les restrictions émises par le médecin du travail ; une entrevue avec le salarié et l’employeur est quelquefois organisée lors du passage du dossier en commission de COTOREP. La COTOREP est chargée d’indiquer les orientations précédemment préconisées pour le salarié (CAT, atelier protégé, milieu ordinaire de travail, autres…), ainsi que ses antécédents professionnels. L’inspecteur du travail se prononce sur l’absentéisme du salarié, sur sa capacité, son rendement, les besoins d’encadrement et de surveillance, les nécessités d’aménagement du poste. Enfin, l’opérateur (équipe de placement et de suivi du reclassement, organisme d’insertion et de placement, cellule de maintien dans l’emploi…) doit émettre un avis motivé à propos du dossier d’abattement. Différentes aides ou exonérations peuvent être prescrites, souvent à l’initiative du médecin du travail ou dans le cadre du partenariat au sein du Programme Départemental d’Insertion des Travailleurs Handicapés ou de dispositifs de reclassement professionnel. La connaissance des aides attribuées par l’AGEFIPH, complétée par celle des aides et exonérations reçues de l’Etat (contrat aidé, Contrat Initiative Emloi, temps partiel…) éclaire les décideurs sur le taux d’abattement à appliquer, dès lors que la perte de rendement a pu déjà être compensée, partiellement ou complètement, par une autre aide : aménagement de poste, prime à l’embauche…
l’utilisation du dispositif
Pour les différents acteurs, la finalité première du dispositif de la GRTH est le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés. Sa mise en place assure la pérennité des contrats de travail et favorise une intégration sociale et économique durable des bénéficiaires. L’aide apportée permet la compensation du handicap en complément des autres interventions de l’AGEFIPH.
1. Un nombre variable de variable de bénéficiaires selon les départements Au 30 juin 1998, le nombre de bénéficiaires varie entre 3 et 395 personnes selon le département. Dix départements regroupent plus de 200 bénéficiaires et à l’inverse, vingt départements comptent, chacun, moins de 50 salariés bénéficiant du dispositif de la garantie de ressources. Si l’on rapporte le nombre de bénéficiaires de la GRTH au nombre de personnes salariées du département, le taux ainsi calculé s’établit à 6,9 bénéficiaires du dispositif pour 10.000 personnes salariées. Il varie entre 0,2 et 51,2 selon le département. L’analyse de ces taux traduit un phénomène de forte implantation du dispositif dans les départements plutôt ruraux, qui présentent par ailleurs des proportions élevées de personnes handicapées reconnues en catégorie C. C’est le cas de six départements ruraux, où la catégorie C représente 40% à 67% des bénéficiaires de la GRTH. Comparativement, pour 1997, les reconnaissances en catégorie C représentent 30% des reconnaissances « travailleur handicapé », pour l’ensemble de la France. Parmi les dix départements les plus importants par leur nombre de bénéficiaires (supérieur ou égal à 200 personnes), un seul présente un faible taux lié aux effectifs salariés. En 1997, au plan national, les flux d’entrée ou de maintien dans le dispositif portent sur un peu plus de 3000 décisions d’abattement, dont moins de la moitié sont des premières demandes. Par département, le nombre de décisions varie entre une dizaine pour le département le moins actif et 110 pour le département le plus dynamique. Pour tenter de traduire ces disparités géographiques, un éclairage particulier a été opéré sur les départements dont le nombre de dossiers en cours en 1997 dépassait 150 unités. Vingt départements qui concentrent 45% des dossiers en cours, contre 26% de la population active, sont concernés par cet éclairage.
Les écarts entre ces départements restent cependant très sensibles, qu’ils soient mesurés en termes de : - nombre de dossiers pour 10 000 salariés : ce rapport varie de 3,4 à 45,6 pour les dossiers en cours, de 0,6 à 6,5 pour les décisions de premières demandes ; - évolution des premières demandes : si le nombre des premières demandes s’accroît pour certains départements, jusqu'à un maximum de 48%, ce nombre diminue de 62% pour d’autres ; - rapport entre premières demandes et dossiers en cours : il est de 16% en moyenne, mais varie de 7% à 30% au sein de ces vingt départements. La situation des départements est donc très contrastée, qu’il s’agisse de leur importance relative eu égard à leur population active, ou de leur évolution sur la période 1995 - 1997. Elle n’évolue pas systématiquement dans le sens d’une présence intensifiée du dispositif dans les différents départements. 2. Une réponse à des besoins multiples Pour la moitié des bénéficiaires, la demande d’abattement a été effectuée au moment de l’embauche, pour l’autre moitié elle a été faite ultérieurement. Un dispositif indispensable pour l’embauche et surtout pour le maintenir dans l’emploi Une enquête auprès des entreprises bénéficiaires de la GRTH permet de connaître leur positionnement vis-à-vis de cette aide7. Le maintien apparaît comme la finalité majoritaire de la GRTH.
Si pour 30% des employeurs, le dispositif apparaît indispensable pour l’embauche et pour le maintien, 45% ne citent que le maintien, 10% uniquement l’embauche, et 16% ne mentionnent aucune finalité. Pour 75% des entreprises, la mesure a donc été indispensable pour favoriser le maintien dans l’emploi, contre 40% pour l’embauche. Le fait que, pour la moitié des bénéficiaires, la demande d’abattement de salaire ait été effectuée au moment de l’embauche n’exclut pas cependant que la GRTH puisse être utile au-delà de cette période, comme facteur de maintien dans l’emploi.
Les informations sur l’ancienneté dans l’entreprise et dans le dispositif suggèrent que le dispositif assure une pérennité dans l’emploi : 74% des bénéficiaires ont plus de cinq ans d’ancienneté dans l’entreprise ; l’ancienneté moyenne s’établit à 11 ans ; 46% des entreprises bénéficient du dispositif pour un même salarié depuis plus de cinq ans.
Un dispositif est utilisé différemment par les acteurs de l’insertion La grande majorité des acteurs considère que son objectif prioritaire est de favoriser le maintien dans l’emploi et qu’il ne doit pas constituer une mesure d’insertion. Différentes utilisations du dispositif, non exhaustives, ont été recensées.
L’abattement de salaire est proposé par les services de reclassement professionnel, par certains médecins du travail ou opérateurs chargés de trouver des solutions de maintien pour des personnes en difficulté à leur poste de travail, du fait de leur état de santé. Les personnes peuvent déjà être reconnues travailleur handicapé, être atteintes d’une maladie ou victimes d’un accident. En cas d’inaptitude, le bénéfice d’un abattement de salaire permet alors un maintien dans le poste de travail initial, un reclassement dans la même entreprise ou dans une autre.
Les services de suite d’instituts médico-professionnels (IMPro) ou ceux chargés de faciliter le passage en milieu ordinaire des personnes provenant de centres d’aide par le travail (CAT) utilisent le dispositif d’abattement comme un outil d’insertion qui permet d’intégrer le milieu ordinaire de travail.
Les acteurs de terrain ont un recul limité par rapport aux décisions d’abattement de salaire prises au plan départemental, essentiellement en raison des spécificités de chacun d’entre eux et du faible nombre de dossiers instruits chaque année par département (entre un et une dizaine pour les acteurs rencontrés). Les acteurs sont attentifs aux incidences en terme de revenu pour les personnes handicapées. En général, ils proposent l’abattement de salaire avec prudence, ils ne souhaitent pas en faire une mesure pour favoriser des embauches à faible rémunération. La plupart cherchent à vérifier si l’attribution ou la modification d’un taux d’abattement ne dessert pas le salarié. Par ailleurs, une dégradation du handicap peut conduire à un accroissement de la perte de rentabilité, et justifier le passage d’un abattement de 20% à 30%. L’absence de continuité des plafonds attachés aux deux dispositifs provoque à la fois à une perte de rémunération pour le salarié et une réduction du complément de salaire versé à l’employeur, les plafonds légaux pour les abattements supérieurs à 20% (emplois protégés) étant plus faibles que ceux pour les abattements inférieurs ou égaux à 20% (emplois ordinaires). Peut être également cité le cas d’une demande d’abattement qui, compte tenu du salaire initial, du taux d’abattement demandé et de la superposition des différents plafonds, ne conduit à aucun versement au titre du complément de salaire, mais amène simplement à observer un abattement simple (pour l’employeur) sans bénéfice d’un complément de rémunération pour le salarié. Ainsi, un salarié touchant une rémunération de 12 000 F, victime d’un accident du travail conduisant à une perte de rendement de 20%, verrait son salaire rabaissé à 9 600 F,. sans complément de rémunération, du fait du plafond de 130% du SMIC. Par le nombre de cas observés ramenés à l’activité des différents opérateurs, le dispositif de l’abattement de salaire apparaît marginal. Plusieurs facteurs expliquent cette utilisation limitée. Les acteurs regrettent la lourdeur de la procédure d’instruction des demandes (délais et modalités d’instruction des dossiers, passage de l’inspecteur du travail…) par rapport aux autres mesures de l’Agefiph. Le manque de lisibilité du mode de calcul et l’insuffisance de la communication sur les aspects techniques constituent également des freins à son développement.
3. Une place parmi les autres aides
Le dispositif est fréquemment combiné avec l’allégement des charges sur les bas salaires et, dans une moindre mesure, avec des aides de l’AGEFIPH. 69% des entreprises bénéficient d’au moins une exonération de charges sociales, l’exonération sur les bas salaires étant la plus fréquente (56%). En raison de la date récente de création de l’AGEFIPH, ses aides touchent un nombre plus faible d’entreprises : 33% des entreprises ont reçu au moins une aide de l’AGEFIPH (55% parmi celles ayant recruté leur salarié depuis moins de cinq ans), 20% ont obtenu la prime à l’embauche (50% parmi celles ayant recruté leur salarié depuis moins de cinq ans), 6% une aide pour un aménagement de poste de travail, 4% ont reçu la subvention forfaitaire au maintien et 3% une aide à la formation. Si 24% des entreprises bénéficient simultanément des aides de l’Etat et de celles de l’AGEFIPH, en revanche 22% d’entre elles ne bénéficient d’aucune aide (cf. tableau ci-dessous).
La GRTH offre apparemment une forme de compensation du handicap à laquelle les autres aides ne peuvent sans doute pas se substituer. les entreprises et les salariés concernés L’étude des bénéficiaires de la GRTH met en évidence certains critères : une population très masculine, un faible niveau de formation, la prédominance des secteurs agricole et industriel. Au 30 juin 1998, 8 669 employeurs sont recensés dans le fichier de l’AGEFIPH pour 9 909 travailleurs handicapés bénéficiaires de la GRTH. Tous secteurs d’activité confondus, 90% des entreprises emploient un seul travailleur handicapé bénéficiaire de la GRTH,. 7% en emploient deux et 3% trois ou plus. En huit ans, la progression du nombre de salariés est plus marquée (+24%) que celle des entreprises (+16%), traduisant une augmentation du nombre moyen de travailleurs handicapés bénéficiaires du dispositif par entreprise.
Les entreprises agricoles, plus souvent de petite taille, emploient presque toujours un seul salarié handicapé bénéficiant de la GRTH. Seules 3% d’entre elles en emploient deux ou plus. Dans l’industrie manufacturière et «l’administration, l’éducation et la santé », respectivement 16% et 14% des entreprises emploient deux bénéficiaires ou plus. En moyenne, ce sont 1,22 et 1,23 salarié par entreprise qui bénéficie de la GRTH dans ces deux secteurs d’activité, qui présentent par ailleurs l’effectif moyen le plus élevé de travailleurs handicapés, qu’ils soient ou non bénéficiaires de la GRTH.
1. Les entreprises utilisatrices L’agriculture et l’industrie, deux secteurs d’activité prédominants En 1998, l’agriculture est toujours le premier secteur à utiliser le dispositif, mais dans une moindre proportion qu’en 1990 (28% en 1998 contre 42% en 1990). Hors agriculture, tous les secteurs progressent. Le secteur des industries manufacturières avec 26%, constitue le deuxième secteur d’activité utilisateur. Les secteurs d’activité du commerce et du transport, du bâtiment et de la construction, et celui des services représentent chacun entre 12% et 19% des entreprises.
(*) L’estimation du nombre d’entreprises par secteur d’activité a été réalisée en appliquant à chaque secteur un coefficient égal au rapport entre le nombre d’entreprises du fichier AGEFIPH et celui des entreprises enquêtées, soit 8669 / 5530 = 1,57. Cette méthode fait l’hypothèse d’une homogénéité des taux de réponse à l’enquête par secteur d’activité. Dans le secteur agricole, les emplois de travail protégé représentent 67% des emplois avec GRTH, et de 37 à 45% dans les autres secteurs d’activité les plus représentés : industries manufacturières (37%), construction (38%), commerce, réparation (45%), administration, éducation, santé (41%).
36% des entreprises ont vingt salariés ou plus Entre 1990 et 1998, la taille des entreprises s’accroît : 36% ont un effectif supérieur ou égal à 20 salariés en 1998 contre 23% en 1990. Cette évolution s’explique par la moindre proportion du secteur agricole, 27% des entreprises recensées dans ce secteur déclarant avoir moins de cinq salariés. Dans le secteur agricole, ce sont 94% (97% en 1990) des entreprises qui ne sont pas soumises à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés contre 52% (62% en 1990) dans les autres secteurs d’activité (42% parmi les industries manufacturières).
2. Une population handicapée assez spécifique Une population très masculine 80% des bénéficiaires sont des hommes. Ils représentaient 83% des effectifs en 1990. Dans le secteur agricole, la part des hommes est encore plus élevée, 92%. En revanche, dans l’hôtellerie, restauration et dans l’administration, éducation, santé, les femmes représentent respectivement 45% et 55% des effectifs. Pour l’ensemble des bénéficiaires, les classes quinquennales de 25 ans à 50 ans sont d’importances égale.
Pour la plupart des secteurs d’activité, cet équilibre des tranches d’âges conduit à observer une assez forte concentration autour de la moyenne, qui se situe à 39 ans. Avec un âge moyen de 35 ans, les salariés du secteur hostellerie restauration apparaissent les plus jeunes. Dans le secteur agricole, l’âge moyen est le plus élevé, 42 ans. Les disparités de structures par âge observées en 1990 s’estompent en 1998. Ainsi, les salariés du secteur agricole ne présentent plus la caractéristique d’un âge bien plus élevé que dans les autres secteurs d’activité. Tout au plus peut-on signaler une légère sur-représentation à partir de 50 ans.
Selon la nature du handicap, des différences de structures plus importantes sont visibles. Avec 43 ans d’âge moyen, les personnes ayant une maladie invalidante sont les plus âgées. Les déficients intellectuels sont les plus jeunes (38 ans).
La moitié des bénéficiaires présentent une déficience intellectuelle
Les déficients intellectuels et les malades mentaux sont concernés pour près des deux tiers par un taux d’abattement supérieur à 20% (emplois protégés). En revanche, pour les autres types de handicap, deux sur trois ont un taux d’abattement inférieur ou égal à 20% (emplois ordinaires).
61% des bénéficiaires du secteur agricole présentent une déficience intellectuelle ou une maladie mentale. 25% des bénéficiaires sont directement issus du milieu protégé ou spécialisé Avant leur embauche dans l’entreprise actuelle, 26% des personnes étaient scolarisées (dont 16% en établissement scolaire spécialisé), 39% étaient demandeurs d’emploi et 35% se trouvaient en emploi (dont 9% en milieu protégé). Ces pourcentages sont estimés à partir des situations connues, exception faite de 1596 bénéficiaires dont la situation antérieure est inconnue.
25% des bénéficiaires sont directement issus du milieu spécialisé ou protégé. Et notamment, parmi les personnes qui sortent du système scolaire, 61% viennent d’un établissement spécialisé de type IMPRO. La situation avant l’embauche conditionne le type d’emploi La situation du salarié avant l’embauche conditionne le type d’emploi et donc le niveau d’abattement. Les personnes issues du milieu scolaire spécialisé occupent, six fois sur dix, un emploi protégé, celles issues du milieu scolaire non spécialisé occupent plus souvent un emploi ordinaire, seules 40% ont un emploi protégé. Pour les personnes déjà salariées, la même différence est observée. Celles issues du milieu protégé (AP et CAT) occupent plus souvent un emploi protégé (dans 60% des cas) que celles issues d’entreprises du milieu ordinaire (40% occupent un emploi protégé). Mais cela indique a contrario que parmi les personnes issues du milieu protégé, 40% sont employées avec un taux d’abattement de droit commun (inférieur ou égal à 20%). Quant aux travailleurs handicapés qui se trouvaient auparavant en situation de demandeur d’emploi, ils occupent un emploi ordinaire dans 56% des cas. Les secteurs d’activité recrutent différemment selon la situation en amont de l’embauche. Le secteur d’activité de la construction embaucherait davantage de travailleurs handicapés qui sortent du système éducatif, alors que celui du commerce-réparation recrute plutôt parmi les demandeurs d’emploi. L’agriculture, plus que les autres secteurs d’activité, embauche plus souvent des personnes déjà salariées. Les personnes handicapées moteurs, souffrant d’une maladie invalidante, d’un handicap visuel ou auditif, accèdent plus souvent à l’emploi en milieu ordinaire avec la GRTH après être passées par un statut de demandeur d’emploi. Les déficients intellectuels sont plus souvent issus du système scolaire que les autres types de handicapés.
Un public peu diplômé, presque toujours en contrat à durée indéterminée. 67% des salariés n’ont aucune formation, 4% disposent d’un certificat d’études primaires, 2% d’un BEPC, 15% d’un CAP-BEP, et seuls 2% sont titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat ou supérieur. Pour 11% des salariés, le niveau de formation n’est pas connu. 81% des travailleurs handicapés occupent un emploi d’ouvrier, dont 67% d’ouvrier non qualifié et 14% d’ouvrier qualifié. 15% occupent un poste d’employé. Les cadres et techniciens et agents de maîtrise représentent moins de 1% des effectifs. Pour 3%, le niveau de qualification est inconnu. Par rapport à 1990, le niveau de qualification s’élève. La catégorie des employés gagne six points alors que celle des ouvriers en perd huit. 90% des salariés occupent un emploi sous contrat à durée indéterminée. 70% des contrats sont à temps complet (55% en 1990) et 17% à mi-temps. Pour 7%, on peut estimer que le temps de travail équivaut aux ¾ d’un temps plein, et pour 3% aux 4/5èmes.
Les bénéficiaires de taux d’abattement peu élevés (handicaps les plus légers) occupent les emplois les plus qualifiés. La majorité des personnes occupant un poste d’emploi d’ouvrier non qualifié bénéficie d’un emploi protégé en milieu ordinaire. Même parmi les taux d’abattements les plus élevés, concernant théoriquement des emplois légers ou à mi-temps, plus de 60% des contrats sont à temps plein. Les secteurs d’activité de la construction et du « commerce, réparation » recrutent plus fréquemment que les autres secteurs des travailleurs titulaires d’un CAP ou d’un BEP. Le secteur d’activité de l’agriculture concentre les emplois les moins qualifiés et les plus bas niveaux de formation. 84% des personnes employées dans ce secteur n’ont aucune formation, 82% occupent des fonctions d’emploi d’ouvrier non qualifié. Le niveau de formation ainsi que le niveau de qualification de l’emploi occupé s’accroît avec la taille de l’entreprise, les entreprises de petite taille employant plutôt des salariés de faible qualification et de bas niveau de formation.
Une augmentation du salaire de référence par rapport à 1990 Compte tenu des différents plafonds prévus dans le dispositif, celui-ci s’adresse essentiellement à un public à faible rémunération. En 1998, 52% des personnes perçoivent une rémunération supérieure au SMIC, elles n’étaient que 24% en 1990. 5% des bénéficiaires perçoivent une rémunération supérieure à 130% du SMIC (1% en 1990). Cette progression du salaire peut être expliquée par la réduction du nombre d’entreprises du secteur agricole, qui offrent traditionnellement les salaires les plus bas, et par l’élévation du niveau de qualification des emplois occupés.
Pour les taux d’abattement de salaire inférieurs ou égaux à 20%, ce sont 8 à 9% des personnes qui reçoivent une rémunération supérieure au plafond (130% du SMIC) contre 2 à 3% en 1990. Pour les emplois protégés, les salaires de référence s’écartent sensiblement du plafond, c’est-à-dire du SMIC. Le croisement entre niveau de salaire et taux d’abattement traduit, bien moins nettement qu’en 1990, les contraintes techniques liées à l’utilisation du dispositif et, en particulier, aux plafonds de 130% du SMIC pour les emplois ordinaires et de 100% du SMIC pour les emplois de travail protégé. conclusion La mise en place d’outils de suivi et d’évaluation au niveau départemental et national, une simplification et une harmonisation des procédures permettraient une meilleure utilisation du dispositif en le rendant plus lisible et plus attractif. Les premiers constats qui découlent de cette étude font apparaître que le dispositif des abattements de salaires et de la GRTH, datant de 1975, concerne peu de personnes en milieu ordinaire de travail, qu’un certain essoufflement semble appaître depuis 1995 et que les disparités géographiques quant à son utilisation sont importantes. D’un autre côté, il convient de noter que ce dispositif conserve sa place parmi les autres aides pour l’insertion des personnes handicapées . Différentes utilisations, non exhaustives, ont été recensées : l’abattement de salaire peut permettre le maintien dans l’emploi de personnes qui se trouvent en difficulté à leur poste de travail du fait de leur état de santé ; il peut être proposé pour assurer la pérennité dans l’emploi de personnes handicapées suite à un contrat aidé ou faciliter la sortie d’un établissement éducatif spécialisé ou le passage du milieu protégé vers le milieu ordinaire de travail. L’analyse des entreprises utilisatrices montre une évolution dans les secteurs professionnels concernés et dans la taille des entreprises ; en effet, hors agriculture, tous les secteurs progressent par rapport à 1990 et le nombre d’entreprises ayant plus de vingt salariés augmente. Enfin, la nature du handicap des bénéficiaires est particulière par rapport à celle du public bénéficiant des aides pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées en milieu ordinaire : la moitié des bénéficiaires présentent une déficience intellectuelle et 25% sont directement issus du milieu protégé ou spécialisé. Il s’avère donc que ce dispositif joue un rôle reconnu et particulier dans la politique d’insertion professionnelle des personnes lourdement handicapées en milieu ordinaire et qu’une réflexion pourrait être menée pour favoriser son développement. Dans cette perspective, un certain nombre de préconisations, qui visent à permettre une meilleure utilisation du dispositif, à le rendre plus lisible et plus attractif, peuvent être énoncées.
Des moyens pour une meilleure utilisation du dispositif Définir des critères et créer des outils pour faciliter l’évaluation de la perte de rendement Il a été constaté que l’absence d’outils pour apprécier la nature exacte de la baisse de rendement du salarié et l’utilisation d’un formulaire de demande d’abattement qui prévoit peu d’informations conduisent les membres des COTOREP à raisonner le plus souvent en terme de taux d’abattement, sans prendre en considération le montant du complément de rémunération pour l’employeur et celui du salaire garanti pour le salarié. Pour définir des critères objectifs permettant de faciliter la détermination de la perte de rendement et la définition du taux d’abattement, une réflexion pourrait être menée au plan national. Elle pourrait associer les principaux acteurs du dispositif, l’inspection du travail, la médecine du travail, les COTOREP, l’ANPE, l’AGEFIPH, les principaux opérateurs de l’insertion (EPSR, OIP), des psychologues, des assistantes sociales et prendre l’avis d’ergonomes. Le dossier de demande d’abattement devrait être enrichi par la prise en compte d’avis formalisés des acteurs (employeur, médecin du travail, inspecteur du travail, COTOREP, AGEFIPH, opérateurs d’insertion tels que EPSR, OIP, cellule de maintien..). A partir des expériences de certaines COTOREP, un document unique pourrait être validé au niveau national. ettre en place des outils de suivi et d’évaluation Actuellement, le suivi par la DGEFP, au niveau national, des décisions COTOREP d’abattements de salaire permet seulement une connaissance parcellaire. Il ne conduit pas à opérer une distinction entre le dispositif pour les emplois ordinaires (taux inférieur ou égal à 20%) et celui concernant les emplois protégés (taux supérieur à 20%), ni d’appréhender les catégories de handicap. Les services départementaux rencontrés (DDTEFP et COTOREP) opèrent une évaluation limitée des décisions prises. Rares sont les analyses portant sur les caractéristiques du public bénéficiaire (entreprises ou salariés), les taux détaillés attribués, la situation antérieure à la demande d’abattement…Le logiciel ITAC, commun à l’ensemble des COTOREP, géré sur le plan informatique par les DRTEFP, permet d’effectuer ces analyses. Cependant, la plupart des opérateurs utilisateurs du système, qui assurent par ailleurs la saisie informatique des données issues des dossiers d’instruction, n’ont pas les connaissances pour effectuer les requêtes qui apporteraient une analyse qualitative du dispositif ; ces traitements nécessitent une demande écrite au service informatique des DRTEFP. A ce jour, le fichier de l’Agefiph permet de procéder aux versements des sommes dues aux employeurs concernant les dossiers en cours. Le fichier donne une image imparfaite des flux d’entrées et de sorties du dispositif. Il ne conserve pas l’historique des événements. La distinction entre première demande et reconduction est difficile. Les informations concernant les caractéristiques des entreprises et des salariés devraient donc être complétées, fiabilisées et mises à jour régulièrement. Certaines pourraient vraisemblablement être transmises informatiquement par les COTOREP. Cette tâche pourrait être remplie par l’AGEFIPH, qui devra cependant restructurer son fichier de gestion afin de le rendre compatible avec un traitement statistique et une évaluation qualitative. Un diagnostic annuel devrait être réalisé. Il porterait sur les stocks de dossiers en cours, sur les flux de décisions prises en COTOREP ainsi que sur les sorties du dispositif. Il rendrait compte des caractéristiques des employeurs et des salariés. Un tableau de bord départemental faciliterait la prise de décision au plan local, permettrait de suivre le développement du dispositif et offrirait un outil commun aux différents acteurs, renforçant l’efficacité de leur partenariat. Mieux couvrir les besoins Le financement de la GRTH par l'AGEFIPH est l’objet de la satisfaction des partenaires et des bénéficiaires, notamment quant à la diligence de la réponse à la demande. L’étude permet cependant de constater une légère baisse de la demande, ainsi que de grandes disparités d’utilisation de la garantie de ressources entre les départements. Le taux de pénétration moyen est de 6,9 pour 10 000 salariés, variant de 0,2 à 51,2 selon le département. La cause de ces écarts peut être expliquée par excès (opportunité de certaines décisions) ou par défaut (couverture insuffisante des besoins). Une transmission insuffisante d’information peut être à l’origine d’une méconnaissance du dispositif, et, par voie de conséquence, d’une couverture insuffisante des besoins. Il existe peut-être encore des bénéficiaires potentiels, qui ne sont pas touchés. Une exploration de la « clientèle » potentielle et une activation systématique des filières d’accès pourraient être menées. L’analyse des besoins pourrait s’appuierait sur les données fournies directement par la COTOREP et préconisées ci-dessus.
Une simplification du dispositif pour le rendre plus lisible
Concevoir un dispositif unique
Pour pallier les difficultés techniques liées au dispositif et l’absence de cadre précis d’utilisation, les COTOREP semblent avoir défini, de façon empirique, une sorte de procédure intermédiaire qu’elles appliquent à l’ensemble des abattements en milieu ordinaire. Les différences de procédure prévues par le législateur entre les abattements de salaires pour des emplois ordinaires et ceux pour les emplois protégés ne sont pas prises en compte sur le terrain. La nécessaire prise en compte d’une possible aggravation du handicap justifie une harmonisation des deux systèmes. Il serait préférable de mettre en place un dispositif unique dont les taux d’abattement s’élèveraient à 20%, 30%, 40%, et 50%, et de supprimer le taux à 10%, qui n’est pas assez incitatif pour les entreprises, ainsi que les taux intermédiaires (5%, 15%, 25%, 35%, 43%, 45%), qui complexifient la gestion du dispositif. Dissocier taux d’abattement et catégorie COTOREP
La disposition qui lie le montant maximum du taux d’abattement à la catégorie A, B ou C du handicap ne paraît pas adaptée et est, d’ailleurs, inégalement respectée. Les catégories de handicap sont actuellement attribuées différemment d’une COTOREP à l’autre, et il n’y a pas forcément de lien entre la gravité du handicap et la perte de rendement pour un poste donné. De sorte qu’il serait souhaitable de supprimer le lien réglementaire entre la catégorie de handicap et le taux d’abattement. Une modification des plafonds pour rendre le dispositif plus attractif Prévoir le même plafond pour le montant du complément de salaire et le montant de l’abattement de salaire Actuellement, le plafond de l’abattement de salaire est un pourcentage du salaire de référence, et celui du complément de salaire est fondé sur le SMIC. Il peut arriver que le complément de salaire remboursé à l’employeur soit inférieur à l’abattement de salaire, ce qui implique que le salarié peut ne pas recevoir un salaire identique à celui d’un travailleur valide ou que l’employeur doit prendre la différence à sa charge. La mise en œuvre d’un plafond identique donnerait l’assurance à l’employeur, comme au salarié, que ce dernier percevra un salaire réellement identique à celui d’un salarié valide, dans la seule limite du plafond de la garantie de ressources. Elle favoriserait également le passage du milieu protégé au milieu ordinaire car, actuellement, il est souvent plus intéressant pour un salarié de travailler en milieu protégé, avec la GRTH, plutôt qu’en milieu ordinaire. Cette proposition de modification suppose évidemment au préalable une simulation sur la base des bénéficiaires actuels afin d’en apprécier les incidences financières pour l’AGEFIPH. Augmenter le plafond de la garantie de ressources Compte tenu des différents plafonds prévus dans le dispositif, celui-ci s’adresse actuellement, Pour la plus grande part, à un public à faible rémunération. L’élargissement du dispositif aux secteurs d’activité non agricole et l’élévation des qualifications des personnes handicapées qui en bénéficient pourraient justifier une élévation du plafond du salaire garanti. Cette augmentation, portant par exemple le plafond de la GRTH à deux fois le SMIC, permettrait de prendre en compte les possibles abattements de salaire pour le maintien dans l’emploi de personnes à qualification plus importante ou en fin de carrière, sans exclure du champ d’application les personnes handicapées actuellement bénéficiaires. Cette proposition nécessite également des simulations budgétaires, puisqu’elle se traduirait par une augmentation du financement pour les bénéficiaires actuels et par un accroissement du nombre de bénéficiaires potentiels.
Annexes annexe 1 : liste des textes juridiques relatifs à la GRTH en milieu ordinaire annexe 2 : tableau synthétique des procédures applicables aux dispositifs d’abattement de salaire et de la GRTH annexe 3 : fiche 25.1 - demande d’abattement de salaire annexe 4 : barèmes du complément de rémunération et de la GRTH au 1er juillet 1999 annexe 5 : exemples de calcul du complément de rémunération annexe 6 : méthodologie de l’étude ISL et CERDES annexe 7 : questionnaire d’enquête
annexe 1
Liste des textes juridiques de base relatifs à la garantie de ressources des travailleurs Handicapés en milieu ordinaire de travail
· Loi d’orientation n° 75 - 534 du 30 juin 1975 en faveur des personnes handicapées (articles 32 à 34); · Décret n° 77 - 1465 du 28 décembre 1977 fixant les modalités d’application aux travailleurs handicapés salariés des dispositions de la loi n°75 - 534 du 30 juin 1975 relatives à la garantie de ressources. · Circulaire du 17 février 1978 relative à l’application de la garantie de ressources aux personnes handicapées. · Décret n° 86 - 530 du 14 mars 1988 modifiant le décret n°77 - 1465 du 28 décembre 1977 fixant les modalités d’application aux travailleurs handicapés salariés des dispositions de la loi n°75 - 534 du 30 juin 1975 relatives à la garantie de ressources. · Décret n° 93 - 87 du 22 janvier 1993 modifiant le décret n° 77 - 1465 du 28 décembre 1977 fixant les modalités d’application aux travailleurs handicapés salariés des dispositions de la loi n°75 - 534 du 30 juin 1975 relatives à la garantie de ressources. · Circulaire CDE n°94 - 40 du 10 octobre 1994 relative à la garantie de ressources des travailleurs handicapés : nature et assiette des charges sociales compensables
·
Loi de finances pour
1997, n°96 - 1181 du 30 décembre 1996 (article 139) annexe 2 Tableau synthétique des procédures applicables aux dispositifs d’abattement de salaire et de la GRTH
annexe 4 barèmes du complément de rémunération et de la GRTH au 1er juillet 1999
Le gouvernement a fixé le SMIC à 40,72 F l’heure à compter du 1er juillet 1999, soit un salaire mensuel de 6 881,68 F pour 169 heures. · Barèmes du complément de rémunération et de la GRTH au 1er juillet 1999 pour les emplois ordinaires :
· Barèmes du complément de rémunération et de la GRTH au 1er juillet 1999 pour les emplois protégés :
annexe 5
Exemples de calcul du complément de rémunération
montant du SMIC horaire au 1er juillet 1999 : 40,72 F montant du SMIC mensuel 6 881,68 F montant des 20% du SMIC 1 376,34 F montant des 130% du SMIC 8 946,18 F
Les taux des cotisations patronales sont les suivants : - taux maladie, maternité, invalidité, décès :12,8% - taux vieillesse : 9,80% - taux allocations familiales : 5,40% - taux retraite complémentaire : 4,50% - taux assurance chômage : 5,38% - taux accident du travail : ce taux étant variable suivant les entreprises, le taux utilisé dans les exemples est 2%.
exemples pour des emplois ordinaires (taux d’abattement inférieur ou égal à 20%)
Règle : le complément de rémunération est égal au montant de l’abattement de salaire dans la limite de 20% du SMIC et ne peut porter les ressources garanties du travailleur handicapé à un niveau supérieur à 130% du SMIC.
1er cas : un taux d’abattement de 10%, un salaire de référence supérieur au SMIC (46,30 F /h) :
salaire de référence 7 824,70 F abattement de salaire (10% du salaire de référence) 782,47 F salaire après abattement 7 042,23 F complément de rémunération (CDR) 782,47 F cotisations patronales intermédiaires sur CDR 312,05 F réduction bas salaire (RBS) sur CDR 68,07 F (cotisations patronales - RBS) sur CDR 243,97 F
· garantie de ressources versé au salarié par l’employeur (salaire après abattement +complément de rémunération) 7824,70 F · complément de rémunération chargé remboursé par l’AGEFIPH à l’employeur (782,47 F + 243,97 F) 1 026,44 F
2eme cas : un taux d’abattement de 10%, un salaire de référence sup. à 130% du SMIC (55,22 F)
salaire de référence (supérieur à 130% du SMIC) 9 332,18 F abattement de salaire (10% du salaire de référence) 933,22 F salaire après abattement 8 398,96 F complément de rémunération (CDR) = 130% du SMIC - salaire abattu 547,22 F cotisations patronales intermédiaires sur CDR 218,23 F réduction bas salaire (RBS) sur CDR 0,00 F (cotisations patronales - RBS) sur CDR 218,23 F
· garantie de ressources versé au salarié par l’employeur (salaire après abattement +complément de rémunération) 8 946,18 F · complément de rémunération chargé remboursé par l’AGEFIPH à l’employeur (547,22F +218,23F) 765,45 F
exemples pour des emplois protégés (abattement de salaire supérieur à 20%, et jusqu'à 50%)
Règle : le complément de rémunération est égal au montant de l’abattement de salaire, il ne peut porter les ressources garanties à un niveau supérieur au SMIC (6 881,68 F).
1er cas : un taux d’abattement de 30% et un salaire de référence égal au SMIC
salaire de référence 6 881,68 F abattement de salaire (30% du salaire de base) 2 064,50 F complément de rémunération (CDR) 2 064,50 F cotisations patronales intermédiaires sur CDR 823,32 F réduction bas salaire (RBS) 375,74 F cotisations patronales - RBS 447,58 F
· garantie de ressources versée au salarié par l’employeur (salaire après abattement + complément de rémunération) 6 881,68 F · complément de rémunération chargé remboursé par l’AGEFIPH à l’employeur (2 064,50 F+ 447,52 F) 2 512,08 F
2éme cas : un taux d’abattement de salaire de 30% et un salaire de référence supérieur au SMIC (46,30 F)
salaire de référence (supérieur à 100% du SMIC) 7 824,70 F abattement de salaire (30% du salaire de base) 2 347,41F salaire après abattement 5 477,29 F complément de rémunération (CDR) = (SMIC - salaire après abattement) 1 404,39 F cotisations patronales intermédiaires sur CDR 560,07 F réduction bas salaire (RBS) 122,18 F cotisations patronales - RBS 437,89 F
· garantie de ressources versée au salarié par l’employeur (salaire après abattement + complément de rémunération) 6 881,68 F · complément de rémunération chargé remboursé par l’AGEFIPH à l’employeur ( 1 404,39 F+ 437,89 F) 1 842,28 F
annexe 6
méthodologie de l’étude ISL-CERDES
Pour réaliser cette étude, plusieurs investigations d’ordre quantitatif et qualitatif ont été menées :
· exploitation des données issues du fichier des bénéficiaires AGEFIPH, · réalisation d’une enquête postale auprès des 8 669 entreprises utilisatrices du dispositif au 30 juin 1998, · recueil de données sur l’état des décisions d’abattement de salaire par les COTOREP, · enquête qualitative auprès des acteurs de l’insertion professionnelle dans cinq départements (Maine et Loire, Ille-et-Vilaine, Rhône, Puy de Dôme, Seine-et-Marne), · enquête qualitative auprès d’une dizaine d’entreprises.
Le fichier de l’AGEFIPH permet de gérer les dossiers et d’effectuer les paiements aux entreprises. C’est à partir de cette source que le fichier d’adresses pour l’enquête postale a été constitué et estimée la représentativité des réponses obtenues. L’appariement de certains éléments de ce fichier (taux d’abattement détaillé, salaire horaire, temps plein ou partiel, dates de début et de fin de décision, sexe, âge, ancienneté dans l’entreprise, type de contrat) a permis d’enrichir les données obtenues à partir de l’enquête postale.
L’enquête postale a été réalisée auprès des 9900 entreprises « actives » au 30/06/1998 bénéficiant du dispositif « abattement de salaire »8. Le déroulement de l’enquête a eu lieu en novembre et décembre 1998. Elle a fait l’objet d’une relance postale auprès des entreprises non-répondantes. Une enveloppe T a facilité le retour des questionnaires. Le taux de réponse s’établit à 64% et la représentativité par rapport aux variables d’activité et de taille des entreprises, s’avère bonne. Aucun redressement n’a donc été effectué.
L’état des décisions prises en COTOREP pour les abattements de salaire (cf. annexe 9) a été fourni par la DGEFP pour les années 1995, 1996 et 1997. Cet état annuel, dénommé tableau n°8, indique, pour chaque département le nombre de demandes d’abattement non décisionnées en fin d’année n-1 et n, les demandes reçues au cours de l’année et celles décisionnées réparties selon le type (premières demandes ou reconductions) et selon le taux d’abattement accordé (< 20%, >= 20%). Le nombre de refus et de sursis à statuer sont également mentionnés.
L’enquête qualitative a été réalisée par entretiens en face à face auprès des 44 acteurs. Elle a visé à appréhender l’utilisation du dispositif de l’abattement de salaire pour l’emploi en milieu ordinaire et cherché à préciser la place du dispositif parmi l’ensemble des aides existantes pour l’insertion des personnes handicapées.
Le choix des acteurs, facilité par les délégations régionales de l’AGEFIPH, s’est porté sur : - les COTOREP qui décident de l’attribution et du niveau des taux d’abattement de salaire, - les opérateurs dont l’une des missions consiste à favoriser l’insertion ou le maintien des personnes handicapées dans l’emploi. (DDTEF, Médecins du travail, représentants AGEFIPH, EPSR-OIP, MEDEF, MSA, CPAM, CRP, CAT, AP et des associations liées aux personnes handicapées).
Les entretiens ont porté sur la connaissance du dispositif, son utilisation, les critères pour décider d’un abattement et en déterminer le taux, les procédures mises en place pour traiter les dossiers. Les délais d’attribution, le rôle des différents acteurs en commission COTOREP, l’existence d’une réflexion sur le bénéfice et/ou la possibilité de prescrire d’autres aides pour compenser le handicap. Enfin, l’adaptation de la mesure aux besoins et les améliorations attendues ont également été abordées.
Cinq départements ont été retenus pour la réalisation de la phase d’entretiens, dont un pour tester la grille d’entretien par téléphone. Ils ont été choisis à la fois pour leur utilisation relativement importante du dispositif (en nombre de dossiers actifs au 30/06/98) et pour la représentativité de leurs taux de pénétration.
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[1] Voir méthodologie de l’étude en annexe 6 2 voir liste des textes juridiques en annexe 1 3 voir tableau synthétique des procédures et taux en annexe 2 4 voir barèmes du complément de rémunération et de la GRTH au 1er juillet 1999 en annexe 4 5 voir exemples de calcul du complément de rémunération en annexe 5 6 Voir fiche Cerfa 25.1 en annexe 3 (**)L’agrégation du taux de 20% à ceux supérieurs à 20% ne permet pas de distinguer les abattements en milieu ordinaire des emplois protégés
7 voir questionnaire en annexe 7 8 cf. questionnaire en annexe 7
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