1.2 - L'effectivité de la loi de 1987

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1.2.1. - Une mise en oeuvre particulière
1.2.2. - La réalité de l'emploi des travailleurs handicapés
1.2.3.La composition de la population des travailleurs handicapés

1.2.1 - une mise en oeuvre particulière

La loi de juillet 1987 a constitué un tournant en substituant une obligation réelle de résultats à l'obligation de moyens par des contraintes à caractère formel. Elle a imposé à toute entreprise de plus de vingt salariés un quota de travailleurs handicapés qui de façon progressive a été porté de 1987 à 1991 à 6 % de l'effectif salarié, pourtant une partie des entreprises échappe à son application.

- La "souplesse" de la loi

Cette contrainte de la loi est largement assouplie par plusieurs dispositions. La première d'entre elles est celle qui consiste à donner à un employeur, qui se trouve franchir le seuil de 20 salariés, une période de grâce de 3 ans avant que l'obligation soit effective.

Une autre disposition annexe de la réglementation permet d'arrondir le nombre de handicapés théoriquement requis au nombre entier inférieur : en effet entre 20 et 33 salariés, l'obligation n'évolue pas. On comprend que la fluctuation pour ce type d'entreprise joue en leur faveur.

- La comptabilisation des personnes handicapées

Pour le calcul du nombre de personnes handicapées, la loi tient compte du type de handicap, et dans certains cas, une personne handicapée peut représenter jusqu'à 5,5 unités bénéficiaires.

Ceci entraîne très souvent une confusion entre le nombre réel de travailleurs handicapés et le pourcentage d'unités bénéficiaires que peuvent représenter ces travailleurs handicapés.

Il est utile d'indiquer à ce propos que les personnes handicapées sont comptabilisées non pas en nombre d'individus ramenés à un emploi temps plein, mais à un nombre d'unités bénéficiaires qui tient compte d'éléments de "mal-employabilité", lourdeur du handicap, âge, parcourt professionnel antérieur, etc.

- Le déficit d'emploi de travailleurs handicapés

Comme le précise Anne RAMARE "depuis 1991 le taux d'emploi légal est fixé à 6% de l'effectif salarié, il est calculé en rapportant les unités bénéficiaires à l'effectif salarié assujetti".

"Si on émet l'hypothèse , comme on l'a observé en 1993, que chaque bénéficiaire correspond à 1,2 unité bénéficiaire, le déficit est de 128 000 bénéficiaires".

En 1993, l'effectif assujetti s'élevait à 7 649 550 personnes auquel correspondraient au total l’équivalent de 458 973 unités bénéficiaires ou encore de 382 477 personnes handicapées.

En 1993 les 254 500 salariés handicapés présents dans les établissements assujettis équivalent à 310 256 unités bénéficiaires.

- Le champ d'application de la loi de 87

Toutes les entreprises de plus de vingt salariés sont soumises à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés; pourtant une disposition de la loi de juillet 1987 a introduit un système qui permet de déduire une partie des emplois de l'assiette du calcul de l'obligation en raison d'emplois considérés comme "exigeant des conditions particulières d'aptitude".

Ainsi certaines branches industrielles, notamment le BTP, voient une partie essentielle de leurs salariés échapper au calcul pour les raisons précitées.

En 1993, sur 97.700 établissements de 20 salariés ou plus, seulement 85.500 se sont trouvés effectivement assujettis à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés.

L'effectif global de ces 97.700 établissements s'élevait à 8.711.500 salariés, après déduction des emplois exclus de l'obligation et opération d'arrondi, l'effectif salarié assujetti représentait 7.649.550 salariés.

Comme on le voit ces dispositions ont permis pour l'année 1993 à 12.200 établissements et à 1.061.950 emplois salariés d'être exclus de l'assiette de calcul de l'obligation d'emploi de la loi de juillet 87, soit la bagatelle de 13% des emplois concernés par la loi, représentant un déficit ou plutôt une exonération correspondant à une obligation de 63.717 emplois de travailleurs handicapés.

Nous pouvons estimer nous trouver en présence d'une disposition tout à fait "originale" de la législation française. Certains types d'emplois, qui peuvent en tout état de cause être occupés et le sont par des personnes handicapées seraient par ailleurs décomptés systématiquement de l'obligation de la loi sur l'emploi des travailleurs handicapés.

En effet la législation française a toujours estimé que l'emploi était ouvert à tout salarié, et elle a même renforcé la notion de sanction, contre toutes discriminations en raison de l'état de santé de l'intéressé.

De façon permanente le code du travail a toujours confirmé que l'aptitude ou l'inaptitude du salarié ne pouvait être appréciée que par le médecin du travail en fonction d'un poste de travail précis.

Il ne vient à l'idée de personne d'imaginer que les personnes handicapées auraient un profil type, interdisant certains types d'emplois, c'est pourtant ce qu'une loi sur l'emploi des travailleurs handicapés exprime très précisément en établissant par décret une liste des catégories d'emplois exigeant des conditions d'aptitude particulières.

Ainsi une caissière qui aurait subi un syndrome du canal carpien ne pourrait être vendeuse de magasin? et le boulanger atteint par l'allergie due aux farines de céréales ne pourrait être maçon qualifié ou charpentier?

Pourquoi retrouvons nous dans cette liste d'emplois un ouvrier non qualifié du gros oeuvre du bâtiment et pas un ouvrier de la sidérurgie, un emploi d'agent et d'hôtesse d'accompagnement et pas celui de secrétaire de direction ?

Nous pouvons nous demander pourquoi (en dehors de raisons purement politiques et financières) une telle mesure qui exonère 13% des emplois soumis à la loi de juillet 1987 demeure sans aucune justification à caractère médical.

Nous pouvons en conclure à un déni de la relativité du handicap et même à une mesure discriminatoire au plan économique.

1.2.2. - La réalité de l'emploi des travailleurs handicapés

Chacun admet "l'érosion de l'emploi des travailleurs handicapés", et le Ministère du Travail le confirme dans le rapport. remis au Gouvernement sur l'exécution de la loi du 10 juillet 1987 présenté par Monsieur Jacques BARROT ministre du travail et des affaires sociales :

- L'érosion de l'emploi des travailleurs handicapés

"En 1994 les 247.900 bénéficiaires de la loi de 1987 étaient employés dans 85 023 établissements assujettis à la loi contre 254.500 bénéficiaires en 1993". L'érosion constatée sur un an est de 6.600 bénéficiaires ce qui représente 2,66%.

L’emploi des travailleurs handicapés dans les secteurs privé et semi-public

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Année

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

Taux d'emploi

3%

4%

5%

6%

6%

6%

6%

Seuil d'emploi

34

25

20

20

20

20

20

Ets assujettis

52.600

74.100

87.800

88.000

89.000

85.500

85.000

Effectifs totaux

7.356.000

7.987.000

8.518.000

8.539.600

8.411.000

8.711.500

8.500.000

T.H (1). déclarés

223.800

235.900

256.300

258.000

254.700

254.500

247.900

% de T.H (1)

3,04%

2,95%

3,01%

3,02%

3,03%

2,92%

2,91%

Assiette d'assujettissement

6.777.600

7.398.900

7.885.900

7.903.200

7.768.100

7.650.000

7.556.000

U.B. (2)

 

264.700

293.600

296.900

310.200

31.256

311.000

% d'U.B. (3)

 

3,58%

3,72%

3,76%

4,00% (3)

4,06%

4,11%

(1) T.H. = travailleurs handicapés (2)U.B.= unités bénéficiaires (3) le taux de 4% n'a pu être atteint en 1992 que par l'application d'une nouvelle façon de calculer les U.B. voir page 201 du document "données sociales 1995" édition CTNERHI, les personnes handicapées en France.
.

"L'objectif d'un taux d'emplois directs de 6%, seuil fixé depuis 1991 est loin d'être atteint". Rappelons que les entreprises ont eu 3 ans pour atteindre cet objectif et satisfaire à l'obligation de la loi : 3% en 88, 4% en 89 et 6% en 91.

Si l'on tient compte du fait que certaines "facilités" sont accordées aux entreprises dans la mise en oeuvre de la loi, à savoir :

une partie des entreprises ou de leurs emplois échappent à l'application de la loi du fait de leur effectif (seuil d'assujettissement et calcul du nombre de salariés)
un délai de grâce de 3 ans est accordé aux entreprises dans la mise en conformité avec la loi
des déductions sont opérées sur l'effectif de l'entreprise, en fonction des emplois exclus de l'assiette de calcul de l'obligation et à partir des opérations d'arrondi
l'évolution des modes de calcul des unités bénéficiaires par rapport à l'emploi réel a progressé

Les résultats stagnent et nous sommes à un niveau de 4,11% d'unités bénéficiaires en 1994, le taux était pour mémoire à 4,06% en 1993 pour un nombre de 6.600 travailleurs handicapés de plus ayant un emploi.

- L'emploi réel des travailleurs handicapés en 1994

Si nous considérons que l'emploi réel est de 247.000 travailleurs handicapés en 1994, et si nous comparons ce résultat au nombre des emplois concernés par la loi en 1994 soit 8.500.000 salariés, nous obtenons un taux d'emploi réel de 2,9%.

La même comparaison en 1988 ou l'obligation n'était que de 3%, donnait les résultats suivants : 223.800 travailleurs handicapés ayant un emploi pour 7.356.000 salariés concernés par l'obligation de la loi. Le rapport dans ce cas se traduit par un taux de 3,04%, c'est dire que l'évolution est bien faible voire négative.

Quelle que soit la forme de calcul, la réalité est têtue. La part des établissements qui atteignent le quota de 6% par le seul emploi direct des bénéficiaires reste stabilisée à 36% en 1994 contre 37% en 1993.!

31.859 établissements assujettis, soit 37% n'emploient aucun travailleur handicapé en 1994.
53.164 établissements, soit 63% emploient au moins un bénéficiaire.

Il ressort de toutes ces statistiques une relative stabilité, pour ne pas dire stagnation, de l'emploi des travailleurs handicapés en milieu ordinaire, ce même rapport cité plus haut et présenté par le Ministre du Travail Jacques Barrot fait état de 9.872 embauches de travailleurs handicapés dans des établissements de plus de 20 salariés en 1994 représentant 16.723 unités bénéficiaires.

Il conclut plus loin à la sortie de 16.470 bénéficiaires, sans préciser leur équivalent en unités bénéficiaires, et explique ainsi la diminution globale de 6.600 travailleurs handicapés.

En 1993, l’enquête annuelle sur l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés précise que seulement 8.430 entrées ont été dénombrées dans les établissements assujettis et, précision utile, met en garde contre l'idée de les assimiler automatiquement à des embauches ajoutant que 9.000 sorties ont été comptabilisées.

La "survenance" ou la reconnaissance d'un handicap chez un salarié ayant déjà un emploi et présent de longue date dans l'établissement est enregistrée comme une entrée. ( c'est la présence qui compte)

Il est évident que cela masque une réalité que les statistiques que nous connaissons ne précisent pas (elles globalisent la reconnaissance de l'état de travailleur handicapé en cours d'emploi et les embauches réellement effectuées pour des personnes handicapés.

- L'emploi des travailleurs handicapés dans la fonction publique

Les résultats généraux dans la fonction publique ne sont guère plus significatifs que dans les entreprises (rapport de la cour des comptes, 1993). Les quotas d'emploi dans la fonction publique d'état ont été de 3,3% en 1988, de 3,7% en 1989, de 3,3 en 1990, et de 3,1 en 1991, avec des disparités, selon les secteurs et les activités et les catégories, très importantes.

Le décompte des travailleurs handicapés dans la fonction publique a été engagé par la direction générale de l'administration et de la fonction publique dès novembre 1987.

Des modalités identiques existent pour les établissements dépendant de la direction des hôpitaux.

Ces modalités de décompte sont légèrement différentes puisqu'elles précisent que tous les bénéficiaires doivent être décomptés pour une unité qu'ils soient employés à temps plein ou à temps partiel.

La fonction publique , peut, dans des conditions fixées par circulaire, avoir recours aux contrats de fourniture ou de prestation de service avec les établissements de travail protégé. Elle peut comptabiliser le nombre équivalant d'emplois de travailleurs handicapés.

- Secteur public ou privé : une même loi mais pas les même contraintesLes différences dans la mise en oeuvre de la loi de juillet 1987 entre le secteur privé et le secteur public sont de deux ordres :

d'une part dans l'absence de sanctions ou de pénalités financières dont nous connaissons la faible efficacité, mais qui ont l'avantage de stimuler les entreprises à fournir des statistiques justificatrices liées à la contribution financière.
d'autre part dans la non possibilité de comptabiliser des unités supplémentaires en fonction de la situation des personnes handicapées.

Les chiffres, qu'ils soient du secteur privé ou du secteur public, consacrent l'immobilisme d'une situation caractérisée par une stagnation de l'emploi des travailleurs handicapés, et l'impasse d'une stratégie qui chaque année s'avère inefficace pour modifier en profondeur la réalité.

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Effectifs des bénéficiaires de la loi dans la fonction publique d'état sur la période 1987-1991

.

Année

1987

87

1988

88

1989

89

1990

90

1991

91

effectif et %

effe

%

eff

%

eff

%

eff

%

eff

%

Affaires étrs

188

1,3

203

1,4

254

1,3

332

2,1

352

2,3

Affaires sociales

1.043

4,4

1.142

5,1

1068

4,9

1206

4,6

1074

4,5

Agriculture    

597

5,1

597

2,0

947

3,2

995

3,3

Anc combattants

334

7,6

266

6,3

254

6,3

236

6,2

221

6,1

Aviation civile

598

4,8

602

4,9

646

5,3

675

5,5

971

7,8

Coopération

4

0,0

19

0,2

19

0,3

13

0,2

13

0,2

culture

166

1,4

176

1,3

184

1,4

172

1,6

181

1,6

défense

4.248

3,1

4.299

3,2

4.264

3,3

3.284

2,6

2.944

2,6

DOM-TOM

2

0,1

1

0,1

1

0,1,

1

0,1

1

0,1

Eco   finance

9.263

4,6

7.581

,9

7.455

3,8

7.017

3,6

6537

3,5

Education    

3.1038

3,0

31

0,4

30.582

2,8

26.407

2,5

Equipement    

1.894

1,8

1.665

1,6

3.387

3,3

3.365

3,2

Indust recherche

308

3,4

111

1,2

110

0,9

817

1,7

96

1,6

Intérieur

8.298

5,7

12053

8,0

12.412

8,3

10.634

6,8

11.275

7,1

Justice

604

1,3

550

1,1

538

1,1

744

1,4

813

1,5

Mer

91

3,3

93

4,3

135

5,5

166

6,8

171

7,0

1° ministre

52

2,0

50

1,/8

27

0,9

28

0,9

25

0,8

P.T.E. (Poste)

13.658

2,7

15.389

3,0

17.116

3,4

18.067

3,8

4

0,5

Totaux

38.388

3,4

70.064

3,3

46.876

3,7

78.308

3,3

55.455

3,1

.

1.2.3.- La composition de la population
des salariés handicapés

Les traits dominants de la population des salariés handicapés restent d'une grande stabilité même si certaines tendances commencent à s'esquisser. Dans une certaine mesure, la reconnaissance de travailleurs handicapés implique des enjeux sociaux, économiques, financiers incontestables, elle devient également, ne serait-ce que sous l'aspect statut, garantie sociale, prise en charge. une sorte de valeur "refuge".

- Une grande stabilité

Pour l'essentiel il s'agit d'une population masculine (près des trois quarts) ce qui est à mettre en relation avec le fait qu'il s'agit d'une population de salariés relativement âgés,-72% des travailleurs handicapés ont plus de quarante ans,-et, avec le fait que leur handicap provient pour une part importante d'accidents du travail, et de mutilés de guerre.

L'entrée massive des femmes dans l'ensemble des activités professionnelles depuis quelques dizaines d'années, modifiera vraisemblablement, sur la durée, cette réalité. Elles sont pour la moitié d'entre elles reconnues par la COTOREP et on les retrouve davantage dans le tertiaire que dans l'industrie.

C'est une situation qui n'a rien de surprenant dans la mesure où nous observons la même similitude, entre l'évolution des caractéristiques de la population salariée et celle de la population handicapée.

Il est donc nécessaire de traiter des comparaisons avec prudence, en tenant compte de l'évolution des différentes catégories dans leurs mutations historiques, que ce soit dans la représentation statistique des ouvriers, des employés, des cadres, dans la féminisation du salariat, dans l'évolution des secteurs d'activité ou dans le type de risques liés à cette activité.

Nous pouvons affirmer, statistiquement parlant, qu'un salarié du bâtiment a beaucoup plus de probabilités d'être victime d'un accident du travail grave (et de conserver une IPP le classant dans les travailleurs handicapés) qu'un salarié d'une banque et on trouvera dans le secteur du bâtiment une proportion plus massive d'hommes et dans celui de la banque une proportion plus massive de femmes.

- La composition de la population des travailleurs handicapés ayant un emploi

Les travailleurs handicapés ayant un emploi sont pour l'essentiel des hommes et des femmes qui sont devenus "handicapés" à la suite d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle.

La pratique la plus courante a consisté pendant une longue période à une conservation partielle du personnel plus ou moins valide ou victimes d'accidents du travail et maladies professionnelles dans la mesure où le "handicap" n'entraînait pas de difficultés majeures pour l'activité professionnelle, c'est ce qui explique leur nombre important.

On peut considérer que les chiffres évoluent aussi en fonction d'un recours plus systématique à la COTOREP, même s'il s'agit d'une victime d'un accident du travail ou de maladie professionnelle dans la mesure ou la notion de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé prime très souvent dans les démarches administratives.

La législation qui s'est développée entre 1982 et 1992, plus favorable au maintien dans l'emploi, et les incitations financières accordées aux entreprises qui assurent ce maintien, pourrait infléchir la courbe actuelle, marquée par une diminution sensible de leur part dans les emplois occupés par les travailleurs handicapés.

Enfin, les travailleurs handicapés "accidentés du travail" ont un taux d'incapacité permanente compris entre 10% et 66,6% pour 98% d'entre eux, ce qui laisse peu de place pour des handicapés plus "lourds". Quant aux personnes reconnues par la COTOREP, elles se répartissent de la façon suivante : 27% en catégorie A - 51% en catégorie B - et 22% en catégorie C.

.
Emploi des travailleurs handicapés, secteurs privé et semi-public par catégorie en 1992

 

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Les 254.700 bénéficiaires déclarés en 1992 correspondent à différentes catégories de statut : les travailleurs handicapés reconnus par la COTOREP étaient 89.400 (35,1%) les accidentés du travail 131.000 (51,0%) Les invalides pensionnés 15.000 (9%) les mutilés de guerre et assimilés 13.000 (4,9%).

.

Les bénéficiaires de l’obligation d’emploi dans les établissements privés et semi-publics en 1992

.

Travailleurs handicapés

Effectifs

%

Unités Bénéficiaires correspondantes

COTOREP catégorie A

14.400

9%

U.B.P.= 27.500

COTOREP catégorie B

45.200

18%

U.B.P.= 70.500

COTOREP catégorie C

19.800

8%

U.B.P.= 49.400

S/Total

89.400

35%

U.B.P.=147.500

A.T.=ipp 10%-66%

126.100

50%

U.B.P.=130.400

A.T.=ipp 66%-85%

3.000

1%

U.B.P.= 4.100

A.T.=ipp + de 85%

800

0%

U.B.P.= 1.900

S/Total

129.900

51,08

U.B.P.=130.400

Invalides pensionnés

22.800

9%

U.B.P.= 19.900

Mutilés de guerre....

12.600

5%

U.B.P.= 12.400

Ensemble

254.700

100%

U.B.P.=310.200

 

A.T.= accident du travail IPP= incapacité partielle provisoire
UBP unité bénéficiaire proratisée

.

        Une situation de l'emploi qui stagne, une progression importante du chômage, empreint par la durée, une précarité qui se développe sur un fond d'évolution forte du nombre de reconnaissances de travailleurs handicapés.

- Les personnes handicapées au chômage.

Les derniers chiffres statistiques nationaux de l'A.N.P.E. (source direction nationale de l’A.N.P.E.) que nous avons traités sont de février 1996 , ils comptabilisent 144.545 personnes handicapées inscrites en fin de mois comme demandeur d’emploi, et confirment que la progression du nombre de travailleurs handicapés est loin de s’infléchir.

Sur les 157.678 demandeurs prioritaires desquels il convient de soustraire les 13.132 veuves de guerres et orphelins, il reste 144.545 travailleurs handicapés contre 114.933 en fin décembre 1994 soit une augmentation de 29.612 unités (+ 25,7%). A  fin décembre 1987 la D.E.F.M. (demande d’emploi en fin de mois) était de 33.655 hommes (74,8) et 11.325 femmes (25,2%) soit un total de 44.970 D.E.F.M. Ainsi de fin décembre 1987 à février 1996 la progression est de 221,4% .

Dans le même temps le nombre de chômeurs "travailleurs handicapés" et la durée du chômage ont fait un bon en avant, ainsi la durée moyenne de chômage est passée en 1990 à 734 jours pour les travailleurs handicapés demandeurs d’emploi à plein temps (catégorie 1), contre 373 jours pour l’ensemble des demandeurs d’emploi.

Enfin l’inscription à l’A.N.P.E. ne reflète qu’imparfaitement la réalité dans la mesure où, elle est jugée vaine a priori par certains, en regard, notamment des rémunérations escomptées.

Dans ces conditions, l'emploi apparaît plutôt hypothétique, peu crédible même, face à une situation du marché du travail de plus en plus précaire.

Au delà des démarches difficiles et infructueuses s'ajoute une durée d’attente importante dans la plupart des cas (chômage). Malgré les obstacles qui jalonnent la recherche d'un emploi d'une personne handicapée, Il est à souligner la constance de ces demandeurs qui s'accrochent à cet espoir.

Les chiffres de l'agence nationale pour l'emploi apportent la démonstration qu'ils se mobilisent pour un travail, et pour un travail stable, mais qu'ils expriment aussi une attente très forte pour un emploi à temps plein (catégorie 1) et à contrario soulignent la faiblesse de la demande pour un emploi à durée déterminée 1,4%.

 

Demandeurs d’emploi, travailleurs handicapés par catégories au 31/ 12/ 1994.
.

CATEGORIE

Travailleurs handicapés

% de travailleurs handicapés

% D.E.F.M.

CAT 1

92.818

80,8%

88,8%

CAT 2

20.558

17,9%

8,6%

CAT 3

1557

1,4%

2,6%

TOTAL

114933

100%

100%

La catégorie 1 correspond à la demande d’un emploi à plein temps
La catégorie 2 à la demande d’un emploi à durée indéterminée et à temps partiel 
La catégorie 3 correspond à la demande d’un emploi à durée déterminée
D.E.F.M. = demande d’emploi en fin de mois

__________________________________________________________________________________

Demandeurs d’emploi travailleurs handicapés par ancienneté catégorie 1 à fin février 96 au chômage La catégorie 1 correspond à la demande d’un emploi à plein temps

ANCIENNETE

T.H.

% T.H.

% DEFM

Moins de 3 mois

18.465

19,9 %

25,7 %

De 3 mois à moins de 6 mois

13.247

14,3 %

19,0 %

De 6 mois à moins de 1 an

17.405

18,8 %

18,9 %

De 1 an à moins de 2 ans

20.653

22,3 %

21,5 %

De 2 ans à moins de 3 ans

9.632

10,4 %

8,5 %

3 ans et plus

13.416

14,5 %

6,4 %

TOTAL

92.818

100 %

100 %

.
Les employeurs trouvent sur le marché du travail, une population disponible importante, y compris handicapée, qui accepte de plus en plus une précarité dans le statut et la durée de l'emploi. Ils sont tentés d'utiliser de façon optimale les aides financières qui découlent de dispositifs mettant de plus en plus en concurrence les différentes catégories de demandeurs d'emplois.
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