Budget 99 de l'emploi et de la formation professionnelle |
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| Intervention
de madame la ministre de l'emploi et de la solidarité.
Assemblée Nationale le 10 novembre 1998 Monsieur le président, Jai lhonneur, avec Nicole PERY, de présenter à votre assemblée les crédits de lemploi et de la formation professionnelle pour 1999. Depuis un an et demi, le Gouvernement sest donné pour priorité essentielle lemploi et la lutte contre le chômage. Cet objectif répond à lattente la plus forte, la plus largement partagée, la plus fondamentale de nos concitoyens. Plus que dune attente, qui peut être aussi indéterminée quun vu ou un espoir, il sagit dune exigence précisément adressée aux responsables politiques, pour quils sachent et quils osent proposer et construire des réponses concrètes, efficaces et novatrices. Pour ma part, je perçois à chaque instant cette interpellation, qui dément lopinion trop répandue que les gens nattendent plus rien du politique. Je suis convaincue quil nen est rien, que le scepticisme nest pas la chose du monde la plus répandue, et que le fondement le plus solide de la confiance dans la société ou dans léconomie est la confiance dans la politique. Mais une volonté politique nest crédible quaccompagnée dactes concrets. Et quoi de plus concret, au-delà de la technique, que les choix budgétaires ? Il est vrai que faire un budget, cest dabord se heurter à des contraintes. Aussi bien les contraintes héritées des choix passés - et lon sait quen matière de dispositifs demploi linertie financière est forte -, que les contraintes que lon se donne, comme limpératif de la maîtrise des déficits publics. Mais faire un budget, cest surtout faire des choix, savoir dégager des marges de manuvre pour les financer, donner aux services qui les mettront en uvre les moyens de les assumer, enfin veiller à ce quils ne se diluent pas au cours de lexécution. Comme celui de 1998, le budget 1999 est porteur dune approche offensive et active du problème du chômage. M. BAPT, vous avez parlé dun tournant en ce sens. Je dirais aussi que cette approche est confortée cette année par une double dynamique. Celle de la reprise de la croissance et de lamélioration de la situation de lemploi, et celle que donnent à notre action les lois majeures votées depuis le début de cette législature : le dispositif emplois jeunes, la loi dincitation à la réduction du temps de travail et la loi de lutte contre les exclusions. La situation économique et sociale de notre pays saméliore. La croissance est relancée sur la base solide de la demande intérieure, que nous avons alimentée en soutenant le pouvoir dachat des ménages. La zone de stabilité que constitue lEurope amortit les aléas internationaux. Les créations demplois reprennent dans le secteur marchand, et le recul tendanciel du chômage se confirme, avec en septembre 173.000 chômeurs de moins que le point haut de juin 1997. Le chômage des jeunes a reculé de 12 % en un an, le chômage de longue durée amorce sa décrue (moins 12.000 en septembre) et les licenciements économiques ont baissé de plus de 22 % sur un an. Mais la croissance économique ne suffit pas à faire reculer durablement le chômage. Et surtout, la croissance est en réalité un processus inégalitaire, qui laisse en marge ceux qui sont trop peu formés, trop fragiles ou éloignés de lemploi pour en tirer directement les bénéfices. Sa tendance spontanée est de générer dabord plus demplois précaires, comme le montre la progression inquiétante des contrats à durée indéterminée et de lintérim. Non seulement la croissance ne permet pas de faire léconomie dune politique active de lemploi, mais il faut absolument laccompagner de mesures structurelles pour enrichir son contenu en emplois, contrer la précarité et offrir des solutions durables de retour à lemploi à tous ceux qui en restent exclus. En dautres termes, la politique de lemploi doit jouer sur deux registres à la fois : agir sur le développement de lemploi par des politiques structurelles, et travailler sans relâche à linsertion de ceux qui ont le plus de difficultés pour accéder à lemploi. Telle est la logique du budget de lemploi pour 1999, et la justification de sa progression importante de 4 %, presque deux fois plus que la hausse générale du budget de lEtat, qui le porte à 161 milliards 85. Avant den détailler le contenu, et pour illustrer mon propos sur le volontarisme en matière budgétaire, je voudrais rappeler que le total des mesures nouvelles sélève à 17 milliards, dont 13 pour les trois priorités majeures à financer en 1999 - emplois jeunes, réduction du temps de travail, programme de lutte contre les exclusions -, à mettre en regard dune augmentation nette du budget de 6 milliards 260. Cest dire limportance du travail dajustement et de redéploiement opéré pour financer nos choix. 1 Le premier objectif que je me suis assigné est de mettre en place les moyens nécessaires aux politiques structurelles de développement de lemploi. a) Laide à la réduction du temps de travail, tout dabord : cest la novation de 1999, même si le budget 1998 préfigurait le dispositif sous la forme dune provision incluse dans un chapitre du budget des charges communes, désormais réintégré dans le budget de lemploi. Lobjectif des 35 heures va enclencher une dynamique puissante pour la création demplois ou leur préservation dans les secteurs menacés. [M. GREMETZ,], nous navons pas encore le recul nécessaire pour faire un premier vrai bilan. Mais les résultats sont bons quatre mois seulement après lentrée en vigueur du dispositif quand on sait le temps quil faut pour parvenir à un accord. A la fin du mois doctobre, 523 accords de réduction du temps de travail avaient été signés, concernant 62.846 salariés et 8 % demplois créés (4.940) ou sauvegardés. Plus encore que ces résultats, cest la dynamique de la négociation à luvre qui est remarquable. Il y a un mois, un sondage SOFRES Usine nouvelle montrait que déjà près de 20 % des entreprises négociaient, et 20 % annonçaient quelles entameront une négociation prochainement. Les chiffres sont encore plus élevés dans les grandes entreprises : 40 % des plus de 200 salariés négocient, 20 % sapprêtent à le faire. Quand on se souvient que la loi ROBIEN, en trois ans, a concerné 2 % seulement des salariés du secteur marchand, on mesure le chemin parcouru. Il est néanmoins trop tôt encore pour faire une prévision des crédits qui seront consommés en 1998 et 1999. Cest la raison pour laquelle nous avons raisonné en termes de provision pour cette année encore. La provision inscrite au PLF pour laide incitative se monte à 3 milliards et demi. Elle sera complétée par les reports de crédits inutilisés de la provision 1998, et permettra la montée en charge du dispositif. En outre, 200 millions sont prévus pour apporter une aide financière à lélaboration des conventions. A lissue de la concertation avec les partenaires sociaux, il a été convenu dune méthode de travail pour examiner les conditions dans lesquelles les économies générées par la RTT pour les régimes de protection sociale pourront être recyclées. Un bilan sera fait en cours dannée pour faire le point des créations demplois induites par la RTT, lévolution des salaires, et au total les recettes supplémentaires des régimes. Des décisions seront prises au vu de ce bilan partagé et après une nouvelle concertation des partenaires sociaux. b) Le deuxième élément clé de la politique de développement de lemploi est le programme " emplois jeunes ", qui est en train de faire la preuve de sa réussite. La création des nouveaux services se développe à un rythme soutenu : fin octobre, 143.433 emplois étaient déjà créés dans le cadre du programme, dont 75.000 dans les associations, les collectivités locales et les établissements publics, 60.000 dans léducation nationale et 8.250 dans la police nationale. Ce rythme de montée en charge montre que les objectifs de 150.000 emplois créés à la fin de cette année et de 250.000 à la fin de 1999 sera atteint. Jen tire aussi la conviction que la loi atteint son but, qui est de répondre à des besoins importants de nouveaux services qui, dutiles, vont peu à peu se révéler indispensables et finalement solvables, et de permettre aux jeunes de trouver une situation durable et de reprendre confiance en exerçant une activité dutilité sociale. Certains ont pu craindre au départ que les recrutements privilégient les jeunes surqualifiés. Or ce nest pas le cas : 30 % des jeunes embauchés nont pas de qualification ou au plus un CAP, les deux tiers ont une formation de niveau égal ou inférieur au bac. Les jeunes des quartiers, à qui le programme de lutte contre les exclusions prévoit de réserver 20 % des emplois, trouvent aussi leur place dans ce programme, grâce aux efforts réalisés dans la périphérie des grandes villes, moins pour mobiliser ces jeunes car ils sont comme partout ailleurs capables et désireux de travailler, que pour appuyer le montage des projets. Le coût total 1999 pour le budget de lemploi devrait être de 17 milliards, ramenés grâce aux reports de crédits à 14 milliards 300, dont 380 MF sont transférés au FEDOM et 125 MF consacrés à lingénierie des projets. c) Lallégement des charges patronales sur les bas salaires peut et doit également contribuer au développement de lemploi. Lobjectif dengager une réforme des cotisations sociales patronales afin dassurer un financement de la sécurité sociale plus juste et plus favorable à lemploi a été réaffirmé dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Il donnera lieu au dépôt dun projet de loi avant la fin du premier semestre 1999, dans le rapport annexé à larticle 1. Cette réforme devra sopérer sans prélèvement sur les ménages et sans accroître globalement les prélèvements sur les entreprises. Un amendement adopté par votre assemblée, accepté par le gouvernement, a exprimé le vu quun projet de loi soit déposé avant la fin du premier semestre 1999. Dans cette perspective, la concertation se poursuit avec les partenaires sociaux qui ont confirmé leurs attentes en ce domaine. Même si les avis divergent sur les moyens dy parvenir, un large consensus sest déjà exprimé sur les objectifs que nous nous fixons. Il faudra tenir compte des allégements existants en tenant compte des nombreuses critiques qui sélèvent contre leffet de trappe à bas salaires créé par la ristourne dégressive. Pour le moment, ce dispositif de " ristourne dégressive " est reconduit dans le budget 1999 dans la configuration adoptée en 1998. La dotation à ce titre est portée dans le budget 1999 à 43 milliards. 2 - Le deuxième axe de ce budget consiste à concentrer les dispositifs sur les publics les plus éloignés de lemploi. Cest tout lenjeu de la lutte contre les exclusions et du " nouveau départ " mis en exergue par le Plan national pour lemploi adopté par la France à la suite du sommet de Luxembourg de novembre 1997. Je voudrais ici répondre à ceux dentre vous, nombreux [M. GREMETZ..], qui mont demandé où en sont les textes dapplication de la loi de lutte contre les exclusions. Les décrets et les circulaires du ministère de lemploi et de la solidarité, quil sagisse de la réduction du temps de travail ou des emplois jeunes, ont été publiés dans la semaine qui a suivi la promulgation de la loi. Lexercice a nécessairement demandé plus de temps sagissant de la loi exclusions. Cest en effet un texte de grande ampleur, 159 articles, plus de 50 milliards sur deux ans. Tous les domaines sont concernés, 19 ministères sont impliqués. La publication des textes a commencé dès la promulgation de la loi le 29 juillet, et même avant pour certains. - Trois textes sont sortis entre le 1er et le 30 juillet : instruction de préparation du programme TRACE, circulaire sur la mise en place des commissions daide sociale durgence, les CASU (complétée le 30 octobre), circulaire du directeur général de lANPE sur la mise en place des nouveaux départs. - Le 25 septembre, instruction générale aux préfets sur la méthode de travail et les priorités à très court terme. - Du 12 au 15 octobre, quatre textes : décret sur les primes des contrats de qualification et sa circulaire, composition et présidence du Comité national des missions locales, le CNML, circulaire sur les comités de liaison auprès des échelons déconcentrés de lANPE et de lAFPA. - Du 22 au 26 octobre, consultation du CNML sur la circulaire TRACE et publication, circulaire conjointe avec le secrétariat dEtat au logement sur la continuité des allocations logement (passage de lallocation temporaire de logement à laide personnalisée au logement), décret sur le cumul du RMI avec la " petite " allocation pour jeune enfant (pendant la grossesse) et la majoration dâge à 10 et 15 ans des allocations familiales. Le décret contrat de qualification adultes est dans le circuit des signatures. Les décrets sur la création dentreprise par les jeunes et les bénéficiaires des minima sociaux, sur la refonte des CES et des CEC, sur le cumul entre minima sociaux et revenus dactivité professionnelle, sur le saturnisme sont à lexamen au Conseil dEtat. Reste à finaliser les décrets insertion par léconomique, mais je rappelle que la loi prévoit une entrée en vigueur au 1er janvier 1999, ce qui laisse un peu de temps. En résumé, aujourdhui, la majorité des textes ont été publiés ou sont sur le point de lêtre ; la plupart des dispositions concernant les moyens dexistence des bénéficiaires des minima sociaux sont en vigueur depuis plusieurs mois déjà, jy reviendrai ; les dispositifs les plus importants, tels que ceux qui concernent laccès à lemploi des personnes les plus en difficulté, accueillent déjà les premiers bénéficiaires. Quant aux crédits annoncés en mars, ils trouvent intégralement leur place dans le budget 1999.
2-1 Trois milliards 200 millions de mesures nouvelles sont consacrés aux dispositifs nouveaux ou remodelés pour assurer un processus durable de retour à lemploi des personnes, tant adultes que jeunes, qui en sont le plus éloignées et les aider à sortir de la logique dassistance. a) Le premier de ces dispositifs est le contrat emploi consolidé. Le nombre de CEC ouverts en 1999 est porté à 60.000, le double de ce qui était budgété en 1998, et le taux daide est porté à 80 % sur les cinq ans du contrat pour les personnes qui nont pas dautre solution pour accéder à lemploi. Lenveloppe 1999 est de 5 milliards 250, en hausse de 2 milliards 100. b) Lélargissement du contrat de qualification aux adultes sans qualification, prévu à titre expérimental par la loi de lutte contre les exclusions est mis en place et financé à hauteur des 349 MF nécessaires lexonération des charges et à loctroi de primes à lembauche pour 10.000 contrats. Mme PERY développera plus avant les objectifs et les modalités de ce dispositif axé sur la prévention de lexclusion des jeunes adultes qui nont pas eu accès à temps aux différents cycles de formation. Le décret est dans le circuit de signature, je lai dit, et je lai pour ma part paraphé ainsi que Nicole PERY. Plusieurs branches se sont manifestées pour participer au développement de ce contrat, et le bâtiment a déjà signé un accord pour 1.000 contrats. c) Troisième dispositif majeur de la loi exclusions, le programme TRACE permettra daccueillir 40.000 jeunes particulièrement touchés par des difficultés daccès à lemploi. [M. DESTOT intervient sur TRACE et le réseau des missions locales : la suite à adapter en fonction du contenu de son intervention, pas encore connue.] Linsertion des jeunes en difficulté passe par une approche individualisée et des réponses personnalisées qui dépassent les clivages traditionnellement observés, tant entre emploi et formation, quentre insertion professionnelle et insertion sociale. Nous savons tous par expérience que ceci est particulièrement difficile. Les élus, particulièrement les maires, sont confrontés quotidiennement aux problèmes demploi, de marginalisation des jeunes. Aussi lEtat doit-il sengager résolument à leurs côtés, en recherchant la complémentarité et non la concurrence. Cest dans cet esprit que nous avons conçu le programme TRACE, qui a pour objet de proposer aux jeunes qui cumulent des difficultés professionnelles et sociales des parcours dinsertion pouvant aller jusquà 18 mois. Avec lappui de lANPE, le réseau des missions locales et PAIO assurera le pilotage et le suivi de ces parcours vers lemploi. En effet, tout en étant pleinement inscrit dans les objectifs et les missions du service public, ce réseau a un atout essentiel, qui le fonde, le partenariat entre les collectivités territoriales et lEtat. Au total, 267 MF de crédits nouveaux consacrés spécifiquement à TRACE, dont 147 MF sur le budget de lemploi pour financer le suivi des parcours, par le réseau ou confié à des opérateurs externes, et 120 MF sur le budget solidarité pour abonder les Fonds dAide aux Jeunes afin dapporter une aide matérielle aux jeunes les plus démunis dans les intervalles entre deux contrats ou stages de formation. Au-delà de ce renforcement des moyens daccompagnement, lEtat mobilisera pour TRACE des moyens très importants pendant le parcours, puisque les jeunes auront une priorité daccès aux dispositifs de la politique de lemploi (CES, contrats dorientation, insertion par léconomique), et à lissue du parcours à travers les emplois jeunes, les contrats en alternance, la création dentreprise, et bien entendu les offres demplois de lANPE. Cet effort ne prendra tout son sens que si les collectivités locales participent activement au programme, les conseils régionaux notamment pour leur compétence de droit commun en matière de formation professionnelle des jeunes et les conseils généraux, qui financent également le réseau daccueil et jouent un rôle clé en matière daction sociale. Lenjeu est de faire une place à tous les jeunes : il vaut bien que lon dépasse les querelles de compétence et les clivages politiques. Cest pour cette raison que le Gouvernement a souhaité que les collectivités locales sengagent à même hauteur que lEtat pour renforcer le réseau en moyens opérationnels et humains. Le Gouvernement attend également que les collectivités locales donnent, comme lEtat va le faire, un accès prioritaire aux mesures et dispositifs qui sont les leurs, quil sagisse des FAJ ou des actions de formation professionnelle. Je sais que sur ces principes il y a un large accord, je sais que dans nombre de régions les discussions sont largement avancées. Je souhaite que nous puissions concrétiser rapidement ces accords. Encore une fois, TRACE nest pas une remise en cause de la décentralisation ; au contraire, ce programme pourra la conforter en articulant mieux les compétences des collectivités locales et celles de lEtat au profit des jeunes. TRACE nest pas un programme du Gouvernement financé par les collectivités locales ; cest un outil qui est mis à la disposition des collectivités qui voudront sen saisir, cest une opportunité pour elles de démultiplier leur action. d) Les entreprises dinsertion seront soutenues et dynamisées [intervention GREMETZ sur la précarité, et sans doute dautres. Vous devrez y revenir pour répondre en 2ème partie à une question de DELNATTE RPR.] Les dernières années ont été difficiles pour le secteur de linsertion par léconomique. Après une période de croissance rapide enclenchée en 1992, le développement du secteur sest interrompu, malgré le développement de la précarité. Entre 1995 et 1997, le nombre dentreprises dinsertion et dassociations intermédiaires a même globalement baissé, seules les entreprises de travail temporaire dinsertion ont continué sur leur lancée. Les restrictions budgétaires, tant en ce qui concerne linsertion par léconomique que laction sociale, ont pesé sur la viabilité des structures, au point que certaines ont dû cesser leur activité. Ces restrictions budgétaires ne sont pas sans lien avec les contestations grandissantes de ceux qui, pointant du doigt les aides publiques sans voir leffort en matière dinsertion, voulaient interdire les activités marchandes. Il nous fallait, pour relancer le mouvement et apporter une réponse à la hauteur des enjeux, clarifier le rôle de linsertion par léconomique, lever les ambiguïtés qui pesaient sur leur développement, créer de nouveaux outils et améliorer ceux qui existaient. Il fallait enfin renforcer les moyens financiers. Tous ces outils, nous les avons désormais grâce à la loi du 29 juillet. Avec pas moins de 8 articles sur les 25 articles que comprend le volet emploi, linsertion par léconomique a trouvé la place qui lui revenait au sein du code du travail. Son objet est clarifié, le contact avec le service public de lemploi est renoué au travers du système dagrément délivré par les agences locales de lANPE, un cadre légal est donné à la démarche conventionnelle entre les acteurs de terrain, les structures dinsertion par léconomique, les services déconcentrés de lEtat, les agences locales pour lemploi, les partenaires sociaux. La coordination de linitiative locale sera assurée par le conseil départemental de linsertion par léconomique élargi aux partenaires sociaux et aux élus. Jaurai loccasion de revenir sur tous ces points à la faveur de vos questions. Pour le moment, je voudrais insister sur les moyens sans lesquels cette architecture tournerait à vide, et que nous avons mis en place dans ce budget. Avec 746 MF, le budget 1999 prévoit un quasi doublement des crédits, tandis que le Fonds social européen apportera 280 MF pour contribuer à la première étape vers le doublement des PLIE. Au-delà, la montée en charge des moyens est prévue dans le programme de prévention et de lutte contre les exclusions, pour plus de 3 milliards au total sur 1999-2000. Les aides sont harmonisées, renforcées et simplifiées pour une meilleure efficacité et une plus grande transparence : - Les structures du secteur marchand bénéficieront toutes dune exonération totale de cotisations patronales de sécurité sociale alors que lexonération nétait que de 50 % pour les entreprises dinsertion et avaient disparu pour les entreprises dintérim dinsertion. 363 MF sont inscrits à ce titre. - Les aides aux postes dinsertion sont désormais unifiées : 50.000 F par poste dans les entreprises dinsertion et 120.000 F par poste dencadrement dans les ETTI, et les circuits de paiement simplifiés, le versement étant assuré par la seule délégation à lemploi. La ligne budgétaire est créée avec 338 MF. - Enfin sont créés, et dotés de 75 MF, des fonds départementaux dinsertion par léconomique destinés à financer le développement des initiatives locales ingénierie des projets, aide au démarrage et la consolidation des structures. 2-2 Les dispositifs classiques sont recentrés sur leur vocation première, laccès à lemploi de ceux qui nont pas dautres solutions. Les dispositifs classiques de la politique de lemploi (CES, CIE, stages ) ont trop souvent été utilisés pour faire face au déficit global demploi. Or, on sait que ces outils sont peu adaptés pour cet objectif : - au-delà des effets très conjoncturels, les effets daubaine et de substitution aboutissent à un effet sur lemploi très modeste ; - si, pour des personnes en grande difficulté, lemploi aidé est indispensable pour amorcer le retour à lemploi, pour les autres, on constate que laccès à lemploi nest pas plus facile après quavant (le CES nest pas forcément un point fort sur un CV). Face à ce constat largement partagé, nous avons, je lai dit, défini une stratégie nouvelle pour créer des emplois, fondée sur des mesures structurelles : le soutien de la croissance, les 35 heures, les emplois jeunes, la réforme du financement de la sécurité sociale. Ceci nous permet, par un recentrage actif des dispositifs classiques sur les personnes qui en ont réellement besoin, daugmenter le nombre demplois disponibles pour les personnes qui nont pas accès directement à lemploi classique, tout en faisant des économies sur lenveloppe globale. a) Les contrats emploi solidarité sont recentrés sur leur véritable fonction, qui est de préparer le retour à lemploi des personnes qui ont perdu le contact avec le monde du travail. Lamélioration de lemploi a conduit à entamer cette démarche dès 1998. Sur les 500.000 CES budgétés en 1998, 450.000 seront mis en place. Mais en augmentant de 56 % à 67 % la proportion des chômeurs de longue durée, le nombre de CES qui leur est réservé sera passé de 280.000 à 300.000. Il ne sagit pas dune simple déclaration dintention ; ce taux de 67 % était déjà atteint à la fin du mois de juin. Leffort saccentuera en 1999, puisque 75 % des 425.000 CES ouverts seront ciblés sur les publics prioritaires, soit 318.700 places. Ce recentrage génère une économie de 1 milliard 7 : la dotation CES en 1999 est de 9 milliards 9 contre 11 milliards 6 en 1998. Je nignore pas cependant [BOULARD ? rapport pas parvenu mais probable] que dans certains endroits, des difficultés sont apparues et que la programmation des enveloppes, désormais laissée à une plus grande initiative des services déconcentrés dans le cadre du service public de lemploi, a pu accuser un certain retard par rapport aux objectifs. Cest la raison pour laquelle jai demandé à mes services dopérer les ajustements nécessaires, tout en maintenant lobjectif de privilégier laccès à lemploi des personnes qui en sont le plus éloignées, soit par leurs difficultés propres, les personnes handicapées notamment, soit par la durée de leur chômage antérieur. a) La même démarche prévaut pour les contrats initiative emploi (CIE). [G. GORCE interviendra sur le ciblage des CIE et des SIFE, à compléter en fonction du contenu précis de son propos] La croissance de lemploi dans le secteur marchand autorise à diminuer les entrées 1999 à 180.000 contre 200.000 en 1998 ; dans le même temps, lobjectif dinsertion des publics prioritaires est accru. En termes budgétaires, la dotation a été fortement réduite pour tenir compte de laugmentation constatée du taux de rupture des contrats. Léconomie induite est de 3 milliards 6 et permet de limiter à 9 milliards 5 le montant de lenveloppe 1999. c) Enfin, loffre de stages du FNE pour les chômeurs de longue durée est revue en baisse pour les SIFE (145.000 contre 160.000) et pour les stages daccès à lentreprise (30.000 contre 40.000), en raison du développement dautres possibilités daccès à lemploi (contrats de qualification adultes, emplois jeunes) et pour éviter les effets daubaine, plus forts en période de reprise de lemploi. Cette stratégie de recentrage actif est appliquée y compris aux mesures dont le volume est globalement en hausse : CEC, contrats de qualification et dapprentissage, par une modulation des avantages liés à ces contrats en fonction des difficultés des personnes et par un meilleur pilotage par le service public de lemploi. Au total, entre fin 1997 et fin 1999, le nombre des contrats pour les personnes qui nont pas accès à lemploi classique augmentera de 120.000, soit : - 70.000 pour les CES et les CEC - 40.000 contrats de qualification pour les jeunes les moins qualifiés - 10.000 contrats de qualification pour les adultes - stabilisation pour les stages chômeurs de longue durée et les CIE, le recentrage compensant la baisse des flux. 2-3 Le troisième élément de cette stratégie consiste à faciliter les transitions des minima sociaux vers lemploi en prenant mieux en compte les contraintes financières. Les inquiétudes des bénéficiaires de minima sociaux font parfois obstacle à la reprise demploi : inquiétude de ne pas retrouver leur allocation si lemploi savère précaire, inquiétude de ne pas pouvoir faire face aux frais supplémentaires de déplacement, de vêtements, de garde denfants le cas échéant. Cette situation nétait pas acceptable, et cest la raison pour laquelle nous avons engagé dans la loi exclusions une réforme dampleur des cumuls de revenus des minima sociaux et dune activité salariée. La rédaction des textes a demandé du temps en raison de la grande diversité des situations quil faut prendre en compte (reprise dune activité stable, alternance rapide de périodes demploi à temps plein, de chômage total, dactivités très réduites ) et des différents modes de gestion des minima sociaux, trimestrielle décalée pour le RMI et lAPI, mensuelle en temps réel pour lASS, semestrielle enfin pour lassurance veuvage. Le dispositif est maintenant prêt, le texte est au Conseil dEtat. Compte tenu des délais techniques de mise en uvre, il devrait intervenir dici un mois. - Les mécanismes propres au RMI et à lASS sont renforcés, avec 3 mois de cumul intégral sous certaines conditions, puis 50 % sur les 9 mois suivants, soit un an au total (contre 750 heures actuellement). - Ce mécanisme sappliquera à lallocation de parent isolé et à lallocation dassurance veuvage alors que jusquici aucun cumul nétait possible pour ces deux minima. 3 - Au-delà des dispositifs de la politique de lemploi, ce budget porte également le financement des préretraites et des revenus de remplacement, qui représente une masse importante de près de 17 milliards. Le même souci defficacité et de justice sapplique à cet aspect de notre politique. a) La contribution de lEtat au financement des plans sociaux ne doit pas conduire la collectivité à se substituer aux responsabilités des entreprises. Nous poursuivons donc en 1999 le raffermissement des conditions daccès aux préretraites FNE. Le freinage antérieur, conjugué à la diminution des entrées prévues (18.000 au lieu de 20.000 AS-FNE et 25.000 préretraites progressives) et la contribution financière plus importante demandée aux entreprises bénéficiaires qui sont en capacité de lassumer, expliquent que la dotation baisse de 4 milliards et demi (6 milliards 8 contre 11 milliards 3 au total). M. GREMETZ, vous avez évoqué la question des licenciements. Je me suis déjà exprimée dans cette enceinte sur le fait que, même si dans une économie ouverte comme la nôtre, des licenciements peuvent se justifier, par exemple en cas de perte de marchés, il est de la responsabilité des pouvoirs publics dapprécier la réalité du motif invoqué pour les justifier. Or, à lévidence, tous les motifs ne sont pas recevables, comme dans le cas où une fermeture dusine est décidée dans le but de délocaliser la production, a fortiori quand lentreprise avait bénéficié daides publiques pour sinstaller. Dès mon arrivée au ministère, le 17 juillet 1997 exactement, jai donné aux préfets et aux services déconcentrés des instructions fermes de vigilance, le plus en amont possible, sur les procédures de licenciement et le contenu des plans sociaux. Chaque plan social fait lobjet dun examen particulier de la part de linspection du travail, qui dispose depuis 1993, comme vous le savez, du pouvoir de constater labsence ou linsuffisance du plan social. Au surplus, à votre initiative, M. GREMETZ, la loi exclusions a donné la possibilité à ladministration du travail de suivre lexécution des plans sociaux. Pour dissuader les entreprises qui voudraient se débarrasser de leurs salariés les plus âgés et qui ont le plus de difficultés à se reclasser sans avoir à négocier de préretraites avec lEtat, jai décidé de renforcer le dispositif actuel et de doubler le montant de la contribution dite " Delalande " que doivent verser ces entreprises aux ASSEDIC. Une préretraite, accessible à partir de 57 ans, voire 56 ans par dérogation, est en effet aujourdhui deux fois plus coûteuse, dans les grandes entreprises, quun licenciement " sec ". Ce phénomène a été aggravé en 1997 par la mise en place de lACA, qui améliore lindemnisation chômage des personnes ayant plus de 40 ans de contribution au régime dassurance vieillesse. Résultat : entre 1994 et 1997, les entrées au chômage de salariés de plus de 55 ans sont passé de 55 000 à 71 000, malgré la mise en place de lARPE. Pour mieux protéger les salariés âgés, et éviter de faire payer les restructurations à la collectivité lorsque les entreprises ont la capacité den assumer le coût, un rééquilibrage était nécessaire. Jai donc décidé, après avoir consulté les partenaires sociaux, de doubler la contribution Delalande. Aujourdhui, la contribution est de 1 mois à 50 ans et augmente, progressivement pour éviter les effets de seuil, jusquà 6 mois à 56 ans et au-delà. A partir du 1er janvier 1999, par décret, le taux sera porté à deux mois de salaire à 50 ans et augmentera progressivement jusquà 12 mois de salaire à 56 et 57 ans. Il sera ensuite dégressif jusquà 60 ans, le coût pour la collectivité étant dautant moins élevé quon se rapproche de lâge de la retraite. Ce nouveau barème ne sappliquera toutefois pas aux petites entreprises, pour lesquelles le phénomène de contournement est marginal. Ainsi, les moins de 20 salariés continueront à être exonérées pour le premier licenciement dans une période de 12 mois, les 20-50 resteront sur le barème actuel. Je voudrais dire à ceux qui sinquiètent déventuels effets pervers conduisant à freiner les embauches de salariés âgés, quen 1992, nous avions mis en place une exonération pour les chômeurs de plus 50 ans embauchés après le 9 juin 1992. Ce cas dexonération demeure. Il y a donc bien une incitation à embaucher des chômeurs de plus de 50 ans et non le contraire, puisque la contribution Delalande nest pas due dans ce cas, elle ne vaut que pour les salariés de plus de 50 ans embauchés avant 1992. Jai également décidé dassujettir les conventions de conversion à la contribution Delalande. Ce dispositif est en effet de plus en plus utilisé pour contourner les préretraites et non pour le reclassement des salariés : entre 1994 et 1997, le nombre de salariés de plus de 50 ans en convention de conversion est passé de 10% à 17,5% ; laugmentation est particulièrement importante dans la tranche des plus de 55 ans qui a été multipliée par 4 sur la même période (de 1,3% à 5,2%). Cette mesure interviendra dès que nous aurons un support législatif, vraisemblablement le prochain DMOS. Le produit de cette contribution ira alimenter les crédits des préretraites. Jajoute enfin que le dispositif dincitation à la réduction du temps de travail du 13 juin 1998 apporte un nouvel outil à la lutte contre les licenciements économiques puisquil permet à des entreprises confrontées à des difficultés économiques et qui sengagent, par accord, à réduire la durée du travail pour sauvegarder des emplois, de bénéficier dune aide. A la fin octobre, 58 accords de ce type ont été conclus, concernant 10.435 salariés et permettant de préserver 1.100 emplois. Par ailleurs, je constate avec satisfaction que les partenaires sociaux discutent activement dune extension de lARPE dans la voie tracée lors de la conférence du 10 octobre 1997 : laccès des salariés qui ont commencé à travailler très jeunes (14 ans) avant lâge plancher de 58 ans de lARPE actuelle. Le Gouvernement sétait dit prêt à participer à hauteur de 40.000 F par an et par personne pour une ouverture au dispositif aux salariés de plus de 56 ans ayant débuté à 14 ans. Pour un démarrage au 1er janvier 1999, le coût total (Etat plus UNEDIC) est estimé par mes services à 1 milliard de francs en 1999 et à 1 milliard et demi en 2000 et les années suivantes. Ces estimations convergent avec celles de lUNEDIC. La participation de lEtat couvrirait environ un tiers de ces sommes. c) La priorité accordée à lemploi ne nous fait pas oublier la situation des personnes dont les ressources sont constituées des minima sociaux. La plupart des dispositions du programme exclusions relatives à lamélioration des moyens dexistence des bénéficiaires des minima sociaux sont en vigueur et dautres ont été prises depuis lors. - Lallocation de solidarité spécifique a été revalorisée, en mars, de 6 % avec effet rétroactif au 1er janvier 1998, après une première augmentation de 2 % décidée en juillet 1997. En 6 mois, le retard accumulé en quatre ans a été rattrapé. Cela signifie très concrètement que près de 500.000 personnes ont connu une augmentation de 8 % de leurs revenus. - Les 13.000 bénéficiaires de lallocation dinsertion ont quant à eux bénéficié dune augmentation de 30 %, et cette revalorisation, par le jeu du plafond de ressources, a permis à 5.000 personnes qui en étaient exclues dy accéder. - Lallocation spécifique dattente, pour les bénéficiaires du RMI, de lASS et de lAI ayant cotisé 40 ans, est entrée en vigueur au 1er juin 1998, dès la publication des décrets. Environ 17.600 personnes ont dores et déjà déposé un dossier aux ASSEDIC sagissant de lASS ; les chiffres ne sont pas encore connus sagissant des bénéficiaires du RMI. - Enfin, lASS et lAI sont désormais indexées sur les prix et sont devenues insaisissables et incessibles. Toutes ces mesures sont traduites dans la subvention de lEtat au fonds de solidarité. Ce surcoût est cependant atténué par la diminution tendancielle du nombre des bénéficiaires de lASS : de ce fait, la dotation au fonds de solidarité naugmente que de 274 MF, passant de 8 milliards 115 à 8 milliards 389. Dautres mesures, qui napparaissent pas dans ce budget, vont dans ce sens. - Un décret du 26 octobre 1998 permet le cumul du RMI et de lAPJE (lallocation pour jeune enfant) pendant la grossesse y compris le mois de naissance de l'enfant. Le même décret permet que les majorations dâge des allocations familiales, à 10 ans et à 15 ans, soient versées en sus du RMI. - Enfin, dans le cadre du PLFSS, lallocation dassurance veuvage est remodelée et le montant versé la seconde année est maintenu au niveau de la première année, et jai annoncé une revalorisation de 2 % du minimum vieillesse et du minimum de la pension de réversion au 1er janvier 1999. 4 - Je terminerai en évoquant, pour men réjouir, les mesures substantielles obtenues pour renforcer nos moyens en personnel et fonctionnement, tant il est vrai quil nest pas de politique crédible sans disposer des moyens humains et opérationnels nécessaires à sa mise en uvre. Le ministère de lemploi et de la solidarité a été plus que fortement sollicité pour concevoir et élaborer les grands textes de loi que nous nous étions engagés à faire voter, et pour les traduire en un laps de temps très court dans les formes nécessaires à leur application sur le terrain. Jen profite dailleurs pour saluer ici devant vous leffort de mobilisation que ladministration centrale comme les services déconcentrés ont déployés depuis un an et demi. Et cette mobilisation doit se poursuivre. Tout de que je viens de développer sur la nouvelle stratégie de la politique de lemploi, et qui rejoint ce qua expliqué Bernard KOUCHNER sur lapproche renouvelée de laction sociale de lEtat, le montre : de plus en plus, la mission du service public de lemploi suppose de rompre avec le traitement de masse des mesures, et doffrir aux demandeurs demploi un accompagnement individuel, approfondi et suivi dans le temps. Cette approche qualitative, très exigeante en moyens humains, vaut aussi pour la mise en uvre et le suivi des emplois jeunes et de la réduction du temps de travail. Jai tout lieu de me féliciter des résultats obtenus. - LANPE dispose en 1999 dune subvention de fonctionnement de 5 milliards 765, en hausse de 10,8 % sur le montant 1998, qui correspond notamment au renforcement de lagence par 1.000 agents supplémentaires, dont 500 ont été recrutés par anticipation en 1998. Cette montée en charge des moyens en personnel de lagence, qui correspond aux obligations que nous avons prises pour offrir un nouveau départ aux demandeurs demploi, se poursuivra tout au long du troisième contrat de progrès qui couvrira la période 1999-2003. - La subvention de fonctionnement à lAFPA est portée à 4 milliards 128, une hausse de 124 MF qui permettra à lAFPA dassumer les responsabilités qui lui incombent dans le cadre du Plan national daction, notamment en matière de suivi de lorientation et des parcours de formation des demandeurs demploi, en liaison avec lANPE. Les contrats de progrès de lANPE et de lAFPA sont dailleurs étroitement articulés. - Le réseau daccueil des jeunes bénéficiera de la transformation de PAIO en 30 missions locales, de la mise en place de 30 espaces jeunes dotés dun agent de lANPE, et de 450 emplois cofinancés avec les collectivités locales. - Les moyens en personnel du ministère sont eux aussi notablement renforcés, un résultat dont je me félicite particulièrement compte tenu de la contrainte de stabilité des effectifs globaux de la Fonction publique fixée par le Premier ministre. Les redéploiements réalisés au profit de ce ministère dans ses deux parties, emploi et solidarité, illustrent la priorité que le Gouvernement lui accorde. Javais trois objectifs en la matière : renforcer les services pour faire face aux nouvelles missions, améliorer la situation des agents de catégorie C, résorber lemploi précaire au sein du ministère. Des résultats ont été obtenus sur les trois points : création de 140 emplois de contrôleur du travail et de 10 emplois dinspecteur du travail, mesures de repyramidage de la catégorie C et amélioration des primes, régularisation des 185 coordonnateurs emploi formation qui restaient à intégrer. Des mesures comparables sont prises pour la partie " solidarité " du ministère, que Bernard KOUCHNER vous a exposés hier. Ce ministère a de lourdes responsabilités, parce que nombre de réformes structurelles annoncées par le Gouvernement concernent son champ de compétence, et parce que son action a une incidence immédiate sur les conditions dexistence de tous nos concitoyens, et surtout des plus fragiles et de ceux qui ont le plus besoin de la solidarité et de la protection de la collectivité. Le projet de budget pour 1999 lui donne les moyens de remplir son rôle.
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