L'accord
d'entreprise |
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Introduction Les accords d'entreprises font partie des domaines où la transparence et l'efficacité ne sont pas toujours au rendez-vous. L'absence de connaissances des résultats acquis par ces accords milite en faveur d'une clarification, d'une exigence en matière de résultat et bien entendu d'un contrôle sur la réalité des engagements pris. Nous constatons une situation où les accords pour lemploi touchent pour lessentiel de grandes entreprises ou de grands groupes, 80% de ces accords concernent une population salariée de plus de 500 salariés. Sur les 73 accords actuels, les 14 accords concernant chacun moins de 500 salariés représentent 5 956 salariés, par contre les 59 accords de plus de 500 salariés représentent 742 268 salariés soit 99,2 % des salariés concernés par les accords signés ou renouvelés et 9,28 % de la population salariée soumise à l'application de la loi de juillet 1987. Les accords donnent limpression dêtre signés avec les mauvais élèves et de produire des résultats médiocres alors que ces entreprises ont la possibilité de récupérer les contributions financières quelles auraient dû verser à lAGEFIPH. La qualité des accords signés, est elle aussi en question, les objectifs que lon retrouve dans ses documents nassurent pratiquement jamais datteindre le taux fixé par la loi, ils se satisfont très souvent dambitions négatives. Ainsi il nest pas rare de voir préciser que l'objectif à atteindre est un taux de 2% de travailleurs handicapés dans le flux dembauche. Cela veut dire que lambition affichée ne permettra même pas de maintenir le niveau d'emploi de travailleurs handicapés et en aucun cas d'atteindre celui des 6%. Il est par conséquent logique que ces accords pour lemploi des travailleurs handicapés aboutissent à une baisse de lemploi de travailleurs handicapés, un comble ! Les missions de contrôle et dévaluation semblent stériles, ou pour le moins insuffisantes, lopacité des accords, le laxisme apparent des organismes de tutelle, rendent ses accords décevants, leur inefficacité se vérifie même si certains contre exemples démontrent quil pourrait en être autrement. Ces accords dentreprises devraient faire lobjet dune négociation avec les partenaires sociaux et être soumis aux institutions représentatives du personnel avant tout agrément par la Direction du Travail. Si lentreprise est un lieu où se font et se défont les solidarités, où sorganisent les négociations et la relation conventionnelle, laccord dentreprise consenti par la loi de Juillet 87 demeure hors du champ traditionnel de la négociation. Au même titre que les salaires, la formation professionnelle, les évolutions technologiques, les textes sur la négociation dans lentreprise devraient sétendre aux questions de lemploi des travailleurs handicapés et aux formes d'exclusions que génèrent l'entreprise. Lentreprise est le lieu où par excellence cette démarche conventionnelle peut permettre de construire des accords, élaborer des garanties collectives, privilégier lemploi des personnes qui deviennent handicapées et apporter en matière de maintien dans lemploi une véritable recherche de solutions adaptées aux situations concrètes. Les partenaires sociaux ont une responsabilité collective pour intégrer et maintenir en milieu ordinaire les travailleurs handicapés. Privilégier la négociation collective, développer une démarche conventionnelle dans lentreprise, accroître le rôle du Comité dEntreprise, celui du CHSCT et du médecin du travail en la matière seraient vraisemblablement très positif. C'est en ce sens que l'investigation par les partenaires sociaux dans lentreprise, des conditions de mise en oeuvre de la loi de 87, permettrait de passer dune information des plus sommaires (quand elle est réalisée), à un véritable prise en charge de lobligation demploi des travailleurs handicapés. |
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