.Schéma Cible
maintien dans l'emploi

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   AGEFIPH Rhône Alpes       

 Elaboration d'une offre de service des dispositifs de maintien dans l’emploi de Rhône Alpes

 Préambule :Conformément à la demande du comité de pilotage régional du maintien dans l’emploi de Rhône Alpes réuni le 26 mars 2002, un groupe projet a été constitué pour élaborer et proposer un schéma régional d’offre de service de maintien dans l’emploi.
Les travaux menés par ce groupe, dont le résultat est présenté ici, ont intégré :
- d’une part, les lignes directrices fournies par le comité de pilotage régional
(1),
-
d’autre part, les résultats de l’étude action menée avec un groupe constitué de membres de différents corps médicaux concernés par le maintien et coordonné par la MIRT (2).

 Schéma cible du dispositif régional de maintien

Le schéma cible comporte quatre volets :

  1. Objectif et finalités du schéma cible

  2. Principes généraux d’organisation du dispositif

  3. Principes de fonctionnement du dispositif

  4. Fonctions assurées par le dispositif

  5. Glossaire

 

__________________________________________________

  • 1 Qui figurent dans le compte-rendu, et précisent, notamment :
    deux principes que les partenaires institutionnels et financeurs concernés entendent promouvoir et qui guideront leur action :

    •  « Les médecins du travail sont au cœur de la problématique de maintien dans l’emploi et doivent jouer le rôle essentiel dans cette activité » ;

    •  « Les dispositifs spécifiques dédiés au maintien dans l’emploi présente nécessairement un caractère subsidiaire par rapport à l’intervention des acteurs institutionnels chargés de cette question, et ils n’ont pas vocation à se substituer à ces derniers. »
      - Le public éligible :

    •  « Les salariés des entreprises de droit privé relevant du régime général de la Sécurité Sociale et du régime agricole. »
      - La nature de la situation cible souhaitée :

    •  « Un principe d’organisation des dispositifs départementaux, répondant aux trois fonctions essentielles identifiées dans le rapport d’étude : repérage / signalement des situations ; évaluation / orientation des demandes ; pilotage régional et départemental ».

  • 2 Sachant que les résultats de l’enquête auprès des médecins du travail de la région Rhône Alpes feront l’objet d’un document spécifique comportant, notamment, des recommandations en matière de recueil d’information nécessaires pour le pilotage régional du maintien.

    _______________________________

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I – Objectif et finalités du dispositif

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  • 1 Objectif général du schéma cible régional d'offre de service

Ce schéma cible régional vise à renforcer, en Rhône Alpes, l’action des services de santé au travail et du service social de la CRAM qui sont chargés de proposer des solutions aux salariés confrontés à un risque de licenciement pour inaptitude, et à leurs employeurs en organisant la mobilisation de tous les acteurs pouvant intervenir dans la détection, le signalement, la recherche, la mise en œuvre de solutions et leur suivi.
Il est destiné à être décliné au niveau départemental en tenant compte des spécificités de chaque département.

 

  • 2 Les finalités

Cette organisation poursuit les finalités suivantes :

- Limiter les licenciements pour inaptitude médicale aux seuls cas où la solution de maintien (dans l’entreprise) n’apparaît pas possible ou pas souhaitable

- Faire en sorte que tout licenciement pour inaptitude médicale ait été précédé par la mobilisation de toutes les compétences nécessaires à sa détection et à la recherche d’une solution de maintien dans l’entreprise.

- Faire en sorte que tout salarié menacé d’un risque de licenciement pour inaptitude médicale et son employeur se voient proposer une assistance

C’est ce système organisé que l’on dénommera dispositif de maintien dans l’emploi. Il identifie les acteurs impliqués, définit leurs rôles et leurs engagements ainsi que les modes de fonctionnement.

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II - Principes généraux d'organisation

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  • 1 BENEFICIAIRES  le salarié et l’employeur confrontés à une problématique d’inaptitude

Le salarié qui se trouve face à une situation de travail qu’il ne peut plus assumer pour des raisons de santé et l’employeur qui est tenu de proposer, dans ce cas, un aménagement de poste ou un autre emploi au salarié sont les deux personnes pour lesquelles se mobilisent les acteurs du dispositif de maintien dans l'emploi

  • 2 FONCTIONS ASSUREES

Le dispositif est organisé de manière à ce que six fonctions identifiées comme essentielles soient assurées dans un souci d’efficacité, de réactivité et d’économie de moyens.

  1. Détection du risque par le dispositif maintien.

  2. Traitement du signalement.

  3. Déclenchement et suivi d’une opération de maintien.

  4. Recherche et mise en œuvre des solutions.

  5. Si nécessaire, accompagnement de la rupture du contrat de travail et préparation du reclassement externe.

  6. Recueil, retour d’informations et pilotage.

La description de ces fonctions fait l’objet de la quatrième partie de ce schéma cible.

  • 3 COORDINATION DES ACTEURS

A    Le dispositif est organisé de manière à ce que la mobilisation des acteurs, au bénéfice du salarié et de l’employeur, s’articule selon le mode de la subsidiarité, c’est à dire que la mobilisation des prestataires financés spécifiquement dans le cadre du dispositif s’opère en complémentarité et dans le respect des compétences des intervenants qui ont des responsabilités et des prérogatives en matière de maintien dans l’emploi.

La mobilisation des prestataires financés spécifiquement dans le cadre du dispositif (techniciens du maintien, ergonomes, …) pour apporter leur contribution à la détection, au diagnostic, à la recherche, à la mise en œuvre de solutions et au suivi des solutions s’opère en complémentarité et dans le respect des compétences des intervenants qui ont des responsabilités et des prérogatives en matière de maintien dans l’emploi, à savoir :

  • les services de santé au travail et le service social de la CRAM dont le maintien est une des missions réglementaires, d’une part,

  • et, d’autre part, les acteurs pouvant intervenir, de par leur fonction, dans la sensibilisation, la détection, le traitement ou les décisions relatives au maintien : médecins traitants, médecins conseils, CPAM, COTOREP, inspecteurs du travail , instances représentatives du personnel, … .

Le dispositif est organisé de manière à favoriser l’élaboration d’un diagnostic partagé en vue d’une action concertée

____________________________________________________

Le médecin du travail est partie intégrante du dispositif, ayant pour mission de rechercher avec le salarié et l’employeur une solution et ayant la responsabilité de prononcer l’inaptitude. Il se situe au cœur de la problématique du maintien dans l’emploi.

Le service social de la CRAM, également partie intégrante du dispositif, occupe une position clef pour la détection précoce et l’accompagnement social du salarié.

Les inspecteurs du travail peuvent contribuer à la détection des risques d’inaptitude et à la sensibilisation des employeurs (cf infra fonction 1-A). Ils interviennent lorsqu’il y a contestation par le chef d’entreprise des mesures préconisées par le médecin du travail.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 B - Une instance de coordination du maintien dans l’emploi organise cette articulation entre les acteurs.
Cette instance peut être une personne, une équipe, une commission ou un service.
Elle est nommée par le comité de pilotage institutionnel et rend compte auprès de lui.
Elle est le représentant du dispositif vis à vis des différents acteurs. A ce titre, le dispositif cherchera à ce qu’elle soit clairement identifiée et connue de tous

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  • 4  PILOTAGE

Le dispositif départemental est piloté opérationnellement et institutionnellement.

Le dispositif comporte :

- un lieu de pilotage opérationnel (comité technique) qui est chargé de suivre et d’évaluer, périodiquement, l’activité et le fonctionnement du dispositif.

- un lieu de pilotage institutionnel, au sein de l’instance de pilotage du PDITH, qui est chargé d’évaluer et de valider régulièrement l’organisation du dispositif, d’apprécier le respect des engagements, de définir des priorités d’actions et d’affecter des moyens.

Les partenaires sociaux représentants des bénéficiaires sont consultés dans le cadre du pilotage institutionnel du dispositif. soit en assurant elle-même la coordination soit en faisant établir des règles de fonctionnement assurant cette coordination.

 

  • 5  RESPONSABILISATION

L’organisation du dispositif fait l’objet d’engagements formels entre les acteurs concernés.

Les finalités et les principes d’organisation et de fonctionnement font l’objet d’un engagement formel de la part des membres du dispositif.

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III - Principes de fonctionnement

  • 1 PLURIDISCIPLINARITE

Le dispositif est organisé de manière à favoriser la concertation et le travail pluridisciplinaire entre les différents acteurs pouvant contribuer à l’élaboration des diagnostics, à la recherche de solutions et au suivi des actions de maintien.

  • 2 FORMALISATION DU PARTENARIAT ET MISE EN RESEAU

Le dispositif formalise un partenariat institutionnel et organise la mise en réseau des différents acteurs pour favoriser la détection précoce et la réactivité des intervenants et des décideurs.

  • 3 CLARTE DU FONCTIONNEMENT POUR LES BENEFICIAIRES

Lorsqu’une action de maintien est engagée, le salarié et l’employeur se voient systématiquement désigner un référent parmi les acteurs impliqués dans l’action.

Les modalités de désignation du référent sont définies par le comité départemental de pilotage opérationnel.

Celui-ci est responsable du conseil auprès du salarié et de l’employeur, de la mobilisation des compétences nécessaires, du suivi de l’avancée de l’action, de la clôture de l’opération et de l’information en retour aux intervenants.

  • 4 FLEXIBILITE DES INTERVENTIONS

Les modalités d’intervention du dispositif sont différenciées de manière à mobiliser tout ou partie des outils selon les besoins du « premier cercle » que constituent le salarié, l’employeur et le médecin du travail.

  • 5 EFFICACITE DE LA CIRCULATION DE L’INFORMATION

Le dispositif met en place des règles et des outils permettant la circulation de l’information sur la situation du salarié et sur les actions menées ou envisagées en respectant :

- les intentions de l’employeur
- la volonté du salarié
- le secret médical.

La circulation de l’information est organisée de manière à ce que chaque intervenant dispose de l’information nécessaire pour que sa propre intervention s’insère le plus efficacement possible dans le déroulement de l’action.

  • 6 VISIBILITE AU SERVICE D’UNE AMELIORATION CONTINUE

Tous les membres du dispositif s’engagent à rendre compte de leurs interventions en matière de maintien à l’instance de pilotage opérationnel

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sommaire: fonctions assurées par le dispositif

IV – Fonctions assurées par le dispositif

Cette partie détaille les six fonctions qu’un dispositif de maintien permet d’assurer .
Pour chacune des six grandes fonctions identifiées nous indiquons en quoi elle consiste et les (sous) fonctions qu’elle englobe. Nous avons, parfois, ajouté à la suite de la définition des fonctions, des commentaires(7) qui sont issus des travaux du groupe de travail. Ces commentaires ne figurent, ici, qu’à titre d’illustration et d’aide à la réflexion sur les moyens concrets d’assurer la fonction et non comme engagements constitutifs du schéma cible.

  • 1 - Détection du risque

    • 1 - A : information sensibilisation

    • 1 - B : veille facilitant la détection

    • 1 - C : évaluation du risque d’inaptitude

    • 1 - D : signalement

  • 2 - Traitement du signalement

    • 2 – A Evaluation, qualification de la demande

    • 2 – B Compréhension et prise en compte de la volonté et de l’intérêt du salarié.

    • 2 – C Information, sensibilisation du salarié menacé

    • 2 – D Diagnostic de la situation et définition d’une démarche

 

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Fonction 1 - Détection du risque

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" Faire en sorte que, dès lors qu’il existe un risque d’inaptitude pour un salarié, le dispositif maintien soit informé et en mesure de déclencher rapidement une action adaptée (contact du salarié, informations mutuelles à l’intérieur du dispositif, …).

La détection du risque comporte elle-même quatre (sous) fonctions :

  • 1 - A : information sensibilisation

  • 1 - B : veille facilitant la détection

  • 1 - C : évaluation du risque d’inaptitude

  • 1 - D : signalement

1- A : Information sensibilisation des acteurs potentiels

" Faire en sorte que toute personne constatant qu’un salarié risque d’être confronté à un problème d’inaptitude ait une information suffisante pour :

1/ être incité à réagir

2/ connaisse le lieu auprès de qui signaler le problème,

3/ effectuer rapidement le signalement ou inciter le salarié à signaler son problème.

 Le dispositif peut comporter un plan de communication annuel et pluriannuel définissant les cibles, les méthodes adaptées en fonction des cibles ainsi que les moyens à mobiliser. Il doit prévoir une évaluation de l’impact de ces actions.

Détails de la Fonction 1 – A

1-A.1 Information ciblée des médecins du travail

o Différents moyens peuvent être mis en place pour cette information : réunion générale d’information, plaquette, espace ressources qui propose des réunions à thèmes

1-A.2 – Information ciblée des médecins traitants

o Le médecin traitant doit être convaincu de l’intérêt d’une démarche de maintien pour son patient. Cela suppose qu’il soit informé que le dispositif respecte la volonté du salarié.

o Plusieurs démarches ont été expérimentées dans la région :diffusion d’un document et d’une affiche « pensez à interroger votre patient sur sa situation professionnelle » ; enseignement Post Universitaire, groupes de travail entre médecins du travail, médecins généralistes et médecins conseil ; plaquette insérée dans le bulletin de l’ordre des médecins

1-A.3– Information ciblée des médecins conseil

o Organiser des réunions entre médecins conseil et médecins du travail afin de présenter les enjeux, le processus du maintien avec des exemples concrets, les attentes réciproques des acteurs doivent être présentées. Les procédures de communication et de concertation peuvent être formalisées.

o Fiches de liaison : Revitaliser la relation entre les médecins conseil et les médecins du travail : cf code du travail art 351.4 qui prévoir

une fiche de liaison en vue du reclassement dans le cadre de l’accident du travail

o Prévoir un retour d’information individualisé qui montre la plus value du dispositif.

1-A.4 Information et implication des inspecteurs du travail

o Informer les inspecteurs du travail sur les enjeux du maintien et sur l’existence et le fonctionnement du dispositif . Les inciter à imaginer et à engager des actions pour favoriser la détection précoce et sensibiliser les employeurs et les organisations syndicales :

o - lors des visites en entreprise : information et sensibilisation de l'employeur, des organisations syndicales et du CHSCT sur l'existence et l'intérêt du dispositif maintien,

o - signalement au dispositif sous la forme qui lui paraît la plus appropriée des cas présentant des signes d'exclusion (saisine du coordinateur, du médecin du travail, etc....)

o - vérification, en cas de contestation par le chef d'entreprise des mesures préconisées par le médecin du travail, si le dispositif a été saisi ou non préalablement du cas d'espèce sans pour autant en faire une condition juridique de la décision administrative.

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1-A.5 – Information ciblée des employeurs.

o Différentes catégories d’entreprises doivent être distinguées (par exemple : les entreprises qui font appel à un service interentreprises de santé au travail et celles qui ont un service autonome).

o Tous les acteurs en relation avec les entreprises sont concernés par cette fonction, notamment, les DDTEFP, les techniciens Cap Emploi en charge des relations en entreprise, les acteurs conventionnés pour de « l’info – sensibilisation », … .

o Information ciblée auprès des entreprises signataires ou négociant des accords en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés8.

1-A.6 – Information ciblée des salariés et de leurs représentants

o Journées de formation préparées avec les organisations syndicales. Les conseillers de salarié sont aussi une cible de formation.

o Les comités de pilotage départementaux doivent associer les partenaires sociaux.

1-A.7 – Information ciblée des CHSCT

o Intégrer la problématique du maintien dans les formations de membres de CHSCT

1-A.8 – Information ciblée auprès des services sociaux , des associations et des mutuelles

8 les DDTEFP sont invitées par la circulaire DGEFP 2002 à n’agréer que les accords comportant une clause de maintien dans l’emploi

 

 1 – B : Veille facilitant la détection

1- A" Mettre en place des procédures permettant de repérer les situations de risque d’inaptitude.

o Repérer des lieux ou des situations facilitant la détection : salariés en arrêt pour maladie ou accident du travail, consultations d’hôpitaux,….

o Contact systématique par le service social de la CRAM des salariés en arrêt de travail -maladie, accident du travail ou maladie professionnelle- depuis plus de X mois.

1 - C : Facilitation du repérage du risque d’inaptitude

" Fournir aux personnes susceptibles de détecter un risque d’inaptitude, les outils d’investigation nécessaires

pour repérer et évaluer ce risque.

o Développement des visites de pré reprise

o Il s’agit d’évaluer un risque parfois très en amont de sa manifestation objective au poste de travail. Les éléments socio -

psychologiques sont parfois prépondérants.

o Les médecins du travail peuvent apprécier un espace de dialogue et de décision concertée.

o Favoriser les échanges entre partenaires du dispositif pour assurer l’évaluation.

1 - D : Signalement

" Mettre à disposition d’une personne qui a détecté un risque un système d’information qui permette d’enclencher rapidement une réaction du dispositif maintien.

o Information sur l’ instance de coordination

o Mise en place et diffusion de fiches de signalement

 

Fonction 2 – Traitement du signalement

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"  Faire en sorte que, dès lors qu’une personne a signalé un risque, une décision soit prise (quant à la suite à donner à ce signalement) et que soit déclenché le processus décidé.

Le traitement du signalement comporte quatre (sous) fonctions :

  • 2 – A Evaluation, qualification de la demande

  • 2 – B Compréhension et prise en compte de la volonté et de l’intérêt du salarié.

  • 2 – C Information, sensibilisation du salarié menacé

  • 2 – D Diagnostic de la situation et définition d’une démarche

 

2 - A : Evaluation, qualification du signalement

" Recueillir les informations nécessaires pour décider si le dispositif peut offrir un service au salarié et à l’entreprise et , si oui, quel type de service leur proposer et, si non, vers quel interlocuteur orienter le salarié.

o L’évaluation nécessite une démarche pluridisciplinaire : juridique, médicale, sociale, professionnelle.

o L’évaluation peut être un processus en plusieurs étapes successives.

o L’examen de la pertinence d’une solution maintien fait partie de cette fonction : il y a des cas où le maintien est impossible ou n’est pas une solution.

2 - B : Compréhension et prise en compte de la volonté et de l’intérêt du salarié9

" Aider le salarié menacé à évaluer l’intérêt -et les risques éventuels - que présente pour lui une démarche de maintien et décider, en connaissance de cause s’il souhaite s’y engager.

o D’un point de vue d’éthique, il faut que la décision que prendra le salarié ne présente aucun enjeu pour l’acteur du dispositif maintien

qui informe et aide. Les objectifs, résultats et évaluations du dispositif de manière bien tranchée, doivent donc être déconnectés des objectifs d’opérations effectives de maintien qui en découlent

9 Cette fonction est également inscrite dans la fonction de recherche de solution, lorsqu’il s’agit d’évaluer la pertinence de pistes de solutions.

2 - C : Information du salarié menacé

" Informer le salarié sur les possibilités offertes par une démarche de maintien et l’inciter à prendre contact

avec un membre du dispositif susceptible de l’aider à aller plus avant dans la réflexion (cf. fonction suivante).

o Compte tenu du souhait du salarié d’avoir un interlocuteur unique et de la complexité des différents dispositifs qui renvoient à des

champs différents, le dispositif doit être structuré clairement en terme de champs de compétence de manière à ce que le référent

puisse convier la personne à établir le contact avec tel ou tel spécialiste selon les solutions envisagées.

2 - D : Diagnostic de la situation et définition d’une démarche

" Recueillir et analyser les informations nécessaires pour définir une démarche de recherche de solution.

o Cette fonction comporte, notamment, la décision d’engager ou de ne pas engager une action de maintien et la désignation du référent.

o Le dispositif favorise l’élaboration d’un diagnostic partagé.

o Peut amener à faire appel à des prestations spécialisées (ergonomie, par exemple).

o Dans le cas où le médecin du travail conçoit très rapidement une solution susceptible de recueillir l’accord du salarié et de

l’employeur, celui-ci souhaitera, souvent, être le référent de l’action10. Par contre le dispositif pourra prévoir, néanmoins, un système

d’échanges pluridisciplinaires avec d’autres membres du dispositif pour permettre au médecin d’évaluer sa solution au regard des

différentes dimensions, notamment, extra-professionnelles11.

10 . groupe de travail « médecins ».

11 Par exemple : la demande d’une invalidité de cat 1, qui peut être une bonne « solution » d’un point de vue professionnel, peut avoir des conséquences sur la situation financière

et sociale d’une personne, si elle a des emprunts pour accéder à la propriété.

 

Fonction 3 - Déclenchement et suivi d’une opération de maintien

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" Mobiliser et coordonner les interventions des partenaires pour réaliser l’opération de maintien.
NB : « réaliser une opération de maintien » signifie ici :
- 1/ définir une solution,
- 2 / aboutir à un accord des parties concernées : salarié, employeur, et, éventuellement : médecin du travail, AGEFIPH, CPAM, ….
- 3/ obtenir une (des) décision(s)
L’opération peut aboutir à la conclusion que le maintien n’est pas possible / souhaitable.
Cette fonction est assurée par le référent.
Elle comporte quatre (sous) fonctions :

  • 3 – A Mobilisation des partenaires

  • 3 – B Conseil auprès de l’employeur

  • 3 – C Conseil auprès du salarié

  • 3 – D Suivi de l’opération

3 - A : Mobilisation de partenaires

" Identifier et solliciter les partenaires qui peuvent faciliter, conseiller ou influer sur la réussite de l’opération de maintien.
o Ceci suppose, de la part du référent, une capacité à mobiliser les interlocuteurs compétents.

3 - B : Conseil auprès de l’employeur

" Aider l’employeur à analyser la situation, à imaginer une solution de maintien, et à évaluer l’intérêt que présente pour lui cette solution.

3 - C : Conseil auprès du salarié

" Aider le salarié menacé à imaginer une solution de maintien, et à évaluer l’intérêt et les risques éventuels que présente pour lui cette solution.

3 - D : Suivi de l’opération

" Suivre l’avancement de l’opération, et, si nécessaire, déclencher les actions permettant de faire avancer le dossier.
o Cette fonction peut inclure la fonction de retour d’information auprès de l’instance de coordination ou de l’organisme en charge du recueil des informations (cf. infra).

 

Fonction 4 - Recherche et mise en œuvre des solutions

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" Imaginer proposer et mettre en œuvre des actions permettant d’aboutir au maintien dans l’entreprise.
Elle comporte quatre (sous) fonctions :

  • 4 – A Médiation et négociation avec les décideurs

  • 4 - B : Créativité, imagination d’une solution

  • 4 - C : Mise en œuvre de la solution

  • 4 – D : Suivi du salarié ( x mois) après mise en œuvre de la solution

 

4 - A : Médiation et négociation avec les décideurs

" Préconiser ou mettre en œuvre des actions pour optimiser les chances d’obtenir un accord des parties sur la solution.
o La médiation peut aussi concerner d’autres décideurs que l’employeur, le salarié, le médecin du travail : médecin conseil, AGEFIPH ,notamment.
o Parmi les actions : Ecouter et comprendre les logiques des parties prenantes, leur exposer la situation et les pistes de solutions, faire évoluer leurspositions, provoquer et animer des rencontres, orienter la recherche des solutions.

4 - B : Créativité, imagination d’une solution

" Mobiliser des informations, des techniques et des ressources pour proposer une solution adaptée à la situation.

4- C : Mise en œuvre de la solution

" Assister les bénéficiaires dans la mise en œuvre concrète de la solution retenue dans tous ses aspects.
o Par exemple : assistance administrative (dossier COTOREP, dossier AGEFIPH), examens médicaux complémentaires, bilan de

compétences.

4 – D : Suivi du salarié ( x mois) après mise en œuvre de la solution

" S’informer sur la situation du salarié après la mise en œuvre de la solution pour, éventuellement, l’aider à tirer un meilleur bénéfice de la solution retenue et assurer un retour d’information auprès du dispositif (cf.infra)
o Cette fonction pose la question de l’horizon : à quel moment pense t-on qu’un dossier est clos ? A quel horizon suivre le dossier :
3 mois ? 12 mois ?
o Le médecin du travail peut assurer ce suivi et informer le dispositif

 

 

Fonction 5 - Accompagnement de la rupture du contrat de travail et préparation du reclassement

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" Lorsqu’il apparaît que le maintien dans l’entreprise ne sera pas possible :
- assister le salarié jusqu’à ce qu’il puisse bénéficier de l’aide du dispositif d’insertion,
- utiliser au mieux la période précédant la rupture du contrat de travail pour favoriser le reclassement externe du salarié.

Elle comporte quatre (sous) fonctions :

  • 5 - A : Accompagnement du salarié

  • 5 - B : Médiation entre l’employeur et le salarié

  • 5 - C : Assistance administrative

  • 5 - D : « Passage de relais » avec le dispositif d’insertion

 

5 - A : Accompagnement du salarié

" Accompagner le salarié dans le travail de deuil inhérent à la perte de son ancien emploi, de son insertion professionnelle, de la vie sociale de l’entreprise

" Accompagner le salarié dans la reconstruction d’un projet professionnel

o Ceci peut nécessiter la collaboration et l’accord des institutions concernées (par exemple : dispositif qui permet à des salariés en arrêt maladie de bénéficier de bilans de compétence ou de petites formations, dispositif monté avec les médecins conseil et les services sociaux de la CRAM.

5 - B : Médiation entre l’employeur et le salarié

" Amener l’employeur à être acteur, voire à soutenir le projet du salarié.

5 - C : Assistance administrative

" Informer le salarié de ses droits et établir les contacts nécessaires avec les médecins conseil, les services administratifs pour faire progresser son projet

o Travail de relais indispensable avec le service social de la CRAM

5 - D : « Passage de relais » avec le dispositif d’insertion

" Définir les informations à transmettre aux services chargés de l’insertion et repérer le moment opportun pour les impliquer.

o la responsabilité du bon passage de relais est celle du « référent » de l’opération de traitement de la situation de risque de rupture pour inaptitude : le référent invite, encourage, la personne à se mettre en relation avec Cap Emploi (tout particulièrement), comme un des moyens à sa disposition pour rechercher un autre emploi.

 

Fonction 6 - Pilotage du dispositif départemental de maintien

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" Se donner les moyens de faire progresser le dispositif de maintien dans le département.

Elle comporte plusieurs fonctions :

  • 6 - A : Animation d’un système d’information

  • 6 - B : Suivi et évaluation des opérations de maintien

  • 6 - C : Animation du volet Institutionnel du dispositif de maintien

  • 6 - D :- Animation du volet opérationnel du dispositif de maintien

  • 6 - E : Développement des compétences collectives en matière de maintien et traitement précoce du reclassement professionnel.

 

6 - A : Animation d’un système d’information

" Mettre en place et faire vivre un système d’information pour alimenter les diverses fonctions de pilotage.

La base de données peut, également, intégrer les personnes qui sont réorientées en amont

6 - B : Suivi et évaluation des opérations de maintien

" Faire un bilan périodique du déroulement et des conclusions des opérations de maintien engagées dans le département et le porter à la connaissance des membres du dispositif

o Assurer un retour d’information auprès des différents acteurs impliqués dans une opération de maintien.

o Suivi et évaluation à 6 mois

6 - C : Animation du volet Institutionnel du dispositif de maintien

" Aider les partenaires institutionnels à évaluer et décider des orientations du dispositif.

6 - D :- Animation du volet opérationnel du dispositif de maintien

" Animer et coordonner les intervenants du dispositif pour atteindre le schéma cible.

o Coordination des champs médical, social, professionnel, administratif

o La constitution de groupe de travail pluridisciplinaire est un outil puissant et efficace ici… mais il convient de lui donner un statut et une place bien définis dans un dispositif où les lieux de décision et d’orientation doivent être formels.

6- E : Développement et mutualisation des compétences collectives en matière de maintien et de traitement précoce du reclassement professionnel

" Favoriser le développement des compétences des membres des dispositifs maintien.

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V – GLOSSAIRE

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Acteurs du maintien dans l’emploi :

Toute personne susceptible d’intervenir dans la détection et le signalement du cas d’un salarié confronté à un risque d’inaptitude au poste pour raison médicale, ou toute personne susceptible d’aider ce salarié et son employeur dans la recherche, la mise en œuvre ou le suivi d’une solution.

Action de maintien dans l’emploi :

Action destinée à proposer une solution à un salarié confronté à un risque d’inaptitude au poste pour raison médicale et à son employeur, consistant à explorer, en priorité, les solutions conduisant au maintien du lien contractuel avec l’entreprise et, au cas où le maintien dans l’entreprise s’avère impossible, à assister le salarié jusqu’à la rupture du contrat de travail pour favoriser son reclassement externe.

Bénéficiaires du dispositif de maintien dans l’emploi :

Les salariés confrontés à un risque d’inaptitude au poste pour raison médicale et leurs employeurs.

Dispositif de maintien dans l’emploi :

  • Système organisé visant à mobiliser tous les acteurs du maintien dans l’emploi pour atteindre les finalités suivantes :

    • limiter les licenciements pour inaptitude médicale aux seuls cas où la solution de maintien (dans l’entreprise) n’apparaît pas possible ou pas souhaitable ;

    • faire en sorte que tout licenciement pour inaptitude médicale ait été précédé par la mobilisation de toutes les compétences nécessaires à sa détection et à la recherche d’une solution de maintien dans l’entreprise ;

    • faire en sorte que tout salarié menacé d’un risque de licenciement pour inaptitude médicale et son employeur se voient proposer une assistance.

     

  • Instance de coordination du dispositif de maintien dans l’emploi :

    • Instance chargée d’articuler l’action des différents acteurs dans le respect des principes d’organisation et de fonctionnement retenus pour le dispositif. Cette instance peut être une personne, une équipe, une commission ou un service.

     

  • Instance de pilotage opérationnel :

    • Instance chargée de suivre et d’évaluer, périodiquement, l’activité et le fonctionnement du dispositif.

     

  • Instance de pilotage institutionnel :

    • Instance chargée d’évaluer et de valider régulièrement l’organisation du dispositif, d’apprécier le respect des engagements, de définir des priorités d’actions et d’affecter des moyens.

     

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