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Bulletin Officiel du Travail, de l’Emploi
et de la Formation Professionnelle
No 2002/7 du samedi 20 avril 2002
Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel
Handicapé/Insertion
professionnelle/Région/Service public de l’emploi
Circulaire DGEFP-DGAS-DAGEMO-DAGPB
no 2002-114 du 27 février 2002 relative à la coordination des
services pour les personnes handicapées et à l’organisation des COTOREP.
Annexe : instruction relative à l’organisation et au fonctionnement de la
COTOREP unifiée
NOR : MESF0210037C
(Texte non paru au Journal officiel)
La ministre de l’emploi et de la
solidarité, la ministre déléguée à la famille, à l’enfance, et aux personnes
handicapées à Mesdames et Messieurs les préfets de région ; Mesdames et
Messieurs les préfets de département.
Pour améliorer les conditions d’intégration des personnes en
situation de handicap dans la vie professionnelle et sociale, il convient de
renforcer et de coordonner les capacités d’action des services de l’Etat et
de leurs partenaires.
Dans cet objectif, il vous est demandé :
- de mobiliser les services concernés, les différents organismes,
partenaires des politiques d’intégration des personnes handicapées,
susceptibles d’apporter une meilleure réponse à leurs besoins ;
- de veiller à l’amélioration du fonctionnement des COTOREP grâce à la
fusion des sections de la commission et au co-pilotage de cette commission
par les directions départementales concernées ;
- d’organiser, dans dix départements, une démarche innovante des
COTOREP permettant à celles-ci de construire une réponse globale adaptée aux
besoins de la personne handicapée.
I. - ASSURER UNE MEILLEURE COORDINATION DE TOUS
LES ACTEURS AU SERVICE DE LA PERSONNE HANDICAPÉE
Plusieurs instances, services ou
organismes, au niveau du département, sont appelés, à des titres divers, à
apprécier, évaluer une situation de handicap, proposer une orientation, un
accompagnement ou une prise en charge, reconnaître un droit, mettre en œuvre
ou financer des mesures préconisées en direction des personnes en situation
de handicap. Ces préconisations doivent tendre à apporter une réponse
cohérente aux besoins de la personne, notamment sous forme de plans d’aide
finalisés et individualisés.
Ce sont, au premier chef, les services de l’Etat dont vous avez la
responsabilité. Parmi ceux-ci, les COTOREP, qui constituent un service
particulièrement important pour la reconnaissance des droits et
l’orientation des personnes handicapées adultes.
C’est, par ailleurs, le service public de l’emploi qui doit mobiliser
tous les moyens à sa disposition pour orienter et insérer dans l’emploi ces
personnes souvent en grande difficulté.
Au delà de ces services, d’autres partenaires doivent être mobilisés à
des titres divers : conseils généraux, organismes de sécurité sociale (CRAM
et CPAM, CAF, MSA) ainsi que l’AFPA, l’AGEFIPH et le réseau CAP Emploi.
Dans cette sphère élargie, il convient de s’appuyer sur les différents
dispositifs existants (plans ou programmes) pour ajuster au mieux les
réponses à donner à la personne handicapée en facilitant son parcours
d’intégration : ce sont aussi bien les programmes départementaux d’insertion
des travailleurs handicapés - PDITH -, les plans locaux pour l’insertion et
l’emploi - PLIE -, les commissions locales d’insertion - CLI-RMI -, les
dispositifs de maintien dans l’emploi, que les dispositifs favorisant
l’autonomie de la personne handicapée (aides humaines et techniques), son
accueil et son hébergement (plans pluriannuels, programmations et schémas
concernant les personnes handicapées).
Il convient enfin de recourir aux dispositifs pour la vie autonome, en
cours de généralisation, qui évaluent les besoins de la personne handicapée
en terme de compensation fonctionnelle et doivent mobiliser des financements
en matière d’aides techniques ou d’aménagement du cadre de vie pour réduire
la situation de handicap que vit la personne.
Ces services, dispositifs et opérateurs doivent, sous votre impulsion et
dans le cadre de partenariats qu’il vous appartient de susciter et de
formaliser, unir leurs efforts pour que l’intégration des personnes
handicapées dans la vie sociale et dans le monde du travail soit une
réalité.
II. - AMÉLIORER LE FONCTIONNEMENT DES COTOREP EN PROCÉDANT À LA FUSION DES
SECTIONS ET EN FAISANT ASSURER LEUR CO-PILOTAGE PAR LES DIRECTIONS
DÉPARTEMENTALES (DDTEFP ET DDASS)
L’existence actuelle au sein des COTOREP de deux sections résulte des
textes fondateurs de ces commissions qui réunissaient deux instances
décisionnelles séparées, relevant des domaines de l’action sociale, d’une
part, et du travail d’autre part.
Cette situation a généré des difficultés aggravées par l’afflux des
dossiers : organisation trop éclatée, manque de cohérence entre les
décisions (trop souvent prises sur dossier) et la prise en compte des
besoins réels de la personne handicapée, orientation par défaut ou en
fonction de l’offre existante, etc.
L’objectif, aujourd’hui, est de réaliser un diagnostic cohérent et
complet portant sur les possibilités d’intégration professionnelle et
sociale de la personne handicapée. A l’issue de l’entretien organisé entre
cette personne et l’équipe technique, il est souhaitable que ce soit une
commission unifiée qui statue.
Dans ce but, nous vous demandons de mettre en place un nouveau mode
d’organisation et de fonctionnement fondé sur un secrétariat unique, une
équipe technique unique et un dossier unique.
Cette unification sera assurée grâce à un pilotage étroit et équilibré
de la COTOREP par les deux directions responsables de leur fonctionnement,
dans le cadre plus général d’une animation conjointe du dispositif public
d’insertion et d’orientation sociale, médico-sociale et professionnelle des
personnes handicapées. Ce pilotage de la COTOREP doit permettre de faire le
lien entre l’activité et les missions des commissions et les politiques dans
lesquelles elles s’inscrivent.
Les textes réglementaires fusionnant les deux sections de la COTOREP
sont en cours de modification. Ils préciseront la composition de la
commission et son fonctionnement de façon à permettre une meilleure
adéquation des décisions prises aux demandes des usagers.
Dans l’attente des textes réformant l’organisation des COTOREP, vous
apprécierez la possibilité de mettre en œuvre, chaque fois que possible, les
dispositions de l’article D. 323-3-14 du code du travail permettant à la
commission plénière de statuer.
III. - DES SITES PILOTES POUR FAVORISER
UNE DÉMARCHE INNOVANTE
Compte tenu des nombreux dispositifs
créés à l’intention des personnes handicapées, les différents acteurs qui
rencontrent les personnes en situation de handicap doivent être en mesure de
fournir une information sur ces dispositifs et orienter les usagers. Ainsi,
en amont ou au sein de la COTOREP, les demandeurs doivent être davantage
informés sur ses missions. Nous vous demandons d’organiser les modalités
propres à assurer cette information.
Sauf exception médicalement justifiée dans les cas de renouvellement,
toute personne handicapée qui dépose une demande doit être reçue par
plusieurs membres de l’équipe technique suivant des modalités à préciser
dans chaque COTOREP, afin que soient mieux appréhendés sa situation, ses
besoins et ses droits.
Cet effort d’écoute et de proposition demande que le temps nécessaire
puisse y être consacré de la part des différents membres de l’équipe
technique
Les conditions doivent, en effet, être créées pour qu’un dialogue soit
établi entre la personne handicapée qui s’adresse à la COTOREP et l’équipe
technique, afin qu’au-delà de la réponse à apporter aux demandes qu’elle a
formulées soient examinées avec elle les possibilités qui peuvent lui être
offertes, en l’aidant à bâtir un projet ou un parcours qui fera l’objet d’un
suivi. Cela nécessite que le demandeur soit reçu par l’équipe technique en
séance collective.
Dix départements ont été choisis comme sites pilotes (cf. tableau
joint) pour mettre en œuvre une démarche innovante consistant à optimiser la
fonction d’accueil et à faire en sorte que les demandeurs puissent, compte
tenu des objectifs précisés ci-dessus, être reçus, entendus et accompagnés
par différents professionnels de la COTOREP, notamment au sein de l’équipe
technique, suivant des modalités à définir en fonction des besoins exprimés
et de la nature des demandes.
Les moyens nécessaires à la mise en place de cette démarche devront être
évalués conjointement entre les comités techniques régionaux et
interdépartementaux (CTRI) des deux secteurs du ministère et les services
d’administration centrale compétents. Un projet de service devra être établi
pour chacune des COTOREP, définissant les modalités de cet accueil et de cet
accompagnement personnalisés de l’usager, les actions mises en place, ainsi
que les conditions d’évaluation des résultats obtenus en matière
d’amélioration de la qualité de l’instruction des demandes.
Il sera procédé à une évaluation de cette démarche qui sera portée à la
connaissance de l’ensemble des départements à la fin de l’année 2002.
*
* *
Vous voudrez bien nous rendre compte des
actions menées sur les différents points évoqués ci-dessus et indiquer aux
services d’administration centrale concernés, ainsi qu’à la mission d’appui
au fonctionnement des COTOREP que nous avons instituée au sein du ministère,
les observations et suggestions qu’appelle de votre part la mise en œuvre
des présentes instructions.
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La ministre de l’emploi
et de la solidarité,
Elisabeth Guigou |
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La ministre déléguée
à la famille, à l’enfance,
et aux personnes handicapées,
Ségolène Royal |
Copie : Mesdames et Messieurs les
directeurs départementaux du travail, de l’emploi et de la formation
professionnelle ; Mesdames et Messieurs les directeurs départementaux des
affaires sanitaires et sociales.
CIRCULAIRE AUX PRÉFETS RELATIVE AUX COTOREP
Liste des départements pilotes
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DÉPARTEMENTS |
SITE
de la vie
autonome |
SECRÉTARIAT
unifié |
PDITH |
DEMANDES
écrites |
DÉCISIONS
prises (2000) |
|
Hérault |
Oui |
Oui |
Oui |
27 543 |
26 504 |
|
Ille-et-Vilaine |
Non |
Oui |
Oui |
20 219 |
19 411 |
|
Indre |
Non |
Oui |
Oui |
6 716 |
6 142 |
|
Indre-et-Loire |
Non |
Oui |
Oui |
13 149 |
13 178 |
|
Lozère |
Non |
Oui |
Oui |
2 106 |
2 198 |
|
Meurthe-et-Moselle |
2e trimestre 2001 |
Oui |
Oui |
14 886 |
14 745 |
|
Morbihan |
Début 2001 |
Oui |
Oui |
12 792 |
13 758 |
|
Deux-Sèvres |
8 mars 2002 |
Oui |
Oui |
7 351 |
7 712 |
|
Val-de-Marne |
Non |
Oui |
Oui |
23 229 |
23 503 |
|
Val-d’Oise |
4e trimestre 2001 |
Oui |
Oui |
18 437 |
13 625 |
INSTRUCTION RELATIVE À L’ORGANISATION
ET AU FONCTIONNEMENT DE LA COTOREP UNIFIÉE
I. - MODALITÉS DE COPILOTAGE ENTRE LES SERVICES
1. Organiser le bon fonctionnement de la commission unifiée :
le copilotage de la COTOREP
L’objectif d’une approche globale des
besoins de la personne en situation de handicap suppose un pilotage étroit
et équilibré de la COTOREP par les deux directions responsables de leur
fonctionnement, dans le cadre plus général d’une animation conjointe du
dispositif public d’évaluation et d’orientation des personnes handicapées.
En effet, le pilotage de la COTOREP revient à faire le lien entre l’activité
et les missions des commissions et les politiques dans lesquelles elles
s’inscrivent.
1.1. Mise en place de la nouvelle organisation :
désignation d’un cadre A
La nouvelle organisation de la COTOREP
fusionnée sera confiée à un cadre A, issu de l’une ou l’autre des directions
départementales du ministère de l’emploi et de la solidarité (cf. note 1) .
Il lui appartiendra, sur la base d’une lettre de mission établie
conjointement par les deux directeurs et approuvée par le préfet, de mettre
en œuvre les différentes opérations propres à la fusion des sections, de
préparer les conventions formalisant les différents partenariats permettant
à l’équipe technique de faire les propositions les plus adéquates à la
commission, de produire un nouvel organigramme et une nouvelle répartition
des tâches.
1.2. Mise en place d’une convention entre les directions
Les nouvelles modalités de
fonctionnement de la COTOREP devront s’accompagner de la mise en place d’une
convention qui sera transmise au préfet ; préparée et suivie par le cadre A,
elle est négociée entre les deux directions, sur la base d’un projet de
service impliquant nécessairement l’ensemble des agents et des
professionnels de la COTOREP.
Les objectifs de cette convention pourront porter par exemple sur
l’amélioration de l’accueil, la réduction des délais de traitement des
demandes, la mise en place d’une coordination médicale. La convention devra
être assortie d’un calendrier et d’indicateurs.
Afin de sécuriser les moyens de la COTOREP, il est nécessaire que les
directeurs départementaux, avant d’engager cette démarche de
contractualisation commune, établissent ensemble une annexe à cette
convention précisant les moyens mis à disposition de la COTOREP par chacune
des deux directions (moyens matériels, budgétaires, en personnel, etc).
1.3. Procédure de contrats d’objectifs avec l’administration centrale
La procédure de contractualisation
initiée au niveau local, sur la base d’objectifs communs pour la COTOREP,
devra s’inscrire dans les objectifs précisés dans les directives nationales
d’orientation (secteur solidarité et secteur emploi).
Elle pourra se prolonger par des contrats d’objectifs et de moyens
passés par les directions départementales avec les services d’administration
centrale, en fonction de besoins répertoriés au niveau du fonctionnement de
la COTOREP.
Un conventionnement de ce type, associant les CTRI (comités techniques
régionaux interdépartementaux) des deux secteurs (emploi/affaires sociales),
est en cours d’expérimentation en région Centre.
1.4. Dispositif de suivi
Un dispositif interne de suivi de la
réorganisation de la COTOREP, comme de la convention, sera mis en place. Il
pourra se traduire par une réunion périodique des deux directeurs, de leurs
équipes et des responsables de la COTOREP (cadre A, secrétariat et médecin
coordonnateur), destinée à faire un point régulier sur les résultats obtenus
par rapport aux objectifs fixés.
Ces instruments de pilotage et de concertation devraient assurer et
pérenniser les conditions d’une bonne coopération entre les services, gage
essentiel de la réussite de la réforme et d’une amélioration durable du
fonctionnement de la COTOREP.
II. - FONCTIONNEMENT
DE LA COTOREP UNIFIÉE
1. Le secrétariat unifié
Le secrétariat de la COTOREP, qui assure
la gestion administrative des demandes, l’organisation et le fonctionnement
des équipes techniques et des commissions, mais aussi l’accueil et
l’information des usagers, doit être organisé de manière unifiée et non plus
en deux sections.
Le secrétaire de la COTOREP, choisi indifféremment dans l’une ou l’autre
des directions (DDASS et DDTEFP), est nommé par les deux directeurs. Il est
assisté d’un secrétaire adjoint, nommé dans les mêmes conditions, et le
remplaçant en tant que de besoin. Quelles que soient leur direction
d’origine et leurs compétences initiales, ces responsables du secrétariat de
la COTOREP doivent pouvoir, à tout moment, répondre du fonctionnement du
secrétariat unifié.
Les agents, qu’ils soient mis à disposition par la DDASS ou la DDTEFP,
doivent être capables de traiter indifféremment des diverses demandes
présentées par l’usager, de façon intégrée et polyvalente. Au sein des
COTOREP qui ont déjà mis en place cette polyvalence, les dossiers sont
suivis par une même personne pour chaque usager et sont répartis par secteur
géographique, par ordre alphabétique, ou selon toute autre clé de
répartition, et non pas en fonction de la nature de la demande. Un agent
instructeur doit être désigné comme chargé du suivi du dossier de l’usager,
dès l’accusé de réception de la demande.
Le développement de la polyvalence des agents du secrétariat
administratif de la COTOREP doit s’accompagner d’actions de mise à niveau et
de formation. A cette fin, un plan global de formation sera élaboré
conjointement par les deux directions.
Sur le plan de l’organisation, pour assurer les meilleures conditions
d’une fusion des sections, il convient de veiller à ce que les agents et les
membres permanents des équipes techniques, notamment les médecins, puissent
être regroupés, dès que possible, dans les mêmes locaux et qu’un seul
dossier administratif et un seul dossier médical soient établis pour chaque
demandeur. Les éléments du dossier médical doivent être, pour des raisons de
confidentialité, séparés et protégés par des règles d’accès et des
habilitations spécifiques.
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