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mise a jour au 2 mars 2004

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Débat au sénat sur le projet de loi d'égalité des chances....(personnes handicapées)

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 Décret concernant la retraite anticipé des travailleur handicapés

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Création de la haute autorité de lutte contre les discrimination

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 2éme lecture au sénat sur le projet de loi d'égalité des chances...(personnes handicapées)
   
   
 

 

   
   
   

 

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Allocution du Premier ministre devant le Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées
Paris, le 25 janvier 2000

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président,
Monsieur le Vice-Président,
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux de rencontrer le Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées. Je veux saluer son nouveau président, Francis HAMMEL, député, et son vice-président, Paul BOULINIER. On me dit que c’est la première fois qu’un chef de Gouvernement s’adresse à votre Conseil. Il est bien en tout cas que plusieurs ministres m’accompagnent. Nous marquons ainsi l’importance que ce Gouvernement attache aux préoccupations de plus de trois millions de nos concitoyens et la volonté que la politique conduite soit pleinement interministérielle.

Nous conduisons, pour améliorer la situation des personnes handicapées, une politique globale et équilibrée. Ni classe sociale, ni minorité, ces femmes, ces hommes, ces enfants, divers dans leurs aspirations, différents dans leurs projets, veulent être reconnus, s'intégrer : vivre comme les autres. Mais les gestes, les attitudes, les activités les plus quotidiennes leur sont plus difficiles. Dans une société qui n’est pas toujours ouverte aux différences, à la différence, et que traversent encore beaucoup d’inégalités, ils n’ont pas les mêmes chances que d’autres d’accéder à l'instruction, à l'emploi, à la culture, aux loisirs. Pour y remédier, nous poursuivons depuis deux ans et demi trois objectifs : plus de solidarité, plus d’autonomie, pour une société plus fraternelle.

1 - Envers ceux que le handicap atteint le plus durement, la solidarité est notre premier devoir.

- Il doit être exercé avec vigilance.

C’est parfois à l’urgence qu’il faut faire face. Des classes d'âges plus nombreuses d'enfants handicapés, atteignant l’âge adulte, quittent chaque année les Instituts Médico-Educatifs ou y sont maintenus par dérogation. Il fallait trouver les moyens de les accueillir. Nous avons engagé en 1999 avec Martine AUBRY un plan pluriannuel pour créer 16 500 places nouvelles dans les établissements spécialisés pour adultes. Il mobilise sur deux ans près de 800 millions de francs et a permis de créer 7200 places. Il faut poursuivre.

Il faut réparer aussi des injustices. Si tous les enfants ont droit à l’éducation, certains ne pourront jamais fréquenter l’école ordinaire. Pour ceux-ci, les établissements médico-sociaux sont indispensables. Pourtant un trop grand nombre d’entre eux restent à la charge de leurs parents. Il fallait mettre fin à des situations indignes de notre pays. 30 millions de francs de mesures nouvelles financeront cette année des sections adaptées aux enfants les plus fragiles. Nous y ajouterons sur les trois années suivantes 120 millions de francs.

- Le handicap recouvre des situations diverses et souvent évolutives.

Il nous faut soulager les difficultés de chacun par des réponses diversifiées. Le drame de l’autisme et la situation des traumatisés crâniens appelaient de nouvelles mesures. Un plan de remise à niveau était engagé depuis 1995. 50 millions de francs y étaient affectés chaque année. Devant l’ampleur des besoins, nous doublons dès cette année ces moyens. 300 millions de francs y seront donc consacrés dans les trois ans qui viennent. Pour certains types de handicap, pour les situations rares de déficience, il faut imaginer des solutions adaptées. Afin de mieux les prendre en charge, trois " centres ressources " ont été créés l’an dernier qui forment les professionnels et informent les familles. Pour clarifier la procédure d’autorisation des établissements accueillant des handicaps rares, un décret, que vous avez aidé à élaborer, sera signé dans les prochains jours.

De nombreux besoins restent insatisfaits. Il faut prendre en compte des phénomènes nouveaux. Comme nous tous, les adultes handicapés vivent plus longtemps. Ils éprouvent avec plus d’acuité les difficultés du vieillissement. Cette réalité soulève la question de leur statut et de leur prise en charge. Je souhaite que votre Conseil fasse rapidement des propositions sur l'hébergement des personnes handicapées vieillissantes. Sans attendre, nous envisageons d’amplifier le plan pluriannuel de 1999 et, dans ce plan, de créer de nouvelles places pour l’accueil des personnes le plus lourdement handicapées, notamment les plus âgées. 45 millions de francs seront à cet effet consacrés à de nouveaux projets.

Pour satisfaire pleinement cette exigence de solidarité, l’effort que nous avons engagé en deux ans était indispensable. Mais nous voulons aller plus loin.

2 - Nous voulons favoriser l’autonomie de ceux qui peuvent y aspirer pour préparer leur intégration.

Il faut leur offrir la liberté de choisir leurs modes de vie, une égale participation aux activités de tous, la fraternité effective d'une République qui proscrit toute forme de discrimination. Il faut pour cela considérer la personne dans la globalité de ses besoins et de ses attentes. Il faut pour cela admettre que le handicap est toujours relatif et souvent évolutif et refuser de l’enfermer dans un statut. Si l’environnement social change, le handicap change aussi. Notre politique marque à cet égard un infléchissement très net par rapport à celles qui l’ont précédée, et un infléchissement que vous avez, me semble-t-il, souhaité. Elle reconnaît les répercussions de la déficience sur les capacités et l'identité des personnes. Mais elle s'attache surtout à valoriser les potentialités de chacun et à lever les obstacles auxquels tous se heurtent pour s’intégrer mieux.

L’intégration se joue dès la naissance, quand le handicap de l’enfant est annoncé aux parents. Les médecins et les personnels soignants doivent être formés à cette confrontation, toujours douloureuse. Les parents doivent être accompagnés et soutenus pour mieux assumer les déficiences et connaître les possibilités de leur enfant. Les équipes pluridisciplinaires des centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) peuvent les y aider. Nous avons voulu les multiplier et en doter chaque département. 40 millions de francs ont été mobilisés à cette fin sur les deux dernières années. En parallèle, le Gouvernement a entrepris de développer les services d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD).

Leur appui est déterminant pour l'intégration scolaire.

Ce n’est plus aujourd’hui seulement à l’élève, mais aussi à l’école de s’adapter. Celle-ci doit s’efforcer d’accueillir les enfants dans toutes leurs différences. Le " plan Handiscol " élaboré par Ségolène ROYAL et Dominique GILLOT prévoit de doubler (en le portant à 50 000) le nombre d’enfants et d’adolescents accueillis en milieu scolaire ordinaire. Nous voulons faire progresser chacun le plus loin possible, en nous appuyant sur ses talents, en conjuguant le droit à l’éducation avec le droit aux soins. Trop de familles vivent leurs relations avec l’école comme une course d’obstacles. Les parents doivent être écoutés, informés de leurs droits, soutenus dans leurs démarches. Des " groupes Handiscol " les associent dans chaque département à la conception d’un plan d’accueil pour leurs enfants. Un guide pratique a été pour cela diffusé à 75 000 exemplaires.

Ecoles primaires et collèges s’adaptent déjà. Les classes d’intégration scolaire et les unités pédagogiques d’intégration se multiplient. L’aide des associations a permis de créer des services départementaux d’auxiliaires d’intégration. Près de 800 jeunes aident ainsi des élèves lourdement handicapés à vivre en milieu scolaire ordinaire. 1600 emplois-jeunes interviennent par ailleurs auprès de personnes handicapées.

Toute la communauté éducative doit s’ouvrir. 12 000 enseignants des écoles pratiquent déjà l’intégration scolaire. Les personnels d’encadrement et d’inspection sont sensibilisés aux problèmes qu’elle pose. Tous les professeurs des écoles comme ceux du second degré suivront dès la rentrée prochaine une formation en IUFM. Une mission a été créée sur les troubles d’apprentissage du langage –les dyslexies et les dysphasies. Un plan sera élaboré pour le printemps prochain afin d’améliorer la scolarisation des enfants qui en sont atteints.

Cet effort sans précédent a commencé de porter ses fruits. En une seule année, le nombre des intégrations individuelles dans les écoles est passé de 24 000 à plus de 27 000. Dans le même temps, le nombre d’adolescents souffrant de déficience mentale intégrés dans les collèges a progressé de 450 à près de 800.

Une intégration scolaire réussie, une formation adaptée sont les gages d'une entrée plus facile dans la vie active.

Trouver un emploi, c’est tout à la fois devenir autonome et s’intégrer. Martine AUBRY a relancé la politique de l’emploi des personnes handicapées. L’emploi direct est replacé au cœur du dispositif. Celui-ci s'appuie sur un partenariat rénové avec les grands acteurs institutionnels. Une convention signée en 1999 avec l’AGEFIPH va permettre de mobiliser des fonds dans le cadre d’un programme exceptionnel de 1,5 milliards de francs sur trois ans. Les premiers résultats sont là. Plus de 40 000 travailleurs handicapés ont bénéficié l’an dernier du dispositif " nouveau départ ". Près de 80 000 autres ont bénéficié d’un contrat aidé. Nous ferons bientôt un bilan plus approfondi de ces actions.

Pour accéder à l'emploi, les personnes handicapées doivent être en mesure d'évoluer au quotidien dans le cadre de vie ordinaire. Se déplacer librement, vivre chez soi, participer à toutes les activités de la vie en commun sont des objectifs étroitement liés entre eux. Les besoins et les attentes de ces personnes s’affirment : elles ne quémandent pas, elles revendiquent la plénitude de leurs droits et des devoirs qui leur sont attachés.

3 - C’est pourquoi le Gouvernement entend les aider à vivre parmi nous dans une société plus fraternelle.

Notre société tout entière doit s’ouvrir à une autre approche du handicap, pour offrir véritablement à ceux qu’il touche une " vie ordinaire ". Chacun doit pouvoir se déplacer en voiture, prendre l’avion, le train, les transports collectifs ; mais aussi partir en vacances, pratiquer un sport, accéder à la culture et aux loisirs.

C’est la ville tout entière qui doit devenir plus accueillante. La loi du 13 juillet 1991 sur l’accessibilité des lieux recevant du public a marqué une étape décisive. La mobilisation des constructeurs et des transporteurs s'est confirmée. Les villes ont multiplié les initiatives pour développer les transports en commun accessibles. Mais ceux dont la mobilité est réduite se heurtent encore à des obstacles excessifs.

Il faut aujourd’hui leur permettre de circuler librement. Cela suppose d’adapter encore l’architecture et les infrastructures, d’organiser la continuité des déplacements dans les politiques d’aménagement. Jean-Claude GAYSSOT a demandé au Conseil général des Ponts et Chaussées un audit sur la réalité des équipements adaptés. Un code de bonne conduite sera bientôt conclu entre la direction générale de l'aviation civile et les compagnies aériennes. Il harmonisera les règles d'embarquement des personnes handicapées. Une campagne nationale de communication sera lancée cette année contre les incivilités et pour le respect du stationnement réservé. La politique du logement que met en oeuvre Louis BESSON vise à mieux appliquer la réglementation dans les opérations de construction et d'aménagement et à simplifier les démarches et les procédures pour trouver ou adapter les logements. Nouvelle instance de concertation, le comité de liaison pour l’accessibilité (COLIAC), compétent pour le transport, le logement, les bâtiments, le tourisme et les espaces publics, traite globalement la question de l’accessibilité pour tous. Pour donner impulsion et cohérence à ces actions, une déléguée interministérielle à l'accessibilité, Mme BACHELIER, vient d’être nommée.

Une société vraiment fraternelle doit donner à tous un égal accès à la culture. Les actions entreprises par Catherine TRAUTMANN visent à favoriser l'accès des personnes handicapées aux lieux de production, aux pratiques culturelles, aux créations artistiques. Pour dialoguer avec les associations, la ministre de la culture et de la communication a souhaité installer auprès d’elle une commission nationale " culture/handicapés ". Dans ce mouvement, il s’agit aussi de mesurer combien chacune de ces personnes peut nous enrichir de son regard original, des talents qu’elle a développés en luttant contre ses déficiences, de l’énergie qu’envers et contre tout elle met à vivre, à aimer et à créer.

Pour les personnes sourdes, une large concertation a été conduite sur la base d’un rapport de Dominique GILLOT. Des centres d'information sur la surdité seront créés dans chaque région. L'accès aux aides techniques et humaines sera facilité, notamment pour des actions d’interprétariat.

La société de l’information doit être ouverte aux non-voyants. Martine AUBRY et Dominique GILLOT ont récemment chargé Bernard DESCARGUES, administrateur civil non voyant, d’évaluer en liaison avec le Service d’Information du Gouvernement l’accessibilité des sites internet des ministères.

Participer aux loisirs est aussi un droit. Michèle DEMESSINE a fait du droit aux vacances pour tous une priorité. Elle a sensibilisé efficacement les professionnels du tourisme comme le grand public par des campagnes de communication. Un guide " Accueil et accessibilité " vient d’être publié. Un label sera créé, qui attestera l'accessibilité des équipements de tourisme. La pratique du sport par les personnes handicapées sera plus largement encouragée. La loi sur la promotion des activités physiques et sportives que Marie-George BUFFET défendra en février prochain devant l’Assemblée nationale y contribuera. L’inventaire des obstacles à la fréquentation des équipements sportifs sera dressé. La fête du sport, de la jeunesse et de l'éducation populaire, en septembre 2000, sera pour tous, avec les jeux paralympiques de Sydney, une occasion de se mobiliser.

La réalisation de ces objectifs que, je crois, nous partageons, suppose une action ambitieuse. Pour cette ambition, l’Etat consacrera les moyens indispensables. Il réformera le cadre législatif.

Nous engagerons sur la période 2001-2003 un plan pour l’accès des personnes handicapées au milieu de vie ordinaire. Il traduira en actes l’engagement de la collectivité envers ces femmes, ces hommes et ces enfants. Près d’un milliard de francs de mesures nouvelles sera dégagé en trois ans sur les budgets de l’Etat et de l’assurance maladie.

Afin de mieux accueillir l’enfance handicapée, de répondre durablement à l'ampleur des besoins et aux attentes des familles, les services qui accompagnent les enfants et permettent leur intégration en milieu scolaire verront dès l’an prochain leurs moyens augmenter. Les CAMS et les SESSAD bénéficieront d’ici 2003 de 300 millions de francs supplémentaires. L’accueil des élèves en milieu scolaire ordinaire demande également un matériel pédagogique spécifique, en particulier pour les déficiences sensorielles et motrices. J’ai souhaité, dans le cadre de ce plan pluriannuel, que l’Education nationale soit en mesure d’en faire l’acquisition. Un effort supplémentaire de 170 millions de francs sera fait sur trois ans.

L’emploi des personnes handicapées demeure prioritaire. La loi sur la formation professionnelle en préparation contribuera à réduire les inégalités dans l’accès aux dispositifs. Il nous faudra veiller à une meilleure liaison entre les établissements spécialisés d'éducation, de formation et de travail protégé et le milieu ordinaire de travail. L’Etat renforcera et modernisera les Ateliers Protégés. 100 millions de francs de crédits nouveaux seront pour cela engagés sur trois ans. Dans ce cadre, les administrations doivent remplir pleinement leur obligation d’emploi. D’ores et déjà, un fonds interministériel d’aide à l’insertion a été créé en 1999 pour adapter les postes de travail et permettre diverses actions d’accompagnement. Mais il faut agir plus fortement. Une concertation avec les partenaires sociaux et les principales associations de personnes handicapées a été menée l’an passé. Des directives seront données aux ministères pour accroître les recrutements et pour favoriser le reclassement des fonctionnaires devenus inaptes en cours de carrière.

Les aides techniques et humaines sont indispensables à l’autonomie. Permettre au plus grand nombre d’acquérir à moindre coût les matériels les plus performants : tel est notre objectif. Cela demande des financements. Le Gouvernement entend y prendre part. Mais pour mobiliser toutes les ressources disponibles, chacun doit assumer ses responsabilités. La contribution des caisses de sécurité sociale et des Conseils généraux est, en raison de leurs compétences, nécessaire. Michel MERCIER, qui aurait dû être présent aujourd’hui, représente auprès de vous l’Assemblée des Départements de France. Je me réjouis que les Conseils généraux soient désormais représentés dans votre Conseil National. Nous avons commencé de travailler ensemble –associations, pouvoirs publics, partenaires sociaux et professionnels. A partir de l'expérience acquise sur quatre sites, quinze départements seront dotés dès cette année d'une instance d'information. Elle conseillera les personnes handicapées et leurs familles dans le choix des matériels et les orientera vers des formules de financement. Le plan pour l’accès au milieu de vie ordinaire généralisera progressivement à tout le pays ces " sites pour la vie autonome ". Si d’autres partenaires s’engagent, l'Etat pourra contribuer à la constitution de fonds départementaux de compensation afin de favoriser l’acquisition par les personnes handicapées d’aides techniques souvent onéreuses. Nous consacrerons dans le cadre du plan pour l’accès à la vie ordinaire 185 millions de francs à ces actions.

Les aides à domicile contribuent également à l’autonomie. La loi de financement de la sécurité sociale permet, depuis 1999, d’exonérer de charges sociales les personnes handicapées qui emploient des aides à domicile. Mais nous devons aller plus loin. Le nombre d’auxiliaires de vie est trop éloigné de la réalité des besoins. Pour passer de 1864 postes aujourd’hui à 5000 postes en 2003, l’Etat abondera de 200 millions de francs l’aide qu’il apporte aux associations. Cet effort devrait permettre aux départements d’assumer ensuite pleinement leur rôle dans l’aide à domicile. Les personnes handicapées ne peuvent aujourd’hui que par dérogation recevoir chez eux des soins infirmiers. 45 millions de francs de nouveaux crédits leur permettront d’y avoir davantage accès. Un décret va très vite ouvrir ce droit sans dérogation.

L’action des CDES et des COTOREP sera décisive. Ces commissions sont chargées d'évaluer et d’orienter les enfants et les adultes handicapés. Le Gouvernement a dégagé en leur faveur 30 millions de francs dans le budget 2000. 45 millions de francs s’y ajouteront d’ici 2003. Une mission d'appui du ministère de l'Emploi et de la Solidarité fera des propositions pour renforcer leur efficacité et leur cohérence.

Mesdames, Messieurs,

Vous le voyez, nous dégageons les moyens nécessaires pour conduire dans la durée cette politique ambitieuse. Au total, d’ici 2003, et sans compter l’effort de recherche, en particulier sur le génome humain, que j’ai annoncé dans un autre cadre, 2 milliards 500 millions de francs de crédits supplémentaires y seront consacrés.

Mais la mobilisation des femmes et des hommes que vous représentez est indispensable à son succès. Défendant les intérêts des personnes, responsables de dispositifs qu’elles ont aidé à bâtir, les associations jouent un rôle fondamental. J’ai souhaité, en venant participer à cette réunion de votre Conseil National, rendre hommage à leur professionnalisme, à leur rigueur et à la pertinence des contributions dont elles nourrissent notre réflexion commune.

L’apport des personnels professionnels n’est pas moins essentiel. Ils font un métier difficile. Au contact direct des personnes handicapées, ils sont souvent leur premier lien avec la société. Il doivent donc être les premiers garants de leur dignité. En cas de maltraitance, leur intervention est décisive, car le silence n’est pas admissible. Ils doivent pouvoir, sans craindre une menace pour leur emploi, dénoncer ces actes intolérables.

Nous devrons enfin réformer le cadre dans lequel tous ensemble vous agissez. Il convient aujourd’hui d’adapter la loi de 1975. En vingt-cinq ans, l’action sociale et médico-sociale a profondément renouvelé ses concepts et ses méthodes. La personne, considérée dans la diversité de ses besoins, de ses aspirations, de ses capacités doit être au centre de nos préoccupations. Le travail en réseau se développe. Mais de fortes disparités géographiques persistent. Pour les corriger, de nouveaux outils de programmation sont nécessaires. Un travail de fond s’est engagé. Je sais qu’une concertation nourrie a été conduite sur la modernisation des établissements et des services dédiés au handicap. Elle permettra de faire la synthèse des expériences menées ces dernières années et de définir les instruments d’une politique rénovée. Un projet de loi sera déposé au Parlement avant la fin de cette session.

Mesdames, Messieurs,

Il nous faut bâtir ensemble une société plus accueillante pour les personnes handicapées et plus respectueuse de leurs droits. Notre politique a dans un premier temps renforcé les moyens d’un accueil adapté aux besoins les plus divers. Elle vise aujourd’hui à promouvoir davantage l’autonomie. Communiquer toujours avec ceux qui sont les plus frappés et dont nous ne savons pas parfois s’ils nous comprennent, accompagner dans leurs efforts ceux qui luttent pour surmonter leur déficience, rendre hommage à la contribution qu’apportent à la vie de la cité ceux qui agissent parmi nous et qui exercent pleinement leurs droits de citoyens, c’est reconnaître en chacun l’égale dignité de la personne humaine et l’aider à se promouvoir.

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J.O. Numéro 36 du 12 Février 2000 page 2230

Textes généraux Ministère des affaires étrangères

Décret no 2000-110 du 4 février 2000 portant publication de la Charte sociale européenne (révisée) (ensemble une annexe), faite à Strasbourg le 3 mai 1996 (1)

Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères,
Vu les articles 52 à 55 de la Constitution ;
Vu la loi no 99-174 du 10 mars 1999 autorisant l'approbation de la Charte sociale européenne (révisée) (ensemble une annexe) ;
Vu le décret no 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ;
Vu le décret no 74-360 du 3 mai 1974 portant publication de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée le 4 novembre 1950, de ses protocoles additionnels nos 1, 3, 4 et 5, signés les 20 mars 1952, 6 mai 1963, 16 septembre 1963 et 20 janvier 1966, ainsi que des déclarations et réserves qui ont été formulées par le Gouvernement de la République française lors de la ratification ;
Vu le décret no 74-840 du 4 octobre 1974 portant publication de la Charte sociale européenne (ensemble une annexe et une liste) signée à Turin le 18 octobre 1961,
Décrète :

Art. 1er. - La Charte sociale européenne (révisée) (ensemble une annexe), faite à Strasbourg le 3 mai 1996, sera publiée au Journal officiel de la République française.

Art. 2. - Le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 4 février 2000.

Jacques Chirac

Par le Président de la République :

Le Premier ministre,
Lionel Jospin

Le ministre des affaires étrangères,
Hubert Védrine

(1) La présente charte est entrée en vigueur le 1er juillet 1999.

CHARTE SOCIALE EUROPEENNE (REVISEE)
(ensemble une annexe)
Préambule
Les gouvernements signataires, membres du Conseil de l'Europe,
Considérant que le but du Conseil de l'Europe est de réaliser une union plus étroite entre ses membres afin de sauvegarder et de promouvoir les idéaux et les principes qui sont leur patrimoine commun et de favoriser leurs progrès économique et social, notamment par la défense et le développement des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'aux termes de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950, et de ses protocoles, les Etats membres du Conseil de l'Europe sont convenus d'assurer à leurs populations les droits civils et politiques et les libertés spécifiés dans ces instruments ;
Considérant que, par la Charte sociale européenne ouverte à la signature à Turin le 18 octobre 1961 et ses protocoles, les Etats membres du Conseil de l'Europe sont convenus d'assurer à leurs populations les droits sociaux spécifiés dans ces instruments afin d'améliorer leur niveau de vie et de promouvoir leur bien-être ;
Rappelant que la Conférence ministérielle sur les droits de l'homme, tenue à Rome le 5 novembre 1990, a souligné la nécessité, d'une part, de préserver le caractère indivisible de tous les droits de l'homme, qu'ils soient civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels et, d'autre part, de donner à la Charte sociale européenne une nouvelle impulsion ;
Résolus, comme décidé lors de la Conférence ministérielle réunie à Turin les 21 et 22 octobre 1991, de mettre à jour et d'adapter le contenu matériel de la Charte, afin de tenir compte en particulier des changements sociaux fondamentaux intervenus depuis son adoption ;
Reconnaissant l'utilité d'inscrire dans une Charte révisée, destinée à se substituer progressivement à la Charte sociale européenne, les droits garantis par la Charte tels qu'amendés, les droits garantis par le protocole additionnel de 1988 et d'ajouter de nouveaux droits,
sont convenus de ce qui suit :
Partie I
Les Parties reconnaissent comme objectif d'une politique qu'elles poursuivront par tous les moyens utiles, sur les plans national et international, la réalisation de conditions propres à assurer l'exercice effectif des droits et principes suivants :
1o Toute personne doit avoir la possibilité de gagner sa vie par un travail librement entrepris ;
2o Tous les travailleurs ont droit à des conditions de travail équitables ;
3o Tous les travailleurs ont droit à la sécurité et à l'hygiène dans le travail ;
4o Tous les travailleurs ont droit à une rémunération équitable leur assurant, ainsi qu'à leurs familles, un niveau de vie satisfaisant ;
5o Tous les travailleurs et employeurs ont le droit de s'associer librement au sein d'organisations nationales ou internationales pour la protection de leurs intérêts économiques et sociaux ;
6o Tous les travailleurs et employeurs ont le droit de négocier collectivement ;
7o Les enfants et les adolescents ont droit à une protection spéciale contre les dangers physiques et moraux auxquels ils sont exposés ;
8o Les travailleuses, en cas de maternité, ont droit à une protection spéciale ;
9o Toute personne a droit à des moyens appropriés d'orientation professionnelle, en vue de l'aider à choisir une profession conformément à ses aptitudes personnelles et à ses intérêts ;
10o Toute personne a droit à des moyens appropriés de formation professionnelle ;
11o Toute personne a le droit de bénéficier de toutes les mesures lui permettant de jouir du meilleur état de santé qu'elle puisse atteindre ;
12o Tous les travailleurs et leurs ayants droit ont droit à la sécurité sociale ;
13o Toute personne démunie de ressources suffisantes à droit à l'assistance sociale et médicale ;
14o Toute personne a le droit de bénéficier de services sociaux qualifiés ;
15o Toute personne handicapée a droit à l'autonomie, à l'intégration sociale et à la participation à la vie de la communauté ;
16o La famille, en tant que cellule fondamentale de la société, a droit à une protection sociale, juridique et économique appropriée pour assurer son plein développement ;
17o Les enfants et les adolescents ont droit à une protection sociale, juridique et économique appropriée ;
18o Les ressortissants de l'une des Parties ont le droit d'exercer sur le territoire d'une autre Partie toute activité lucrative, sur un pied d'égalité avec les nationaux de cette dernière, sous réserve des restrictions fondées sur des raisons sérieuses de caractère économique ou sociale ;
19o Les travailleurs migrants ressortissants de l'une des Parties et leurs familles ont droit à la protection et à l'assistance sur le territoire de toute autre Partie ;
20o Tous les travailleurs ont droit à l'égalité de chances et de traitement en matière d'emploi et de profession, sans discrimination fondée sur le sexe ;
21o Les travailleurs ont droit à l'information et à la consultation au sein de l'entreprise ;
22o Les travailleurs ont le droit de prendre part à la détermination et à l'amélioration des conditions de travail et du milieu du travail dans l'entreprise ;
23o Toute personne âgée a droit à une protection sociale ;
24o Tous les travailleurs ont droit à une protection en cas de licenciement ;
25o Tous les travailleurs ont droit à la protection de leurs créances en cas d'insolvabilité de leur employeur ;
26o Tous les travailleurs ont droit à la dignité dans le travail ;
27o Toutes les personnes ayant des responsabilités familiales et occupant ou souhaitant occuper un emploi sont en droit de le faire sans être soumises à des discriminations et autant que possible sans qu'il y ait conflit entre leur emploi et leurs responsabilités familiales ;
28o Les représentants des travailleurs dans l'entreprise ont droit à la protection contre les actes susceptibles de leur porter préjudice et doivent avoir les facilités appropriées pour remplir leurs fonctions ;
29o Tous les travailleurs ont le droit d'être informés et consultés dans les procédures de licenciements collectifs ;
30o Toute personne a droit à la protection contre la pauvreté et l'exclusion sociale ;
31o Toute personne a droit au logement.
Partie II
Les Parties s'engagent à se considérer comme liées, ainsi que prévu à la partie III, par les obligations résultant des articles et des paragraphes ci-après :
Article 1er
Droit au travail
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit au travail, les Parties s'engagent :
1o A reconnaître comme l'un de leurs principaux objectifs et responsabilités la réalisation et le maintien du niveau le plus élevé et le plus stable possible de l'emploi en vue de la réalisation du plein emploi ;
2o A protéger de façon efficace le droit pour le travailleur de gagner sa vie par un travail librement entrepris ;
3o A établir ou à maintenir des services gratuits de l'emploi pour tous les travailleurs ;
4o A assurer ou à favoriser une orientation, une formation et une réadaptation professionnelles appropriées.
Article 2
Droit à des conditions de travail équitables
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à des conditions de travail équitables, les Parties s'engagent :
1o A fixer une durée raisonnable au travail journalier et hebdomadaire, la semaine de travail devant être progressivement réduite pour autant que l'augmentation de la productivité et les autres facteurs entrant en jeu le permettent ;
2o A prévoir des jours fériés payés ;
3o A assurer l'octroi d'un congé payé annuel de quatre semaines au minimum ;
4o A éliminer les risques inhérents aux occupations dangereuses ou insalubres et, lorsque ces risques n'ont pas encore pu être éliminés ou suffisamment réduits, à assurer aux travailleurs employés à de telles occupations soit une réduction de la durée du travail, soit des congés payés supplémentaires ;
5o A assurer un repos hebdomadaire qui coïncide autant que possible avec le jour de la semaine retenu comme jour de repos par la tradition ou les usages du pays ou de la région ;
6o A veiller à ce que les travailleurs soient informés par écrit aussitôt que possible, et en tout état de cause au plus tard deux mois après le début de leur emploi, des aspects essentiels du contrat ou de la relation de travail ;
7o A faire en sorte que les travailleurs effectuant un travail de nuit bénéficient de mesures qui tiennent compte de la nature spéciale de ce travail.
Article 3
Droit à la sécurité et à l'hygiène dans le travail
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à la sécurité et à l'hygiène dans le travail, les Parties s'engagent, en consultation avec les organisations d'employeurs et de travailleurs :
1o A définir, mettre en oeuvre et réexaminer périodiquement une politique nationale cohérente en matière de sécurité, de santé des travailleurs et de milieu de travail. Cette politique aura pour objet primordial d'améliorer la sécurité et l'hygiène professionnelles et de prévenir les accidents et les atteintes à la santé qui résultent du travail, sont liés au travail ou surviennent au cours du travail, notamment en réduisant au minimum les causes des risques inhérents au milieu de travail ;
2o A édicter des règlements de sécurité et d'hygiène ;
3o A édicter des mesures de contrôle de l'application de ces règlements ;
4o A promouvoir l'institution progressive des services de santé au travail pour tous les travailleurs, avec des fonctions essentiellement préventives et de conseil.
Article 4
Droit à une rémunération équitable
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à une rémunération équitable, les Parties s'engagent :
1o A reconnaître le droit des travailleurs à une rémunération suffisante pour leur assurer, ainsi qu'à leurs familles, un niveau de vie décent ;
2o A reconnaître le droit des travailleurs à un taux de rémunération majoré pour les heures de travail supplémentaires, exception faite de certains cas particuliers ;
3o A reconnaître le droit des travailleurs masculins et féminins à une rémunération égale pour un travail de valeur égale ;
4o A reconnaître le droit de tous les travailleurs à un délai de préavis raisonnable dans le cas de cesstion de l'emploi ;
5o A n'autoriser les retenues sur les salaires que dans les conditions et limites prescrites par la législation ou la réglementation nationale, ou fixées par des conventions collectives ou des sentences arbitrales.
L'exercice de ces droits doit être assuré soit par voie de conventions collectives librement conclues, soit par des méthodes légales de fixation des salaires, soit de toute autre manière appropriée aux conditions nationales.
Article 5
Droit syndical
En vue de garantir ou de promouvoir la liberté pour les travailleurs et les employeurs de constituer des organisations locales, nationales ou internationales, pour la protection de leurs intérêts économiques et sociaux et d'adhérer à ces organisations, les Parties s'engagent à ce que la législation nationale ne porte pas atteinte, ni ne soit appliquée de manière à porter atteinte à cette liberté. La mesure dans laquelle les garanties prévues au présent article s'appliqueront à la police sera déterminée par la législation ou la réglementation nationale. Le principe de l'application de ces garanties aux membres des forces armées et la mesure dans laquelle elles s'appliqueraient à cette catégorie de personnes sont également déterminés par la législation ou la réglementation nationale.
Article 6
Droit de négociation collective
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit de négociation collective, les Parties s'engagent :
1o A favoriser la consultation paritaire entre travailleurs et employeurs ;
2o A promouvoir, lorsque cela est nécessaire et utile, l'institution de procédures de négociation volontaire entre les employeurs ou les organisations d'employeurs, d'une part, et les organisations de travailleurs, d'autre part, en vue de régler les conditions d'emploi par des conventions collectives ;
3o A favoriser l'institution et l'utilisation de procédures appropriées de conciliation et d'arbitrage volontaire pour le règlement des conflits du travail,
et reconnaissent :
4o Le droit des travailleurs et des employeurs à des actions collectives en cas de conflits d'intérêt, y compris le droit de grève, sous réserve des obligations qui pourraient résulter des conventions collectives en vigueur.
Article 7
Droit des enfants et des adolescents à la protection
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit des enfants et des adolescents à la protection, les Parties s'engagent :
1o A fixer à quinze ans l'âge minimum d'admission à l'emploi, des dérogations étant toutefois admises pour les enfants employés à des travaux légers déterminés qui ne risquent pas de porter atteinte à leur santé, à leur moralité ou à leur éducation ;
2o A fixer à dix-huit ans l'âge minimum d'admission à l'emploi pour certaines occupations déterminées, considérées comme dangereuses ou insalubres ;
3o A interdire que les enfants encore soumis à l'instruction obligatoire soient employés à des travaux qui les privent du plein bénéfice de cette instruction ;
4o A limiter la durée du travail des travailleurs de moins de dix-huit ans pour qu'elle corresponde aux exigences de leur développement et, plus particulièrement, aux besoins de leur formation professionnelle ;
5o A reconnaître le droit des jeunes travailleurs et apprentis à une rémunération équitable ou à une allocation appropriée ;
6o A prévoir que les heures que les adolescents consacrent à la formation professionnelle pendant la durée normale du travail avec le consentement de l'employeur seront considérées comme comprises dans la journée de travail ;
7o A fixer à quatre semaines au minimum la durée des congés payés annuels des travailleurs de moins de dix-huit ans ;
8o A interdire l'emploi des travailleurs de moins de dix-huit ans à des travaux de nuit, exception faite pour certains emplois déterminés par la législation ou la réglementation nationale ;
9o A prévoir que les travailleurs de moins de dix-huit ans occupés dans certains emplois déterminés par la législation ou la réglementation nationale doivent être soumis à un contrôle médical régulier ;
10o A assurer une protection spéciale contre les dangers physiques et moraux auxquels les enfants et les adolescents sont exposés, et notamment contre ceux qui résultent d'une façon directe ou indirecte de leur travail.
Article 8
Droit des travailleuses à la protection de la maternité
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit des travailleuses à la protection de la maternité, les Parties s'engagent :
1o A assurer aux travailleuses, avant et après l'accouchement, un repos d'une durée totale de quatorze semaines au minimum, soit par un congé payé, soit par des prestations appropriées de sécurité sociale ou par des fonds publics ;
2o A considérer comme illégal pour un employeur de signifier son licenciement à une femme pendant la période comprise entre le moment où elle notifie sa grossesse à son employeur et la fin de son congé de maternité, ou à une date telle que le délai de préavis expire pendant cette période ;
3o A assurer aux mères qui allaitent leurs enfants des pauses suffisantes à cette fin ;
4o A réglementer le travail de nuit des femmes enceintes, ayant récemment accouché ou allaitant leurs enfants ;
5o A interdire l'emploi des femmes enceintes, ayant récemment accouché ou allaitant leurs enfants, à des travaux souterrains dans les mines et à tous autres travaux de caractère dangereux, insalubre ou pénible, et à prendre des mesures appropriées pour protéger les droits de ces femmes en matière d'emploi.
Article 9
Droit à l'orientation professionnelle
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à l'orientation professionnelle, les Parties s'engagent à procurer ou promouvoir, en tant que de besoin, un service qui aidera toutes les personnes, y compris celles qui sont handicapées, à résoudre les problèmes relatifs au choix d'une profession ou à l'avancement professionnel, compte tenu des caractéristiques de l'intéressé et de la relation entre celles-ci et les possibilités du marché de l'emploi ; cette aide devra être fournie, gratuitement, tant aux jeunes, y compris les enfants d'âge scolaire, qu'aux adultes.
Article 10
Droit à la formation professionnelle
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à la formation professionnelle, les Parties s'engagent :
1o A assurer ou à favoriser, en tant que de besoin, la formation technique et professionnelle de toutes les personnes, y compris celles qui sont handicapées, en consultation avec les organisations professionnelles d'employeurs et de travailleurs, et à accorder des moyens permettant l'accès à l'enseignement technique supérieur et à l'enseignement universitaire d'après le seul chiffre de l'aptitude individuelle ;
2o A assurer ou à favoriser un système d'apprentissage et d'autres systèmes de formation des jeunes garçons et filles, dans leurs divers emplois ;
3o A assurer ou à favoriser, en tant que de besoin :
a) Des mesures appropriées et facilement accessibles en vue de la formation des travailleurs adultes ;
b) Des mesures spéciales en vue de la rééducation professionnelle des travailleurs adultes, rendue nécessaire par l'évolution technique ou par une orientation nouvelle du marché du travail ;
4o A assurer ou à favoriser, en tant que de besoin, des mesures particulières de recyclage et de réinsertion des chômeurs de longue durée ;
5o A encourager la pleine utilisation des moyens prévus par des dispositions appropriées telles que :
a) La réduction ou l'abolition de tous droits et charges ;
b) L'octroi d'une assistance financière dans les cas appropriés ;
c) L'inclusion dans les heures normales de travail du temps consacré aux cours supplémentaires de formation suivis pendant l'emploi par le travailleur à la demande de son employeur ;
d) La garantie, au moyen d'un contrôle approprié, en consultation avec les organisations professionnelles d'employeurs et de travailleurs, de l'efficacité du système d'apprentissage et de tout autre système de formation pour jeunes travailleurs, et, d'une manière générale, de la protection adéquate des jeunes travailleurs.
Article 11
Droit à la protection de la santé
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à la protection de la santé, les Parties s'engagent à prendre, soit directement, soit en coopération avec les organisations publiques et privées, des mesures appropriées tendant notamment :
1o A éliminer, dans la mesure du possible, les causes d'une santé déficiente ;
2o A prévoir des services de consultation et d'éducation pour ce qui concerne l'amélioration de la santé et le développement du sens de la responsabilité individuelle en matière de santé ;
3o A prévenir, dans la mesure du possible, les maladies épidémiques, endémiques et autres, ainsi que les accidents.
Article 12
Droit à la sécurité sociale
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à la sécurité sociale, les Parties s'engagent :
1o A établir ou à maintenir un régime de sécurité sociale ;
2o A maintenir le régime de sécurité sociale à un niveau satisfaisant, au moins égal à celui nécessaire pour la ratification du Code européen de sécurité sociale ;
3o A s'efforcer de porter progressivement le régime de sécurité sociale à un niveau plus haut ;
4o A prendre des mesures, par la conclusion d'accords bilatéraux ou multilatéraux appropriés ou par d'autres moyens, et sous réserve des conditions arrêtées dans ces accords, pour assurer :
a) L'égalité de traitement entre les nationaux de chacune des Parties et les ressortissants des autres Parties en ce qui concerne les droits à la sécurité sociale, y compris la conservation des avantages accordés par les législations de sécurité sociale, quels que puissent être les déplacements que les personnes protégées pourraient effectuer entre les territoires des Parties ;
b) L'octroi, le maintien et le rétablissement des droits à la sécurité sociale par des moyens tels que la totalisation des périodes d'assurance ou d'emploi accomplies conformément à la législation de chacune des Parties.
Article 13
Droit à l'assistance sociale et médicale
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à l'assistance sociale et médicale, les Parties s'engagent :
1o A veiller à ce que toute personne qui ne dispose pas de ressources suffisantes et qui n'est pas en mesure de se procurer celles-ci par ses propres moyens ou de les recevoir d'une autre source, notamment par des prestations résultant d'un régime de sécurité sociale, puisse obtenir une assistance appropriée et, en cas de maladie, les soins nécessités par son état ;
2o A veiller à ce que les personnes bénéficiant d'une telle assistance ne souffrent pas, pour cette raison, d'une diminution de leurs droits politiques ou sociaux ;
3o A prévoir que chacun puisse obtenir, par des services compétents de caractère public ou privé, tous conseils et toute aide personnelle nécessaires pour prévenir, abolir ou alléger l'état de besoin d'ordre personnel et d'ordre familial ;
4o A appliquer les dispositions visées aux paragraphes 1, 2 et 3 du présent article, sur un pied d'égalité avec leurs nationaux, aux ressortissants des autres Parties se trouvant légalement sur leur territoire, conformément aux obligations qu'elles assument en vertu de la Convention européenne d'assistance sociale et médicale, signée à Paris le 11 décembre 1953.
Article 14
Droit au bénéfice des services sociaux
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à bénéficier des services sociaux, les Parties s'engagent :
1o A encourager ou organiser les services utilisant les méthodes propres au service social et qui contribuent au bien-être et au développement des individus et des groupes dans la communauté ainsi qu'à leur adaptation au milieu social ;
2o A encourager la participation des individus et des organisations bénévoles ou autres à la création ou au maintien de ces services.
Article 15
Droit des personnes handicapées à l'autonomie, à l'intégration
sociale et à la participation à la vie de la communauté
En vue de garantir aux personnes handicapées, quel que soit leur âge, la nature et l'origine de leur handicap, l'exercice effectif du droit à l'autonomie, à l'intégration sociale et à la participation à la vie de la communauté, les Parties s'engagent notamment :
1o A prendre des mesures nécessaires pour fournir aux personnes handicapées une orientation, une éducation et une formation professionnelle dans le cadre du droit commun chaque fois que possible ou, si tel n'est pas le cas, par le biais d'institutions spécialisées publiques ou privées ;
2o A favoriser leur accès à l'emploi par toute mesure susceptible d'encourager les employeurs à embaucher et à maintenir en activité des personnes handicapées dans le milieu ordinaire de travail et à adapter les conditions de travail aux besoins de ces personnes ou, en cas d'impossibilité en raison du handicap, par l'aménagement ou la création d'emplois protégés en fonction du degré d'incapacité. Ces mesures peuvent justifier, le cas échéant, le recours à des services spécialisés de placement et d'accompagnement ;
3o A favoriser leur pleine intégration et participation à la vie sociale, notamment par des mesures, y compris des aides techniques, visant à surmonter les obstacles à la communication et à la mobilité et à leur permettre d'accéder aux transports, au logement, aux activités culturelles et aux loisirs.
Article 16
Droit de la famille à une protection sociale,
juridique et économique
En vue de réaliser les conditions de vie indispensables au plein épanouissement de la famille, cellule fondamentale de la société, les Parties s'engagent à promouvoir la protection économique, juridique et sociale de la vie de famille, notamment par le moyen de prestations sociales et familiales, de dispositions fiscales, d'encouragement à la construction de logements adaptés aux besoins des familles, d'aide aux jeunes foyers, ou de toutes autres mesures appropriées.
Article 17
Droit des enfants et des adolescents
à une protection sociale, juridique et économique
En vue d'assurer aux enfants et aux adolescents l'exercice effectif du droit de grandir dans un milieu favorable à l'épanouissement de leur personnalité et au développement de leurs aptitudes physiques et mentales, les Parties s'engagent à prendre soit directement, soit en coopération avec les organisations publiques ou privées, toutes les mesures nécessaires et appropriées tendant :
1o a) A assurer aux enfants et aux adolescents, compte tenu des droits et des devoirs des parents, les soins, l'assistance, l'éducation et la formation dont ils ont besoin, notamment en prévoyant la création ou le maintien d'institutions ou de services adéquats et suffisants à cette fin ;
b) A protéger les enfants et les adolescents contre la négligence, la violence ou l'exploitation ;
c) A assurer une protection et une aide spéciale de l'Etat vis-à-vis de l'enfant ou de l'adolescent temporairement ou définitivement privé de son soutien familial ;
2o A assurer aux enfants adolescents un enseignement primaire et secondaire gratuit, ainsi qu'à favoriser la régularité de la fréquentation scolaire.
Article 18
Droit à l'exercice d'une activité lucrative
sur le territoire des autres Parties
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à l'exercice d'une activité lucrative sur le territoire de toute autre Partie, les Parties s'engagent :
1o A appliquer les règlements existants dans un esprit libéral ;
2o A simplifier les formalités en vigueur et à réduire ou supprimer les droits de chancellerie et autres taxes payables par les travailleurs étrangers ou par leurs employeurs ;
3o A assouplir, individuellement ou collectivement, les réglementations régissant l'emploi des travailleurs étrangers ;
et reconnaissent :
4o Le droit de sortie de leurs nationaux désireux d'exercer une activité lucrative sur le territoire des autres Parties.
Article 19
Droit des travailleurs migrants et de leurs familles
à la protection et à l'assistance
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit des travailleurs migrants et de leurs familles à la protection et à l'assistance sur le territoire de toute autre Partie, les Parties s'engagent :
1o A maintenir ou à s'assurer qu'il existe des services gratuits appropriés chargés d'aider ces travailleurs et, notamment, de leur fournir des informations exactes, et à prendre toutes mesures utiles, pour autant que la législation et la réglementation nationales le permettent, contre toute propagande trompeuse concernant l'émigration et l'immigration ;
2o A adopter, dans les limites de leur juridiction, des mesures appropriées pour faciliter le départ, le voyage et l'accueil de ces travailleurs et de leurs familles, et à leur assurer, dans les limites de leur juridiction, pendant le voyage, les services sanitaires et médicaux nécessaires, ainsi que de bonnes conditions d'hygiène ;
3o A promouvoir la collaboration, suivant les cas, entre les services sociaux, publics ou privés, des pays d'émigration et d'immigration ;
4o A garantir à ces travailleurs se trouvant légalement sur leur territoire, pour autant que ces matières sont régies par la législation ou la réglementation ou sont soumises au contrôle des autorités administratives, un traitement non moins favorable qu'à leurs nationaux en ce qui concerne les matières suivantes :
a) La rémunération et les autres conditions d'emploi et de travail ;
b) L'affiliation aux organisations syndicales et la jouissance des avantages offerts par les conventions collectives ;
c) Le logement ;
5o A assurer à ces travailleurs se trouvant légalement sur leur territoire un traitement non moins favorable qu'à leurs propres nationaux en ce qui concerne les impôts, taxes et contributions afférents au travail, perçus au titre du travailleur ;
6o A faciliter autant que possible le regroupement de la famille du travailleur migrant autorisé à s'établir lui-même sur le territoire ;
7o A assurer à ces travailleurs se trouvant légalement sur leur territoire un traitement non moins favorable qu'à leurs nationaux pour les actions en justice concernant les questions mentionnées dans le présent article ;
8o A garantir à ces travailleurs résidant régulièrement sur leur territoire qu'ils ne pourront être expulsés que s'ils menacent la sécurité de l'Etat ou contreviennent à l'ordre public ou aux bonnes moeurs ;
9o A permettre, dans le cadre des limites fixées par la législation, le transfert de toute partie des gains et des économies des travailleurs migrants que ceux-ci désirent transférer ;
10o A étendre la protection et l'assistance prévues par le présent article aux travailleurs migrants travaillant pour leur propre compte, pour autant que les mesures en question sont applicables à cette catégorie ;
11o A favoriser et à faciliter l'enseignement de la langue nationale de l'Etat d'accueil ou, s'il y en a plusieurs, de l'une d'entre elles aux travailleurs migrants et aux membres de leurs familles ;
12o A favoriser et à faciliter, dans la mesure du possible, l'enseignement de la langue maternelle du travailleur migrant à ses enfants.
Article 20
Droit à l'égalité de chances et de traitement en matière d'emploi et de profession, sans discrimination fondée sur le sexe
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à l'égalité de chances et de traitement en matière d'emploi et de profession sans discrimination fondée sur le sexe, les Parties s'engagent à reconnaître ce droit et à prendre les mesures appropriées pour en assurer ou en promouvoir l'application dans les domaines suivants :
a) Accès à l'emploi, protection contre le licenciement et réinsertion professionnelle ;
b) Orientation et formation professionnelles, recyclage, réadaptation professionnelle ;
c) Conditions d'emploi et de travail, y compris la rémunération ;
d) Déroulement de la carrière, y compris la promotion.
Article 21
Droit à l'information et à la consultation
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit des travailleurs à l'information et à la consultation au sein de l'entreprise, les Parties s'engagent à prendre ou à promouvoir des mesures permettant aux travailleurs ou à leurs représentants, conformément à la législation et la pratique nationales :
a) D'être informés régulièrement ou en temps opportun et d'une manière compréhensible de la situation économique et financière de l'entreprise qui les emploie, étant entendu que la divulgation de certaines informations pouvant porter préjudice à l'entreprise pourra être refusée ou qu'il pourra être exigé que celles-ci soient tenues confidentielles ; et
b) D'être consultés en temps utile sur les décisions envisagées qui sont susceptibles d'affecter substantiellement les intérêts des travailleurs, et notamment sur celles qui auraient des conséquences importantes sur la situation de l'emploi dans l'entreprise.
Article 22
Droit de prendre part à la détermination et à l'amélioration
des conditions de travail et du milieu du travail
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit des travailleurs de prendre part à la détermination et à l'amélioration des conditions de travail et du milieu du travail dans l'entreprise, les Parties s'engagent à prendre ou à promouvoir des mesures permettant aux travailleurs ou à leurs représentants, conformément à la législation et à la pratique nationales, de contribuer :
a) A la détermination et à l'amélioration des conditions de travail, de l'organisation du travail et du milieu du travail ;
b) A la protection de la santé et de la sécurité au sein de l'entreprise ;
c) A l'organisation de services et facilités sociaux et socioculturels de l'entreprise ;
d) Au contrôle du respect de la réglementation en ces matières.
Article 23
Droit des personnes âgées à une protection sociale
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit des personnes âgées à une protection sociale, les Parties s'engagent à prendre ou à promouvoir, soit directement, soit en coopération avec les organisations publiques ou privées, des mesures appropriées tendant notamment :
A permettre aux personnes âgées de demeurer le plus longtemps possible des membres à part entière de la société, moyennant :
a) Des ressources suffisantes pour leur permettre de mener une existence décente et de participer activement à la vie publique, sociale et culturelle ;
b) La diffusion des informations concernant les services et les facilités existant en faveur des personnes âgées et les possibilités pour celles-ci d'y recourir ;
A permettre aux personnes âgées de choisir librement leur mode de vie et de mener une existence indépendante dans leur environnement habituel aussi longtemps qu'elles le souhaitent et que cela est possible, moyennant :
a) La mise à disposition de logements appropriés à leurs besoins et à leur état de santé ou d'aides adéquates en vue de l'aménagement du logement ;
b) Les soins de santé et les services que nécessiterait leur état.
A garantir aux personnes âgées vivant en institution l'assistance appropriée, dans le respect de la vie privée et la participation à la détermination des conditions de vie dans l'institution.
Article 24
Droit à la protection en cas de licenciement
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à la protection en cas de licenciement, les Parties s'engagent à reconnaître :
a) Le droit des travailleurs à ne pas être licenciés sans motif valable lié à leur aptitude ou conduite, ou fondé sur les nécessités de fonctionnement de l'entreprise, de l'établissement ou du service ;
b) Le droit des travailleurs licenciés sans motif valable à une indemnité adéquate ou à une autre réparation appropriée.
A cette fin les Parties s'engagent à assurer qu'un travailleur qui estime avoir fait l'objet d'une mesure de licenciement sans motif valable ait un droit de recours contre cette mesure devant un organe impartial.
Article 25
Droit des travailleurs à la protection de leurs créances
en cas d'insolvabilité de leur employeur
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit des travailleurs à la protection de leurs créances en cas d'insolvabilité de leur employeur, les Parties s'engagent à prévoir que les créances des travailleurs résultant de contrats de travail ou de relations d'emploi soient garanties par une institution de garantie ou par toute autre forme effective de protection.
Article 26
Droit à la dignité au travail
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit de tous les travailleurs à la protection de leur dignité au travail, les Parties s'engagent, en consultation avec les organisations d'employeurs et de travailleurs :
1o A promouvoir la sensibilisation, l'information et la prévention en matière de harcèlement sexuel sur le lieu de travail ou en relation avec le travail, et à prendre toute mesure appropriée pour protéger les travailleurs contre de tels comportements ;
2o A promouvoir la sensibilisation, l'information et la prévention en matière d'actes condamnables ou explicitement hostiles et offensifs dirigés de façon répétée contre tout salarié sur le lieu de travail ou en relation avec le travail, et à prendre toute mesure appropriée pour protéger les travailleurs contre de tels comportements.
Article 27
Droit des travailleurs ayant des responsabilités familiales
à l'égalité des chances et de traitement
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à l'égalité des chances et de traitement entre les travailleurs des deux sexes ayant des responsabilités familiales et entre ces travailleurs et les autres travailleurs, les Parties s'engagent :
1o A prendre des mesures appropriées :
a) Pour permettre aux travailleurs ayant des responsabilités familiales d'entrer et de rester dans la vie active ou d'y retourner après une absence due à ces responsabilités, y compris des mesures dans le domaine de l'orientation et la formation professionnelles ;
b) Pour tenir compte de leurs besoins en ce qui concerne les conditions d'emploi et la sécurité sociale ;
c) Pour développer ou promouvoir des services, publics ou privés, en particulier les services de garde de jour d'enfants et d'autres modes de garde ;
2o A prévoir la possibilité pour chaque parent, au cours d'une période après le congé de maternité, d'obtenir un congé parental pour s'occuper d'un enfant, dont la durée et les conditions seront fixées par la législation nationale, les conventions collectives ou la pratique ;
3o A assurer que les responsabilités familiales ne puissent, en tant que telles, constituer un motif valable de licenciement.
Article 28
Droit des représentants des travailleurs à la protection
dans l'entreprise et facilités à leur accorder
Afin d'assurer l'exercice effectif du droit des représentants des travailleurs de remplir leurs fonctions de représentants, les Parties s'engagent à assurer que dans l'entreprise :
a) Ils bénéficient d'une protection effective contre les actes qui pourraient leur porter préjudice, y compris le licenciement, et qui seraient motivés par leur qualité ou leurs activités de représentants des travailleurs dans l'entreprise ;
b) Ils aient les facilités appropriées afin de leur permettre de remplir rapidement et efficacement leurs fonctions en tenant compte du système de relations professionnelles prévalant dans le pays ainsi que des besoins, de l'importance et des possibilités de l'entreprise intéressée.
Article 29
Droit à l'information et à la consultation
dans les procédures de licenciements collectifs
Afin d'assurer l'exercice effectif du droit des travailleurs à être informés et consultés en cas de licenciements collectifs, les Parties s'engagent à assurer que les employeurs informent et consultent les représentants des travailleurs en temps utile, avant ces licenciements collectifs, sur les possibilités d'éviter les licenciements collectifs ou de limiter leur nombre et d'atténuer leurs conséquences, par exemple par le recours à des mesures sociales d'accompagnement visant notamment l'aide au reclassement ou à la réinsertion des travailleurs concernés.
Article 30
Droit à la protection contre la pauvreté et l'exclusion sociale
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit à la protection contre la pauvreté et l'exclusion sociale, les Parties s'engagent :
a) A prendre des mesures dans le cadre d'une approche globale et coordonnée pour promouvoir l'accès effectif notamment à l'emploi, au logement, à la formation, à l'enseignement, à la culture, à l'assistance sociale et médicale des personnes se trouvant ou risquant de se trouver en situation d'exclusion sociale ou de pauvreté, et de leur famille ;
b) A réexaminer ces mesures en vue de leur adaptation si nécessaire.
Article 31
Droit au logement
En vue d'assurer l'exercice effectif du droit au logement, les Parties s'engagent à prendre des mesures destinées :
1o A favoriser l'accès au logement d'un niveau suffisant ;
2o A prévenir et à réduire l'état de sans-abri en vue de son élimination progressive ;
3o A rendre le coût du logement accessible aux personnes qui ne disposent pas de ressources suffisantes.
Partie III
Article A
Engagements
1o Sous réserve des dispositions de l'article B ci-dessous, chacune des Parties s'engage :
a) A considérer la partie I de la présente Charte comme une déclaration déterminant les objectifs dont elle poursuivra par tous les moyens utiles la réalisation, conformément aux dispositions du paragraphe introductif de ladite partie ;
b) A se considérer comme liée par six au moins des neuf articles suivants de la partie II de la Charte : articles 1er, 5, 6, 7, 12, 13, 16, 19 et 20 ;
c) A se considérer comme liée par un nombre supplémentaire d'articles ou de paragraphes numérotés de la partie II de la Charte, qu'elle choisira, pourvu que le nombre total des articles et des paragraphes numérotés qui la lient ne soit pas inférieur à seize articles ou à soixante-trois paragraphes numérotés ;
2o Les articles ou paragraphes choisis conformément aux dispositions des alinéas b et c du paragraphe 1 du présent article seront notifiés au Secrétaire général du Conseil de l'Europe lors du dépôt de l'instrument de ratification, d'acceptation ou d'approbation ;
3o Chacune des Parties pourra, à tout moment ultérieur, déclarer par notification adressée au Secrétaire général qu'elle se considère comme liée par tout autre article ou paragraphe numéroté figurant dans la partie II de la Charte et qu'elle n'avait pas encore accepté conformément aux dispositions du paragraphe 1 du présent article. Ces engagements ultérieurs seront réputés partie intégrante de la ratification, de l'acceptation ou de l'approbation et porteront les mêmes effets dès le premier jour du mois suivant l'expiration d'une période d'un mois après la date de la notification ;
4o Chaque Partie disposera d'un système d'inspection du travail approprié à ses conditions nationales.
Article B
Liens avec la Charte sociale européenne
et le Protocole additionnel de 1988
1. Aucune Partie contractante à la Charte sociale européenne ou Partie au Protocole additionnel du 5 mai 1988 ne peut ratifier, accepter ou approuver la présente Charte sans se considérer liée au moins par les dispositions correspondant aux dispositions de la Charte sociale européenne et, le cas échéant, du Protocole additionnel, auxquelles elle était liée.
2. L'acceptation des obligations de toute disposition de la présente Charte aura pour effet que, à partir de la date d'entrée en vigueur de ces obligations à l'égard de la Partie concernée, la disposition correspondante de la Charte sociale européenne et, le cas échéant, de son Protocole additionnel de 1988 cessera de s'appliquer à la Partie concernée au cas où cette Partie serait liée par le premier des deux instruments précités ou par les deux instruments.
Partie IV
Article C
Contrôle de l'application des engagements contenus
dans la présente Charte
L'application des engagements juridiques contenus dans la présente Charte sera soumise au même contrôle que celui de la Charte sociale européenne.
Article D
Réclamations collectives
1. Les dispositions du Protocole additionnel à la Charte sociale européenne prévoyant un système de réclamations collectives s'appliqueront aux dispositions souscrites en application de la présente Charte pour les Etats qui ont ratifié ledit protocole.
2. Tout Etat qui n'est pas lié par le Protocole additionnel à la Charte sociale européenne prévoyant un système de réclamations collectives pourra, lors du dépôt de son instrument de ratification, d'acceptation ou d'approbation de la présente Charte ou à tout autre moment par la suite, déclarer par notification adressée au Secrétaire général du Conseil de l'Europe qu'il accepte le contrôle des obligations souscrites au titre de la présente Charte selon la procédure prévue par ledit Protocole.
Partie V
Article E
Non-discrimination
La jouissance des droits reconnus dans la présente Charte doit être assurée sans distinction aucune fondée notamment sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'ascendance nationale ou l'origine sociale, la santé, l'appartenance à une minorité nationale, la naissance ou toute autre situation.
Article F
Dérogations en cas de guerre ou de danger public
1. En cas de guerre ou en cas d'autre danger public menaçant la vie de la nation, toute Partie peut prendre des mesures dérogeant aux obligations prévues par la présente Charte, dans la stricte mesure où la situation l'exige et à la condition que ces mesures ne soient pas en contradiction avec les autres obligations découlant du droit international.
2. Toute Partie ayant exercé ce droit de dérogation tient, dans un délai raisonnable, le secrétaire général du Conseil de l'Europe pleinement informé des mesures prises et des motifs qui les ont inspirées. Elle doit également informer le Secrétaire général de la date à laquelle ces mesures ont cessé d'être en vigueur et à laquelle les dispositions de la Charte qu'elle a acceptées reçoivent de nouveau pleine application.
Article G
Restrictions
1. Les droits et principes énoncés dans la partie I, lorsqu'ils seront effectivement mis en oeuvre, et l'exercice effectif de ces droits et principes, tel qu'il est prévu dans la partie II, ne pourront faire l'objet de restrictions ou limitations non spécifiées dans les parties I et II, à l'exception de celles prescrites par la loi et qui sont nécessaires, dans une société démocratique, pour garantir le respect des droits et des libertés d'autrui ou pour protéger l'ordre public, la sécurité nationale, la santé publique ou les bonnes moeurs.
2. Les restrictions apportées en vertu de la présente Charte aux droits et obligations reconnus dans celle-ci ne peuvent être appliquées que dans le but pour lequel elles ont été prévues.
Article H
Relations entre la Charte et le droit interne
ou les accords internationaux
Les dispositions de la présente Charte ne portent pas atteinte aux dispositions de droit interne et des traités, conventions ou accords bilatéraux ou multilatéraux qui sont ou entreront en vigueur et qui seraient plus favorables aux personnes protégées.
Article I
Mise en oeuvre des engagements souscrits
1. Sans préjudice des moyens de mise en oeuvre énoncés par ces articles, les dispositions pertinentes des articles 1er à 31 de la partie II de la présente Charte sont mises en oeuvre par :
a) La législation ou la réglementation ;
b) Des conventions conclues entre employeurs ou organisations d'employeurs et organisations de travailleurs ;
c) Une combinaison de ces deux méthodes ;
d) D'autres moyens appropriés.
2. Les engagements découlant des paragraphes 1, 2, 3, 4, 5 et 7 de l'article 2, des paragraphes 4, 6 et 7 de l'article 7, des paragraphes 1, 2, 3 et 5 de l'article 10 et des articles 21 et 22 de la partie II de la présente Charte seront considérés comme remplis dès lors que ces dispositions seront appliquées, conformément au paragraphe 1 du présent article, à la grande majorité des travailleurs intéressés.
Article J
Amendements
1. Tout amendement aux parties I et II de la présente Charte destiné à étendre les droits garantis par la présente Charte et tout amendement aux parties III à VI, proposé par une Partie ou par le Comité gouvernemental, est communiqué au Secrétaire général du Conseil de l'Europe et transmis par le Secrétaire général aux Parties à la présente Charte.
2. Tout amendement proposé conformément aux dispositions du paragraphe précédent est examiné par le Comité gouvernemental qui soumet le texte adopté à l'approbation du Comité des ministres après consultation de l'Assemblée parlementaire. Après son approbation par le Comité des ministres, ce texte est communiqué aux Parties en vue de son acceptation.
3. Tout amendement à la partie I et à la partie II de la présente Charte entrera en vigueur, à l'égard des Parties qui l'ont accepté, le premier jour du mois qui suit l'expiration d'une période d'un mois après la date à laquelle trois Parties auront informé le Secrétaire général qu'elles l'ont accepté.
Pour toute Partie qui l'aura accepté ultérieurement, l'amendement entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l'expiration d'une période d'un mois après la date à laquelle ladite Partie aura informé le Secrétaire général de son acceptation.
4o Tout amendement aux parties III à VI de la présente Charte entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l'expiration d'une période d'un mois après la date à laquelle toutes les Parties auront informé le Secrétaire général qu'elles l'ont accepté.
Partie VI
Article K
Signature, ratification et entrée en vigueur
1. La présente Charte est ouverte à la signature des Etats membres du Conseil de l'Europe. Elle sera soumise à ratification, acceptation ou approbation. Les instruments de ratification, d'acceptation ou d'approbation seront déposés près le Secrétaire général du Conseil de l'Europe.
2. La présente Charte entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l'expiration d'une période d'un mois après la date à laquelle trois Etats membres du Conseil de l'Europe auront exprimé leur consentement à être liés par la présente Charte, conformément aux dispositions du paragraphe précédent.
3. Pour tout Etat membre qui exprimera ultérieurement son consentement à être lié par la présente Charte, celle-ci entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l'expiration d'une période d'un mois après la date du dépôt de l'instrument de ratification, d'acceptation ou d'approbation.
Article L
Application territoriale
1. La présente Charte s'applique au territoire métropolitain de chaque Partie. Tout signataire peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, d'acceptation ou d'approbation, préciser, par déclaration faite au Secrétaire général du Conseil de l'Europe, le territoire qui est considéré à cette fin comme son territoire métropolitain.
2. Tout signataire peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de l'instrument de ratification, d'acceptation ou d'approbation, ou à tout autre moment par la suite, déclarer, par notification adressée au Secrétaire général du Conseil de l'Europe, que la Charte, en tout ou en partie, s'appliquera à celui ou à ceux des territoires non métropolitains désignés dans ladite déclaration et dont il assure les relations internationales ou dont il assume la responsabilité internationale. Il spécifiera dans cette déclaration les articles ou paragraphes de la partie II de la Charte qu'il accepte comme obligatoires en ce qui concerne chacun des territoires désignés dans la déclaration.
3. La Charte s'appliquera au territoire ou aux territoires désignés dans la déclaration visée au paragraphe précédent à partir du premier jour du mois suivant l'expiration d'une période d'un mois après la date de réception de la notification de cette déclaration par le Secrétaire général.
4. Toute Partie pourra, à tout moment ultérieur, déclarer, par notification adressée au Secrétaire général du Conseil de l'Europe, que, en ce qui concerne un ou plusieurs des territoires auquels la Charte s'applique en vertu du paragraphe 2 du présent article, elle accepte comme obligatoire tout article ou paragraphe numéroté qu'elle n'avait pas encore accepté en ce qui concerne ce ou ces territoires. Ces engagements ultérieurs seront réputés partie intégrante de la déclaration originale en ce qui concerne le territoire en question et porteront les mêmes effets à partir du premier jour du mois suivant l'expiration d'une période d'un mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire général.
Article M
Dénonciation
1. Aucune Partie ne peut dénoncer la présente Charte avant l'expiration d'une période de cinq ans après la date à laquelle la Charte est entrée en vigueur en ce qui la concerne, ou avant l'expiration de toute autre période ultérieure de deux ans et, dans tous les cas, un préavis de six mois sera notifié au Secrétaire général du Conseil de l'Europe, qui en informera les autres Parties.
2. Toute Partie peut, aux termes des dispositions énoncées dans le paragraphe précédent, dénoncer tout article ou paragraphe de la partie II de la Charte qu'elle a acceptée, sous réserve que le nombre des articles ou paragraphes auxquels cette Partie est tenue ne soit jamais inférieur à seize dans le premier cas et à soixante-trois dans le second et que ce nombre d'articles ou paragraphes continue de comprendre les articles choisis par cette Partie parmi ceux auxquels une référence spéciale est faite dans l'article A, paragraphe 1, alinéa b.
3. Toute Partie peut dénoncer la présente Charte ou tout article ou paragraphe de la partie II de la Charte aux conditions prévues au paragraphe 1 du présent article, en ce qui concerne tout territoire auquel s'applique la Charte en vertu d'une déclaration faite conformément au paragraphe 2 de l'article L.
Article N
Annexe
L'annexe à la présente Charte fait partie intégrante de celle-ci.
Article O
Notifications
Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe notifiera aux Etats membres du Conseil et au directeur général du bureau international du travail :
a) Toute signature ;
b) Le dépôt de tout instrument de ratification, d'acceptation ou d'approbation ;
c) Toute date d'entrée en vigueur de la présente Charte, conformément à son article K ;
d) Toute déclaration en application des articles A, paragraphes 2 et 3, D, paragraphes 1 et 2, F, paragraphe 2, et L, paragraphes 1, 2, 3 et 4 ;
e) Tout amendement, conformément à l'article J ;
f) Toute dénonciation, conformément à l'article M ;
g) Tout autre acte, notification ou communication ayant trait à la présente Charte.
En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé la présente Charte révisée.
Fait à Strasbourg, le 3 mai 1996, en français et en anglais, les deux textes faisant également foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de l'Europe. Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe en communiquera copie certifiée conforme à chacun des Etats membres du Conseil de l'Europe et au directeur général du bureau international du travail.
A N N E X E
A LA CHARTE SOCIALE EUROPEENNE REVISEE
Portée de la Charte sociale européenne révisée
en ce qui concerne les personnes protégées
1. Sous réserve des dispositions de l'article 12, paragraphe 4, et de l'article 13, paragraphe 4, les personnes visées aux articles 1 à 17 et 20 à 31 ne comprennent les étrangers que dans la mesure où ils sont des ressortissants des autres Parties résidant légalement ou travaillant régulièrement sur le territoire de la Partie intéressée, étant entendu que les articles susvisés seront interprétés à la lumière des dispositions des articles 18 et 19.
La présente interprétation n'exclut pas l'extension de droits analogues à d'autres personnes par l'une quelconque des Parties.
2. Chaque Partie accordera aux réfugiés répondant à la définition de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et du Protocole du 31 janvier 1967, et résidant régulièrement sur son territoire, un traitement aussi favorable que possible et en tout cas non moins favorable que celui auquel elle s'est engagée en vertu de la convention de 1951, ainsi que de tous autres accords internationaux existants et applicables aux réfugiés mentionnés ci-dessus.
3. Chaque Partie accordera aux apatrides répondant à la définition de la Convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides et résidant régulièrement sur son territoire un traitement aussi favorable que possible et en tout cas non moins favorable que celui auquel elle s'est engagée en vertu de cet instrument ainsi que de tous autres accords internationaux existants et applicables aux apatrides mentionnés ci-dessus.
Partie I, paragraphe 18,
et Partie II, article 18, paragraphe 1
Il est entendu que ces dispositions ne concernent pas l'entrée sur le territoire des Parties et ne portent pas atteinte à celles de la Convention européenne d'établissement signée à Paris le 13 décembre 1955.
Partie II
Article 1er
Paragraphe 2
Cette disposition ne saurait être interprétée ni comme interdisant ni comme autorisant les clauses ou pratiques de sécurité syndicale.
Article 2
Paragraphe 6
Les Parties pourront prévoir que cette disposition ne s'applique pas :
a) Aux travailleurs ayant un contrat ou une relation de travail dont la durée totale n'excède pas un mois et/ou dont la durée de travail hebdomadaire n'excède pas huit heures ;
b) Lorsque le contrat ou la relation de travail a un caractère occasionnel et/ou particulier, à condition, dans ces cas, que des raisons objectives justifient la non-application.
Article 3
Paragraphe 4
Il est entendu qu'aux fins d'application de cette disposition les fonctions, l'organisation et les conditions de fonctionnement de ces services doivent être déterminées par la législation ou la réglementation nationale, des conventions collectives ou de toute autre manière appropriée aux conditions nationales.
Article 4
Paragraphe 4
Cette disposition sera interprétée de manière à ne pas interdire un licenciement immédiat en cas de faute grave.
Article 4
Paragraphe 5
Il est entendu qu'une Partie peut prendre l'engagement requis dans ce paragraphe si les retenues sur salaires sont interdites pour la grande majorité des travailleurs, soit par la loi soit par les conventions collectives ou les sentences arbitrales, les seules exceptions étant constituées par les personnes non visées par ces instruments.
Article 6
Paragraphe 4
Il est entendu que chaque Partie peut, en ce qui la concerne, réglementer l'exercice du droit de grève par la loi, pourvu que toute autre restriction éventuelle à ce droit puisse être justifiée aux termes de l'article G.
Article 7
Paragraphe 2
La présente disposition n'empêche pas les Parties de prévoir dans la loi la possibilité, pour des adolescents n'ayant pas atteint l'âge minimum prévu, de réaliser des travaux strictement nécessaires à leur formation professionnelle lorsque le travail est réalisé sous le contrôle du personnel compétent autorisé et que la sécurité et la protection de la santé des adolescents au travail sont garanties.
Article 7
Paragraphe 8
Il est entendu qu'une Partie aura rempli l'engagement requis dans ce paragraphe si elle se conforme à l'esprit de cet engagement en prévoyant dans sa législation que la grande majorité des personnes de moins de dix-huit ans ne sera pas employée à des travaux de nuit.
Article 8
Paragraphe 2
Cette disposition ne saurait être interprétée comme consacrant une interdiction de caractère absolu. Des exceptions pourront intervenir, par exemple, dans les cas suivants :
a) Si la travailleuse a commis une faute justifiant la rupture du rapport de travail ;
b) Si l'entreprise en question cesse son activité ;
c) Si le terme prévu par le contrat de travail est échu.
Article 12
Paragraphe 4
Les mots " et sous réserve des conditions arrêtées dans ces accords " figurant dans l'introduction à ce paragraphe sont considérés comme signifiant que, en ce qui concerne les prestations existant indépendamment d'un système contributif, une Partie peut requérir l'accomplissement d'une période de résidence prescrite avant d'octroyer ces prestations aux ressortissants d'autres parties.
Article 13
Paragraphe 4
Les gouvernements qui ne sont pas Parties à la Convention européenne d'assistance sociale et médicale peuvent ratifier la Charte en ce qui concerne ce paragraphe, sous réserve qu'ils accordent aux ressortissants des autres Parties un traitement conforme aux dispositions de ladite convention.
Article 16
Il est entendu que la protection accordée par cette disposition couvre les familles monoparentales.
Article 17
Il est entendu que cette disposition couvre toutes les personnes âgées de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui leur est applicable, sans préjudice des autres dispositions spécifiques prévues par la Charte, notamment l'article 7.
Cela n'implique pas une obligation d'assurer l'enseignement obligatoire jusqu'à l'âge mentionné ci-dessus.
Article 19
Paragraphe 6
Aux fins d'application de la présente disposition, on entend par " famille du travailleur migrant " au moins le conjoint du travailleur et ses enfants non mariés, aussi longtemps qu'ils sont considérés comme mineurs par la législation pertinente de l'Etat d'accueil et sont à la charge du travailleur.
Article 20
1. Il est entendu que les matières relevant de la sécurité sociale, ainsi que les dispositions relatives aux prestations de chômage, aux prestations de vieillesse et aux prestations de survivants, peuvent être exclues du champ d'application de cet article.
2. Ne seront pas considérées comme des discriminations au sens du présent article les dispositions relatives à la protection de la femme, notamment en ce qui concerne la grossesse, l'accouchement et la période postnatale.
3. Le présent article ne fait pas obstacle à l'adoption de mesures spécifiques visant à remédier à des inégalités de fait.
4. Pourront être exclues du champ d'application du présent article, ou de certaines de ses dispositions, les activités professionnelles qui, en raison de leur nature ou des conditions de leur exercice, ne peuvent être confiées qu'à des personnes d'un sexe donné. Cette disposition ne saurait être interprétée comme obligeant les Parties à arrêter par la voie législative ou réglementaire la liste des activités professionnelles qui, en raison de leur nature ou des conditions de leur exercice, peuvent être réservées à des travailleurs d'un sexe déterminé.
Articles 21 et 22
1. Aux fins d'application de ces articles, les termes " représentants des travailleurs " désignent des personnes reconnues comme telles par la législation ou la pratique nationales.
2. Les termes " la législation et la pratique nationales " visent, selon le cas, outre les lois et les règlements, les conventions collectives, d'autres accords entre les employeurs et les représentants des travailleurs, les usages et les décisions judiciaires pertinentes.
3. Aux fins d'application de ces articles, le terme " entreprise " est interprété comme visant un ensemble d'éléments matériels et immatériels, ayant ou non la personnalité juridique, destiné à la production de biens ou à la prestation de services, dans un but économique, et disposant du pouvoir de décision quant à son comportement sur le marché.
4. Il est entendu que les communautés religieuses et leurs institutions peuvent être exclues de l'application de ces articles même lorsque ces institutions sont des " entreprises " au sens du paragraphe 3. Les établissements poursuivant des activités inspirées par certains idéaux ou guidées par certains concepts moraux, idéaux et concepts protégés par la législation nationale, peuvent être exclus de l'application de ces articles dans la mesure nécessaire pour protéger l'orientation de l'entreprise.
5. Il est entendu que, lorsque dans un Etat les droits énoncés dans les présents articles sont exercés dans les divers établissements de l'entreprise, la Partie concernée doit être considérée comme satisfaisant aux obligations découlant de ces dispositions.
6. Les Parties pourront exclure du champ d'application des présents articles les entreprises dont les effectifs n'atteignent pas un seuil déterminé par la législation ou la pratique nationales.
Article 22
1. Cette disposition n'affecte ni les pouvoirs et obligations des Etats en matière d'adoption de règlements concernant l'hygiène et la sécurité sur les lieux de travail, ni les compétences et responsabilités des organes chargés de surveiller le respect de leur application.
2. Les termes " services et facilités sociaux et socioculturels " visent les services et facilités de nature sociale et/ou culturelle qu'offrent certaines entreprises aux travailleurs tels qu'une assistance sociale, des terrains de sport, des salles d'allaitement, des bibliothèques, des colonies de vacances, etc.
Article 23
Paragraphe 1
Aux fins d'application de ce paragraphe, l'expression " le plus longtemps possible " se réfère aux capacités physiques, psychologiques et intellectuelles de la personne âgée.
Article 24
1. Il est entendu qu'aux fins de cet article le terme " licenciement " signifie la cessation de la relation de travail à l'initiative de l'employeur.
2. Il est entendu que cet article couvre tous les travailleurs mais qu'une Partie peut soustraire entièrement ou partiellement de sa protection les catégories suivantes de travailleurs salariés :
a) Les travailleurs engagés aux termes d'un contrat de travail portant sur une période déterminée ou une tâche déterminée ;
b) Les travailleurs effectuant une période d'essai ou n'ayant pas la période d'ancienneté requise, à condition que la durée de celle-ci soit fixée d'avance et qu'elle soit raisonnable ;
c) Les travailleurs engagés à titre occasionnel pour une courte période.
3. Aux fins de cet article, ne constituent pas des motifs valables de licenciement notamment :
a) L'affiliation syndicale ou la participation à des activités syndicales en dehors des heures de travail ou, avec le consentement de l'employeur, durant les heures de travail ;
b) Le fait de solliciter, d'exercer ou d'avoir un mandat de représentation des travailleurs ;
c) Le fait d'avoir déposé une plainte ou participé à des procédures engagées contre un employeur en raison de violations alléguées de la législation, ou présenté un recours devant les autorités administratives compétentes ;
d) La race, la couleur, le sexe, l'état matrimonial, les responsabilités familiales, la grossesse, la religion, l'opinion politique, l'ascendance nationale ou l'origine sociale ;
e) Le congé de maternité ou le congé parental ;
f) L'absence temporaire du travail en raison de maladie ou d'accident.
4. Il est entendu que l'indemnité ou toute autre réparation appropriée en cas de licenciement sans motif valable doit être déterminée par la législation ou la réglementation nationales, par des conventions collectives ou de toute autre manière appropriée aux conditions nationales.
Article 25
1. L'autorité compétente peut à titre exceptionnel et après consultation des organisations d'employeurs et de travailleurs exclure des catégories déterminées de travailleurs de la protection prévue dans cette disposition en raison de la nature particulière de leur relation d'emploi.
2. Il est entendu que le terme " insolvabilité " sera défini par la loi et la pratique nationales.
3. Les créances des travailleurs sur lesquelles porte cette disposition devront au moins comprendre :
a) Les créances des travailleurs au titre des salaires afférents à une période déterminée, qui ne doit pas être inférieure à trois mois dans un système de privilège et à huit semaines dans un système de garantie, précédant l'insolvabilité ou la cessation de la relation d'emploi ;
b) Les créances des travailleurs au titre des congés payés dus en raison du travail effectué dans le courant de l'année dans laquelle est survenue l'insolvabilité ou la cessation de la relation d'emploi ;
c) Les créances des travailleurs au titre des montants dus pour d'autres absences rémunérées afférentes à une période déterminée, qui ne doit pas être inférieure à trois mois dans un système de privilège et à huit semaines dans un système de garantie, précédant l'insolvabilité ou la cessation de la relation d'emploi.
4. Les législations et réglementations nationales peuvent limiter la protection des créances des travailleurs à un montant déterminé qui devra être d'un niveau socialement acceptable.
Article 26
Il est entendu que cet article n'oblige pas les Parties à promulguer une législation.
Il est entendu que le paragraphe 2 ne couvre pas le harcèlement sexuel.
Article 27
Il est entendu que cet article s'applique aux travailleurs des deux sexes ayant des responsabilités familiales à l'égard de leurs enfants à charge ainsi qu'à l'égard d'autres membres de leur famille directe qui ont manifestement besoin de leurs soins ou de leur soutien, lorsque ces responsabilités limitent leurs possibilités de se préparer à l'activité économique, d'y accéder, d'y participer ou d'y progresser. Les termes " enfants à charge " et " autre membre de la famille directe qui a manifestement besoin de soins et de soutien " s'entendent au sens défini par la législation nationale des Parties.
Articles 28 et 29
Aux fins d'application de ces articles, le terme " représentants des travailleurs " désigne des personnes reconnues comme telles par la législation ou la pratique nationales.
Partie III
Il est entendu que la Charte contient des engagements juridiques de caractère international dont l'application est soumise au seul contrôle visé par la partie IV.
Article A
Paragraphe 1
Il est entendu que les paragraphes numérotés peuvent comprendre des articles ne contenant qu'un seul paragraphe.
Article B
Paragraphe 2
Aux fins du paragraphe 2 de l'article B, les dispositions de la Charte révisée correspondent aux dispositions de la Charte qui portent le même numéro d'article ou de paragraphe, à l'exception :
a) De l'article 3, paragraphe 2, de la Charte révisée qui correspond à l'article 3, paragraphes 1 et 3, de la Charte ;
b) De l'article 3, paragraphe 3, de la Charte révisée qui correspond à l'article 3, paragraphes 2 et 3, de la Charte ;
c) De l'article 10, paragraphe 5, de la Charte révisée qui correspond à l'article 10, paragraphe 4, de la Charte ;
d) De l'article 17, paragraphe 1, de la Charte révisée qui correspond à l'article 17 de la Charte.
Partie V
Article E
Une différence de traitement fondée sur un motif objectif et raisonnable n'est pas considérée comme discriminatoire.
Article F
Les termes " en cas de guerre ou en cas d'autre danger public " seront interprétés de manière à couvrir également la menace de guerre.
Article I
Il est entendu que les travailleurs exclus conformément à l'annexe des articles 21 et 22 ne sont pas pris en compte lors de l'établissement du nombre des travailleurs intéressés.
Article J
Le terme " amendement " sera entendu de manière à couvrir également l'inclusion de nouveaux articles dans la Charte.

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J.O. Numéro 33 du 9 Février 2000 page 2031

Textes généraux
Ministère de l'emploi et de la solidarité
Décret no 2000-101 du 7 février 2000 relatif à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés, mutilés de guerre et assimilés et modifiant l'article D. 323-2 du code du travail NOR : MESF0010061D Le Premier ministre,
Sur le rapport de la ministre de l'emploi et de la solidarité,
Vu le code du travail, et notamment les articles L. 323-1, L. 323-3 et L. 323-4 ;
Vu l'avis du Conseil supérieur pour le reclassement professionnel et social des travailleurs handicapés,
Décrète :
Art. 1er. - Le premier alinéa de l'article D. 323-2 du code du travail est ainsi rédigé :
" Les catégories de bénéficiaires visées à l'article L. 323-3 comptent pour au moins une unité. Si elles sont titulaires d'un contrat de travail à durée indéterminée, elles comptent au moins pour deux unités l'année d'embauche et l'année suivante. "

Art. 2. - La ministre de l'emploi et de la solidarité est chargée de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 7 février 2000.
Lionel Jospin

Par le Premier ministre :

La ministre de l'emploi et de la solidarité,
Martine Aubry

 

 

 

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J.O. Numéro 29 du 4 Février 2000 page 1843

Textes généraux Ministère de l'équipement, des transports et du logement

Décret no 2000-96 du 2 février 2000 modifiant le décret no 86-201 du 11 février 1986 portant création du Conseil national du tourisme

Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de l'équipement, des transports et du logement et de la secrétaire d'Etat au tourisme,
Vu le décret no 86-201 du 11 février 1986 portant création du Conseil national du tourisme, modifié par les décrets no 86-1120 du 13 octobre 1986, no 87-1030 du 18 décembre 1987, no 88-266 du 16 mars 1988, no 90-350 du 19 avril 1990, no 92-786 du 7 août 1992 et no 96-306 du 5 avril 1996 ;
Vu le décret no 93-343 du 15 mars 1993 relatif à l'organisation de l'administration centrale du ministère du tourisme ;
Vu le décret no 97-723 du 16 juin 1997 relatif aux attributions déléguées au secrétaire d'Etat au tourisme,
Décrète :

Art. 1er. - L'article 3 du décret du 11 février 1986 susvisé est remplacé par les dispositions suivantes :
" Art. 3. - Le Conseil national du tourisme est composé de deux collèges : un collège de membres de droit et un collège de conseillers techniques.
" Le collège des membres de droit est composé comme suit :
" I. - Parlementaires et corps constitués :
" - cinq députés désignés par l'Assemblée nationale ;
" - cinq sénateurs désignés par le Sénat ;
" - deux membres du Conseil économique et social désignés par son président, choisis dans la section Cadre de vie.
" II. - Représentants des collectivités territoriales :
" - le président de l'Association des régions de France ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des comités régionaux de tourisme (FNCRT) ou son représentant ;
" - les présidents des comités régionaux de tourisme (CRT) ou organismes en tenant lieu ou leurs représentants ;
" - le président de l'Assemblée des départements de France ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des comités départementaux du tourisme (FNCDT) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des services de réservation – loisirs - accueil (FNSRLA) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des offices de tourisme et syndicats d'initiative (FNOTSI) ou son représentant ;
" - les présidents des conseils économiques et sociaux régionaux (CESR) ou leurs représentants ;
" - le président de l'Association des maires de France ou son représentant ;
" - le président de l'Association nationale des maires des stations classées et des communes touristiques ou son représentant ;
" - le président de l'Association des maires des stations françaises de sports d'hiver et d'été ou son représentant ;
" - le président de l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM) ou son représentant ;
" - le président de l'Association nationale des élus du littoral (ANEL) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des pays d'accueil touristiques (FNPAT) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération française des stations vertes de vacances et des villages de neige ou son représentant.
" III. - Représentants des syndicats :
" - un représentant de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ;
" - un représentant de la Confédération générale du travail (CGT) ;
" - un représentant de la Confédération générale du travail Force ouvrière (CGT-FO) ;
" - un représentant de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) ;
" - un représentant de la Confédération générale des cadres (CGC) ;
" - un représentant de l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) ;
" - un représentant du MEDEF ;
" - le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) ou son représentant ;
" - le président du Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA) ou son représentant.
" IV. - Représentants des professions du tourisme :
" - le président de la Fédération nationale des gîtes de France ou son représentant ;
" - le président de la Fédération thermale et climatique française ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des logis de France ou son représentant ;
" - le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) ou son représentant ;
" - le président de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI) ou son représentant ;
" - le président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale de l'immobilier ou son représentant ;
" - le président du Syndicat national des résidences de tourisme (SNRT) ou son représentant ;
" - trois représentants des fédérations de l'industrie hôtelière (hôtels, restaurants, débits de boissons) ;
" - sept représentants d'entreprises d'hôtellerie et de restauration ;
" - deux représentants des professions du camping et du tourisme en caravane.
" V. - Représentants des organismes de voyages et des tours opérateurs :
" - le président du Syndicat national des agents de voyages (SNAV) ou son représentant ;
" - quinze représentants d'entreprises ayant un réseau d'agences de voyages ou exerçant le métier de tour-opérateur.
" VI. - Représentants des associations de tourisme et du tourisme social :
" - le président de la Bourse Solidarité Vacances ou son représentant ;
" - le président de l'Union nationale des associations de tourisme (UNAT) ou son représentant ;
" - le président de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) ou son représentant ;
" - le président de l'Union nationale des associations familiales (UNAF) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération des mutuelles de France (FMF) ou son représentant ;
" - le président-directeur général de l'Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) ou son représentant ;
" - le président de la Coordination nationale du tourisme social et associatif ou son représentant ;
" - dix représentants des associations de tourisme.
" VII. - Représentants des entreprises de transport à vocation touristique :
" - le président de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) ou son représentant ;
" - le président du Syndicat national des entreprises de tourisme (SNET) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) ou son représentant ;
" - le président du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA), branche Loueurs, ou son représentant ;
" - le président de l'Association des représentants des compagnies aériennes (ARC) ou son représentant ;
" - douze représentants des activités de transports ou d'infrastructures de transports liées au tourisme.
" VIII. - Représentants des organismes bancaires et financiers :
" - le président de l'Association française des banques (AFB) ou son représentant ;
" - le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations ou son représentant ;
" - le président de Natexis - Banque populaire ou son représentant ;
" - le gouverneur du Crédit foncier de France ou son représentant ;
" - le président de la Banque de développement des PME (BDPME) ou son représentant ;
" - huit représentants d'organismes bancaires et financiers.
" IX. - Représentants d'organismes de valorisation du patrimoine culturel et naturel français :
" - le président de la Caisse nationale des monuments historiques et des sites (CNMHS) ou son représentant ;
" - le président de la Réunion des musées nationaux ou son représentant ;
" - le président de la Fédération des écomusées et des musées de société ou son représentant ;
" - le président du Comité national pour le fleurissement de la France ou son représentant ;
" - le président de l'Association des plus beaux villages de France ou son représentant ;
" - le président de la Fédération française des fêtes et spectacles historiques ou son représentant ;
" - le président de France-Nature-Environnement ou son représentant ;
" - le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) ou son représentant ;
" - le président-directeur général de l'Office national des forêts (ONF) ou son représentant ;
" - le directeur de l'Office national de la chasse ou son représentant ;
" - le directeur général du Conseil supérieur de la pêche ou son représentant ;
" - le président de la Fédération française de la montagne et de l'escalade ou son représentant ;
" - le président de la Fédération des parcs naturels régionaux ou son représentant ;
" - le président de l'Office français de la fondation pour l'éducation à l'environnement en Europe ou son représentant ;
" - le président du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des associations de sauvegarde des sites et ensembles monumentaux (FNASSEM) ou son représentant ;
" - le président du Conseil national des arts culinaires (CNAC) ou son représentant.
" X. - Représentants des entreprises et organismes d'animation touristique :
" - le président de Casinos de France ou son représentant ;
" - le président de l'Association nationale des professionnels de centres de congrès (ANPCC) ou son représentant ;
" - le président de France Congrès ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des comités officiels de fêtes (FNCOF) ou son représentant ;
" - le président du Syndicat national des espaces de loisirs et d'attractions (SNELAC) ou son représentant ;
" - six représentants d'entreprises d'animation touristique.
" XI. - Représentants d'organismes qualifiés intervenant dans le tourisme :
" - le directeur du tourisme ou son représentant ;
" - le chef de l'inspection générale du tourisme ou son représentant ;
" - le président de Maison de la France ou son représentant ;
" - le président de l'Agence française de l'ingénierie touristique (AFIT) ou son représentant ;
" - le président de l'Observatoire national du tourisme (ONT) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération française des techniciens et scientifiques du tourisme (FFTST) ou son représentant ;
" - le président de l'Association française des experts scientifiques du tourisme (AFEST) ou son représentant ;
" - le président du Syndicat national de l'ingénierie loisirs-culture-tourisme (GEFIL) ou son représentant ;
" - le président de la Fédération nationale des sociétés d'économie mixte (FNSEM) ou son représentant ;
" - le président du Centre français du commerce extérieur (CFCE) ou son représentant ;
" - le président de l'Agence pour la promotion internationale des technologies et des entreprises françaises (CFME ACTIM) ou son représentant ;
" - le président de l'Association française de normalisation (AFNOR) ou son représentant ;
" - le président de Qualité France ou son représentant ;
" - le directeur général de l'Association française d'assurance qualité (AFAQ) ou son représentant.
" XII. - Représentants d'entreprises ou d'organismes éditeurs de cartes et guides touristiques :
" - le président de l'Institut géographique national (IGN) ou son représentant ;
" - le directeur des éditions Hachette-Tourisme ou son représentant ;
" - le directeur de la collection du guide Le Petit Futé ou son représentant ;
" - le directeur du guide du Routard ou son représentant ;
" - le directeur des guides Gallimard ou son représentant ;
" - le directeur des services de tourisme, guides et cartes Michelin ou son représentant.
" XIII. - Représentants d'organismes d'assurance-assistance et garantie financière :
" - le président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) ou son représentant ;
" - le président du Groupement des entreprises mutuelles d'assurances (GEMA) ou son représentant ;
" - le président du Syndicat national des sociétés d'assistance (SNSA) ou son représentant ;
" - le président de l'Association professionnelle de solidarité du tourisme (APS) ou son représentant.
" XIV. - Représentants des universités et instituts de recherche :
" - le directeur de l'Institut de recherche et d'études supérieures du tourisme (IREST) ou son représentant ;
" - le directeur de l'unité de formation et de recherche en tourisme, hôtellerie et transport - université de Savoie ou son représentant ;
" - le directeur du Centre d'études du tourisme et des industries de l'accueil (CETIA) - université de Toulouse-Le Mirail ou son représentant ;
" - le directeur du Centre de recherche sur les dynamiques et politiques économiques et l'économie des ressources (CEDERS) - université Aix-Marseille-II ou son représentant ;
" - le directeur du Centre de recherche "tourisme et développement" - université Paris-I ou son représentant ;
" - le président de l'Institut national de recherche sur le transport et la sécurité (INRETS) ou son représentant.
" XV. - Représentants des associations de personnes handicapées :
" - le président de l'Association des paralysés de France (APF) ou son représentant ;
" - le président de l'Association Valentin-Haüy (AVH) ou son représentant ;
" - le président de l'Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales (UNAPEI) ou son représentant ;
" - le président de l'Union nationale pour l'insertion sociale du déficient auditif (UNISDA) ou son représentant ;
" - le président du Comité national français de liaison pour la réadaptation des handicapés (CNRH) ou son représentant.
" XVI. - Représentants d'organisations de consommateurs et usagers :
" - trois représentants désignés par le collège "Consommateurs" du Conseil national de la consommation.
" XVII. - Vingt et une personnalités qualifiées choisies en fonction de leur compétence en matière de tourisme et nommées par arrêté du ministre chargé du tourisme. "

Art. 2. - L'article 4 du même décret est remplacé par les dispositions suivantes :
" Art. 4. - Les organismes mentionnés à l'article 3 désignent leurs représentants ainsi que leurs suppléants au Conseil national du tourisme et en informent ce dernier par lettre recommandée.
" La durée de leur fonction est fixée à cinq ans, renouvelable. Tout membre perdant la qualité en raison de laquelle il a été nommé cesse d'appartenir au Conseil national du tourisme. "

Art. 3. - L'article 7 du même décret est remplacé par les dispositions suivantes :
" Art. 7. - Le Conseil national du tourisme est présidé par le ministre chargé du tourisme ou son représentant. Six vice-présidents et six présidents délégués de section sont nommés par arrêté du ministre. "

Art. 4. - A l'article 8 du même décret, les deux premiers paragraphes sont modifiés comme suit :
" Le Conseil national du tourisme comprend six sections : la section des questions économiques, la section des questions européennes et internationales, la section des politiques territoriales touristiques, la section Emploi - formation - recherche, la section Droit aux vacances et la section Qualité, accueil et nouvelles technologies de l'information.
" Chaque section est présidée par un vice-président assisté d'un président délégué. "

Art. 5. - L'article 9 du même décret est remplacé par les dispositions suivantes :
" Art. 9. - Le Conseil national du tourisme se réunit, sur convocation de son président, une fois par an en session plénière et en session extraordinaire si nécessaire. "

Art. 6. - L'article 11 du même décret est remplacé par les dispositions suivantes :
" Art. 11. - Un bureau veille à l'organisation générale des travaux du conseil et au bon déroulement des sessions. Il est réuni en tant que de besoin et présidé par le ministre chargé du tourisme ou son représentant. Il comprend les six vice-présidents du conseil, les six présidents délégués de section, les présidents de commission en exercice ainsi que le secrétaire général et le secrétaire général adjoint. "

Art. 7. - A l'article 12 du même décret, les mots : " un conseil d'orientation comprenant les membres du bureau et vingt membres désignés pour une durée de trois ans par les cinq sections " sont remplacés par : " un conseil d'orientation comprenant les membres du bureau et vingt-quatre membres désignés pour une durée de cinq ans par les six sections ".
La dernière phrase du deuxième paragraphe est remplacée par : " il est présidé par le ministre chargé du tourisme ou son représentant ".

Art. 8. - Le ministre de l'équipement, des transports et du logement et la secrétaire d'Etat au tourisme sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 2 février 2000.

Lionel Jospin
Par le Premier ministre :
Le ministre de l'équipement, des transports et du logement, Jean-Claude Gayssot La secrétaire d'Etat au tourisme,Michelle Demessine

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