L'emploi des travailleurs handicapés 
dans la fonction publique
  1. Pour une v�ritable politique d�int�gration des travailleurs handicap�s dans la F.P. de l'�tat

  2. Dossier : Les propositions de l'UGFF-CGT

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  • UGFF - CGT Fonction publique N�93  Dossier (juillet 2001)

1 Pour une v�ritable politique d�int�gration des travailleurs handicap�s dans la fonction publique de l'�tat

  •  La Fonction Publique dans l'ill�galit�

 La loi du 10 juillet 1987 impose � tous les employeurs quels qu�ils soient donc y compris les administrations et �tablissements publics de l'�tat~ une obligation d'emploi des travailleurs handicap�s � hauteur de 6 % de l'effectif salari�. 

Comme le montre le tableau ci-dessous, la Fonction Publique de l'�tat, non seulement, est loin de r�pondre � cette obligation en ne remplissant que la moiti� de celle-ci, mais de plus, la tendance au cours des derni�res ann�es a �t� � la baisse ! 

Ainsi les minist�res, les �tablissements de la Fonction Publique de l'�tat ne r�pondent pas � une obligation, qui date maintenant de plus de 15 ans, et se trouvent donc en pleine ill�galit�. 

Une situation intol�rable que la CGT d�nonce r�guli�rement, condamnant la passivit� de l'administration et des autorit�s gouvernementales. 

Le Ministre de la Fonction Publique vient de proposer un �ni�me plan sur la question qui, pas plus que les autres, ne nous semble s'inscrire dans une politique coh�rente, ambitieuse, et disposer des moyens d'avancer vraiment. 

Les b�n�ficiaires de la loi "handicap�s" dans
 la Fonction Publique de l'�tat
 

ANN�E   1994 1995   1996 1997
B�n�ficiaires directs (2)   70 464  68 215   68 764  65 809
Effectifs civils pris en compte (3)  2 296 470  2 184 082  2 241 767  2 213 351
% au regard des effectifs civils concern�s(4) 3,07 %   3,12 %  3,07 %   2,97 %
Equivalant en effectifs de march�s (5) 1 904 1 719 1 609  1 832
% total (6) 3,15 % 3,2 % 3,1 %  3,06

D.G.A.F.P. (bureau des statistiques)
(1)     Derni�re ann�e connue (Les derni�res statistiques omettent la moiti� des effectifs)
(2)     Il s'agit des agents handicap�s quelle que soit leur modalit� de recrutement.
(3)     Chiffres figurant sur les statistiques fournies par la Fonction Publique dans le rapport annuel.
(4)     Pourcentage calcul� sur la totalit� des effectifs civils budg�t�s au titre de l'ann�e.
(5)     ï¿½quivalant en effectifs de march�s conclu avec des ateliers prot�g�s.
(6)     Pourcentage du total handicap�s + �quivalents march�s en effectifs par rapport au total des effectifs civils.

 On notera que les derni�res statistiques disponibles s'arr�tent au 3 1 d�cembre 1997, ce qui ne traduit pas une volont� particuli�rement affirm�e d'avoir un suivi attentif du dossier !

Par ailleurs, ces chiffres int�grent par exemple les anciens militaires recrut�s par la voie des emplois r�serv�s " hors COTOREP ", qui ne devraient pas �tre comptabilis�s (leur total s'�levait � pr�s de 6 000 agents en 1997).

 Tactique ou volont� r�elle ?

 La d�cision du Ministre d'ouvrir des discussions, sur la base d'un projet, pour �ventuellement d�boucher sur un accord. au sujet du recrutement des travailleurs handicap�s, n'est certes pas sans arri�res pens�es.

Apr�s les �checs d� deux n�gociations successives'(salaires et RTT) dus � l'intransigeance gouvernementale, un des objectifs que se fixait le ministre �tait bien entendu, de trouver un terrain de n�gociation, si possible � priori plus consensuel, pour tenter le redonner, un peu de couleurs � une image de gouvernement de dialogue quelque peu ternie. 

Personne n'est dupe de la man�uvre. Pour autant, nous ne partageons pas la d�marche des organisations qui -ne voulant pas faire " le cadeau " d'un tel accord, apr�s les �checs pr�c�dents- conduit � marginaliser quelque peu le dossier. 

Pour l�UGFF-CGT, ce n'est pas " accord ou pas accord " qui importe, mais bien la nature, le niveau des mesures permettant de sortir de la situation actuelle et d'apporter des r�ponses positives pour les travailleurs handicap�s. C'est bien pour cette raison qu'au-del� de la critique sur le fond du projet gouvernementale l'UGFF-C GT fait des propositions concr�tes.

 Celles-ci -dont nous reproduisons dans ce dossier les grandes ligne ont �t� transmises au Ministre.

 Et si, au-del� de simples aspects tactiques, il y a une r�elle volont� de n�gocier, alors il appartient au Ministre de le prouver.

2) Dossier : Les propositions de l'UGFF-CGT

  • Recrutement

La voie contractuelle : une fausse solution

 Le gouvernement a, depuis des ann�es, privil�gi� la voie contractuelle pour le recrutement des travailleurs handicap�s. Ouverte d'abord aux C et D, elle a �t� �largie aux cat�gories A et B et depuis, les gestionnaires sont vivement incit�s � utiliser ce mode de recrutement �caract�ris� par sa souplesse� (sic).

La CGT a exprim� son d�saccord fondamental avec ce mode de recrutement.

Le recrutement par la voie contractuelle est � la fois une remise en cause de ce qui fonde et structure la Fonction Publique de carri�re, ainsi qu'une proc�dure qui porte atteinte � l'�galit� d'acc�s des handicap�s � la Fonction Publique.

Cette voie ne peut que d�boucher sur des formes de client�lisme, d'intervention de groupes de pression, ainsi qu'� des options de recrutement qui conduisent � choisir la personne recrut�e en fonction du poste de travail plut�t que d'adapter le poste de travail au handicap�. 

Que le gouvernement privil�gie cette voie pour des raisons, d'affichage est peu surprenant; mais de telles dispositions sont n�gatives y compris pour les handicap�s eux-m�mes. La CGT a demand� que soient fournies, par classement de handicaps (l�ger, mod�r�, lourd), les demandes d'emploi des handicap�s d�pos�es et, en comparaison, celles qui ont �t� retenues. Des statistiques -non fournies- qui d�montreront, comme cela a d�j� �t� fait dans certains secteurs, que la voie contractuelle est avant tout une voie qui privil�gie des tris discriminatoires en fonction de la nature du handicap. 

De la m�me fa�on, les �quivalences r�sultant de la passation de march� doivent �tre utilis�es avec discernement. Le travail prot�g� peut et doit jouer un r�le, mais il ne peut servir � contrebalancer les insuffisances en mati�re de recrutement : tous les efforts doivent converger pour favoriser l'emploi des handicap�s en milieu ordinaire 

Valoriser des modalit�s pr�servant l'�galit� d'acc�s aux emplois publics 

Au-del� des concours de droit commun am�nag�s, la CGT se prononce pour le maintien et l'am�lioration des recrutements par l'a voie des emplois r�serv�s dont elle revendique l'�largissement � la cat�gorie A. 

Il s'agit-l� d'un mode de recrutement qui assure l'�galit� d'acc�s. Mais cela ne suffit pas ; la preuve est d'ailleurs apport�e par la situation actuelle. 

Il faut donc, � partir des causes de dysfonctionnement, d�gager des orientations permettant de d�passer les difficult�s actuelles : Tout d'abord, la CGT se prononce pour que soit mis � l'�tude un syst�me d'affectation sur tout le territoire, l'affectation au niveau " du d�partement de d�part demeurant -y compris en surnombre "- pour les handicap�s dont la nature du handicap, des raisons de suivi m�dical ou d'autres cas de force majeure attest�s par la COTOREP, le justifient. 

Mais, bien �videmment, les questions de gestion ne permettent pas de r�pondre � toutes les difficult�s. Elles peuvent permettre une am�lioration de l'utilisation des possibilit�s d'emploi offertes, mais la question centrale est bien d'augmenter le volume des possibilit�s et faire en sorte que celles-ci soient utilis�es pour l'objectif qui est le leur. 

Le volume d'emplois est d�terminant 

S'attaquer au volume des emplois affect�s au recrutement des handicap�s est incontournable : La politique g�n�rale de l'emploi dans la Fonction Publique de l'Etat p�se n�gativement, Des effectifs insuffisants, des gestions de plus en plus serr�es, conduisent � freiner d�lib�r�ment le recrutement des handicap�s pour des raisons -avou�es ou non- qui tournent autour de la productivit� maximale. De la m�me fa�on, la gestion des personnels, leur mobilit�, plac�es sur des contraintes de plus en plus fortes, am�nent les gestionnaires � ne pas ouvrir certains postes au recrutement des handicap�s afin de se garder des " souplesses pour les personnels en place. 

Enfin, l'abandon d'une s�rie de missions fournissant habituellement un certain nombre de d�bouch�s vient encore r�duire des possibilit�s offertes. 

Fixer un volume de recrutements � partir et en proportion des postes offerts au concours, qui plus est dans un cadre de stagnation, voire de recul, de l'emploi selon les secteurs, devient un syst�me � minima qui ne r�pond pas aux exigences. 

L'UGFF-CGT revendique, pour �largir les possibilit�s ouvertes en proportion des concours, des cr�ations d'emplois pyramid�s sur la totalit� des cat�gories, sur un plan de 3 ans dans une programmation permettant d'atteindre � cette �ch�ance les 6 % exig�s par la loi. Ces emplois n'ont pas � �tre identifi�s en tant que tels mais �tre pris en compte pour d�terminer un volume �largi pour l'acc�s des handicap�s � la Fonction Publique. 

Que les emplois destin�s au recrutement des handicap�s soient effectivement utilis�s dans ce but.

Au-del� de l'�largissement des possibilit�s offertes, il faut que le volume d'emplois correspondant soit effectivement utilis� � cette fin, et non, comme aujourd'hui, d�tourn� de son objectif. Se pose donc la question des contraintes � imposer aux services pour y parvenir. 

Il est clair qu'une contribution financi�re, telle qu'elle existe  dans le secteur priv�, n'a gu�re de sens ; Ce sont des cr�dits affect�s aux personnels, au fonctionnement des services, qui seraient amput�s. Une telle mesure pourrait m�me �tre contre-productive, pouvant conduire � prendre l'option de l'absence de recrutement de handicap�s contre reversement de cr�dits.

 Il faut rechercher une autre voie. 

L'UGFF-CGT propose que le volume d'emplois qui doit �tre consacr� au recrutement de travailleurs handicap�s ne puisse �tre utilis� � aucune autre modalit� de gestion quelle qu'elle soit (gages, gels, mobilit�, etc.) 

Par ailleurs, le suivi de l'utilisation de ce volume d'emplois devrait pouvoir faire l'objet d'un examen particulier au sein des C.T.P. nationaux et locaux. 

Impulser une vraie politique de formation

 Dans ses propositions, le Ministre trace quelques pistes qui ne sont pas sans int�r�t, mais, parall�lement, il ne se donne pas les moyens de d�velopper un dispositif vraiment op�rationnel. On ne peut en rester � de bonnes intentions. Par ailleurs, parmi ces propositions, certaines sont soit inadapt�es, soit dangereuses. Ainsi, le projet de mettre en place des " p�les r�gionaux " pour ce qui est de la pr�paration aux concours, ne nous para�t pas adapt�e, ne serait-ce qu'en raison du besoin de proximit�. 

Mais, au-del�, nous r�cusons fermement la proposition faite de donner � une association, l'AGEFIPH, un r�le (et un r�le  important) dans ces p�les de pr�paration aux concours ainsi que  dans la " formation aux m�tiers  de la Fonction Publique 

 Nous r�affirmons que la Fonction Publique doit, tant pour  dispenser la formation que pour  la financer, d�gager en son sein  les moyens de sa politique. 

La d�concentration en la mati�re doit �tre mise en oeuvre et les services de la COTOREP organis�s pour permettre l'orientation des demandeurs vers les possibilit�s ouvertes et les concours existants. 

Pr�paration aux concours internes, formation initiale et formation continue, ont r�ellement besoin d'�tre adapt�es pour permettre l'acc�s des handicap�s. 

Le suivi pendant la p�riode de stage (il en est de m�me d'ailleurs pour la dur�e du i~ contrat ") doit �tre am�lior�. 

On constate encore trop souvent qu'au terme de cette p�riode, il est d�clar� une inaptitude de l'agent, sans que celui-ci n'ait fait l'objet de quelque observation que ce soit. 

Nous demandons un dispositif de suivi avec des bilans rapproch�s, contradictoires, permettant si n�cessaire une am�lioration de l'accompagnement de l'agent, un am�nagement du poste de travail, des mesures appropri�es pour faciliter l'int�gration dans l'�quipe de travail, le cas �ch�ant une nouvelle affectation...

 L'objectif doit �tre d'aider � l'int�gration et non de se limiter � constater � l'�ch�ance une inaptitude.

 Garantir la promotion interne

 La voie des emplois r�serv�s permet l'entr�e dans la Fonction N Publique des travailleurs handicap�s par un dispositif sp�cifique qui permet la prise en compte des cons�quences du handicap. 

Or, celle-ci dispara�t lorsqu'il s'agit de la promotion interne. Il y a l� une incoh�rence et la CGT a demand� au Ministre l'ouverture d'un d�bat afin de d�gager une r�ponse s'inscrivant dans une coh�rence globale de prise en compte du handicap. 

Dans ce cadre il doit, par exemple, �tre rappel� que " l'appr�ciation de la mani�re de servir ", qui influe sur le d�roulement des carri�res, les promotions, doit �galement prendre en compte le handicap et ses cons�quences.

Certes, cela n'est pas chose simple, le secret m�dical devant absolument �tre pr�serv�, mais on ne peut rester dans une situation qui p�nalise des agents handicap�s dans leur d�roulement de carri�re. 

L'UGFF-CGT a pr�conis� des modalit�s permettant de r�pondre � cette question tout en respectant le secret m�dical. 

De plus, bien entendu, nous r�affirmons la n�cessit� de pr�voir partout l'adaptation des �preuves qui sont, le cas �ch�ant, organis�es pour la promotion interne (examens professionnels, concours) de la m�me mani�re, et dans les m�mes cas, que pour-le recrutement par la voie des concours ordinaires.

 Assurer les reclassements qui s'av�rent n�cessaires 

Nous jugeons positivement qu'il soit aujourd'hui propos� que l'on recherche une adaptation 1 du poste de travail avant toute ~,proposition de reclassement, 1 comme nous avions approuv� l'obligation faite de faire une proposition de reclassement � tout agent devenu handicap� alors qu'il �tait employ� dans la Fonction Publique. Cela ne peut que participer � ce qu'il soit mis un terme � des pratiques de mise en retraite pour invalidit� trop souvent utilis�es. 

Pour autant il convient que les mesures de reclassement ne soient pas p�nalisantes pour l'agent. Ainsi des dispositions doivent �tre prises pour que l'agent maintienne ses droits � carri�re ainsi qu'� sa r�mun�ration globale. 

Nous revendiquons �galement que soit propos� � tout agent concern� d'avoir acc�s, en position d'activit�, � un centre de r��ducation professionnelle, ce qui ne pourrait qu'aider � l'insertion du handicap� dans sa nouvelle affectation � partir d'une formation favorisant et valorisant celle-ci.

 Confirmer et �largir le r�le des C.O.T.O.R.E.P.

La CGT, � l'inverse de ce qui est aujourd'hui pr�conis�, se prononce pour le maintien des COTOREP-services public. 

Celles-ci, au sein desquelles si�gent des repr�sentants syndicaux, ont toute leur utilit� ne serait-ce que pour combattre les d�rives tendant � ce que l'administration impose des crit�res � partir de telle ou telle fonction, et non pas � partir de l'aptitude � l'acc�s � la Fonction Publique. 

Au-del�, la CGT propose l'�largissement des attributions des COTOREP, notamment en mati�re d'information des handicap�s, d'orientation de ceux-ci sur les voies d'acc�s et possibilit�s existantes, ainsi que de la collecte et du suivi des r�sultats, �volutions, difficult�s, des politiques mises en oeuvre au niveau interminist�riel. Elles devraient ainsi travailler �troitement avec les correspondants handicap qui doivent �tre d�velopp�s au niveau d�concentr�. 

Il faut des mesures concr�tes, efficaces, qui permettent de mettre un terme � une situation o� les administrations de l'�tat n'appliquent pas la loi. 

C'est le sens des propositions formul�es par l'UGFF-CGT. 

Si le ministre veut n�gocier vraiment, nous sommes pr�ts. 

Mais pas de faux-semblant 

La CGT refuse que l'on s'en tienne � des dispositions permettant simplement de se donner bonne conscience. 

Le dossier m�rite autre chose.

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