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La classification Internationale des Handicaps
Publié le mercredi 12 juillet 2006, par Aurélien

En 1980, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié la Classification Internationale des Handicaps : déficiences, incapacités et désavantages (CIH) pour contribuer à l’étude des conséquences de la maladie et de leurs implications dans la vie des individus. La CIH dépasse le modèle médical conventionnel et est, par conséquent, un complément à la Classification Internationale des Maladies (CIM), soulignant comment les normes environnementales et sociétales sont liées au processus d’invalidité.

La recommandation N°R(92)6 du Conseil de l’Europe relative à "Une politique cohérente en matière de réadaptation des personnes handicapées" présente les définitions des déficiences, incapacités et désavantages de la CIH comme l’une de ses bases conceptuelles.

Compte tenu de l’intérêt présenté par la CIH pour les travaux du Conseil de l’Europe en matière de réadaptation et d’intégration des personnes handicapées, le Comité d’experts pour l’application de la CIH a été créé en 1987 pour étudier son emploi et son utilité.

Entre 1987 et 1996, le Comité d’experts a édité des publications dans les domaines d’application suivants de la CIH (année de publication entre parenthèses) :

  • Rééducation et réadaptation (1989)
  • Enquêtes et statistiques de santé (1990)
  • Santé mentale (1991)
  • Aides techniques (1992)
  • Cadre conceptuel (1992)
  • Retard mental (1993)
  • Évaluation des aptitudes professionnelles (1993)
  • Concept de handicap (désavantage) (1993)
  • Politique et planification des pouvoirs publics (1995)
  • Professions paramédicales (1996)
  • Personnes âgées (1997)
  • Éducation des enfants handicapés (1997)
  • Intégration sociale et environnement (1997)
  • Analyse de textes sur la réadaptation (1998)

Le rapport Bilan des évaluations de l’application de la CIH aux différents domaines de la réadaptation et de l’intégration des personnes handicapées (1996) offre une analyse synoptique de 10 rapports publiés entre 1989 et 1996.

La Charte de référence sur l’évaluation professionnelle des personnes handicapées (1995) développe une approche positive et appelle une réorientation et une focalisation sur les capacités plutôt que les incapacités. Les compétences professionnelles de la personne devraient être évaluées et mises en corrélation avec les exigences spécifiques du poste. La comparaison et le rapprochement des aptitudes professionnelles et des exigences spécifiques du poste devraient faciliter l’emploi. La Charte préconise également le droit de chaque personne handicapée à participer activement au processus d’évaluation. L’évaluation médicale est fondée sur la CIH.

Les activités ont culminé en 1996, lors de l’Atelier international sur l’emploi et l’utilité de la Classification Internationale des Handicaps : déficiences, incapacités et désavantages (CIH), organisé par le Conseil de l’Europe en coopération avec la Commission des Communautés Européennes et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et avec la participation du Forum Européen des Personnes Handicapées (EDF). Les Actes de l’Atelier contiennent les présentations des intervenants et les résumés des discussions concernant les concepts, applications, emploi et utilité de la CIH dans les différents domaines de la réadaptation et de l’intégration des personnes handicapées, de la CIH et des statistiques, de la Charte du Conseil de l’Europe sur l’évaluation professionnelle des personnes handicapées ainsi que de la future révision de la CIH et de son utilisation.

L’examen approfondi de la CIH, effectué par le Comité d’experts du Conseil de l’Europe et son Groupe de travail sur l’évaluation professionnelle des personnes handicapées ainsi que les délibérations de l’Atelier international, ont mis en lumière ses forces et ses faiblesses et ont ainsi contribué à la révision de la classification qui est à présent menée par l’OMS.

Les définitions et les classifications ne doivent pas avoir pour effet de séparer les personnes handicapées de la société ou de les exclure des mesures possibles de réadaptation et d’intégration, mais de mettre en évidence leurs problèmes et perspectives individuels et les moyens leur permettant de bénéficier de l’assistance nécessaire à une pleine participation à la vie sociale.